The Mandalorian and Grogu
En bon chasseur de primes, le Mandalorien, accompagné de son petit protégé Grogu, traque tous ceux qui ont des velléités de reconstruction de l’Empire. Cette fois, le colonel Ward l’envoie délivrer Rotta le Hutt, fils de feu Jabba, aux confins de la galaxie. Ce dernier a en effet été kidnappé. Or, il est le seul à pouvoir détenir des informations sur un seigneur de guerre impérial, chef d’une faction des vestiges de l’Empire, véritable cible du colonel Ward.
Pas sage en force
À l’annonce d’un nouveau film Star Wars, après sept ans de disette cinématographique, Solo datant de 2018, l’excitation était à son comble. Mais force est de constater qu’elle retombe vite à la sortie de la projection de The Mandalorian and Grogu. Non pas que ce soit un mauvais film d’aventures, mais il n’est pas vraiment à la hauteur de la saga imaginée par George Lucas il y a bien longtemps, dans une galaxie pas vraiment lointaine.
Certes, Jon Favreau nous avait embarqués avec la première saison de The Mandalorian et son côté western spaghetti galactique assumé. Mais très vite, la série a tourné à vide, les saisons 2 et 3 ont laissé un goût de déception malgré leur capital sympathie.
C’est exactement ce qui se passe ici. Le film n’est pas désagréable, mais il ressemble à une saison entière remontée en 2h15. Ni plus ni moins. Avec, forcément, un peu plus de moyens que la série Disney+, donc plus de figurants, plus d’action et plus d’effets spéciaux. Et bien sûr un format Imax pour inciter à le voir en salle plutôt que d’attendre sa sortie sur la plateforme de Mickey. Un format d’ailleurs bien exploité. L’image est belle, sans être mémorable pour autant.

SP © Disney
My Way
Il manque du souffle. Ou simplement ce petit quelque chose qui ferait basculer l’ensemble du côté du cinéma plutôt que de l’épisode prolongé. D’ailleurs, si vous n’êtes pas familier de la série, vous risquez de rester à distance. Le film n’a plus grand‑chose à voir avec Star Wars, en dehors d’un passage éclair de X‑Wing, de quelques tenues iconiques et de la famille de Jabba le Hutt en images de synthèse, qui semble tout droit sortie de l’édition spéciale de 1997.
Le film s’adresse clairement à une génération habituée aux plateformes. Pourquoi pas. Mais il peine à enrichir la mythologie de la série. Nos deux héros n’évoluent quasiment pas entre le début et la fin. Certes, Grogu devient plus actif, il appuie même sur des boutons, mais il en perd un peu de son charme. Surtout, le scénario multiplie les facilités pour se sortir d’impasses parfois flagrantes en le surexploitant artificiellement.
À l’ouest de la galaxie, rien de nouveau
On passera rapidement sur la scène où Rotta le Hutt, incarné par Jeremy Allen White, se confie au Mandalorien, joué par Pedro Pascal, sur le poids d’avoir eu un père comme Jabba. On évitera aussi de compter les « This is the way » et on oubliera ce moment un peu gênant où Pedro Pascal enlève son casque, visiblement pour montrer son visage au spectateur (pour les rassurer sûrement sur sa présence dans le film), assez artificiel et pas vraiment dans la mythologie du personnage.

SP © Disney
Reste l’action, véritable point fort du film. Aucune scène ne deviendra iconique, mais l’ensemble est généreux. Tirs de blaster, créatures monstrueuses, vaisseaux spatiaux, tout y passe. Le film remplit son contrat de divertissement. Jon Favreau sait y faire et évite, pour une fois, de surcharger le tout d’humour forcé.
On retiendra notamment un impressionnant monstre aquatique blanc, à la fois sublime et inquiétant. Mais pas grand‑chose de plus. The Mandalorian and Grogu est un film pop‑corn efficace, aussitôt vu, aussitôt oublié. Comme un bon vieux western, finalement.