14 novembre 2025 - 13h14

The Running Man

année
2025
Réalisateur
InterprètesGlen Powell, Josh Brolin, Michael Cera, Lee Pace
éditeur
genre
sortie salle
19/11/2025
notes
critique
4
10
A
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Ce n’est pas la première fois qu’Hollywood adapte le roman éponyme de Stephen King. En son temps, Paul Michael Glaser, avec Arnold Schwarzenegger en vedette, avait tenté l’aventure en livrant un film pop‑corn coloré où le personnage de Ben Richards tenait lieu de monolithe impavide. Une référence mineure dans la filmographie de Schwarzy, qui a d'ailleurs particulièrement mal vieilli.

 

Pour cette nouvelle version, c’est le réalisateur de Baby Driver, Edgar Wright (Hot Fuzz, Shaun of the Dead) qui s’y colle avec, dans la peau de Ben Richards, l’inévitable Glen Powell. Sous la plume et la caméra d’Edgar Wright, le récit s’inscrit davantage dans le sillage du roman : dans un futur proche, The Running Man est l’émission N°1 à la télévision, un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant trente jours à des tueurs professionnels sous l’œil avide d’un public captivé. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel.

 

 

Un film plus sombre et plus brutal que l'original

Dès le départ, le ton est plus sombre et le personnage de Ben Richards, constamment en colère, apparaît plus humain et plus vulnérable que ne l’était la version campée par Schwarzy en 1987. Pour le reste, le film se divise en deux catégories : les scènes cul‑cul larmoyantes (le héros pense à sa fille et à sa famille) et les scènes d’action à la tonalité plus brutale que la version de 1987. Comme si l’on sentait à la fois les tractations de Wright pour aller un peu plus loin qu’un blockbuster lambda en essayant de rester proche du roman, et celles du studio qui retient les rênes.

 

Le meilleur rôle de Glen Powell

Le résultat est hybride, pas vraiment aidé par sa musique grandiloquente et fatigante. En dépit des efforts de Wright et de quelques moments de bravoure, le film manque d’audace et de véritables enjeux politiques pleinement assumés pour convaincre. À l’inverse, Glen Powell réussit à donner de l’humanité, de la force et de la densité à son personnage et s’offre, au passage, son meilleur rôle. C’est d’ailleurs la seule performance vraiment marquante du film. Les effets spéciaux sont corrects mais la sensation qu’aucun décor n’est réel et que tout a été tourné sur fond vert est permanente, et ça aussi, ça épuise.

 

Sans compter que Wright a bien du mal à conclure son film, avec quatre fins successives, tant et si bien qu’on se demande finalement s’il ne vaudrait pas mieux relire le roman ou revoir, avec délice, cet ovni cinématographique français : Le prix du danger, qui reste au fond la meilleure adaptation du roman de King, ou l’inverse.

 

Dans Le prix du danger (1983), adapté d’une nouvelle de Robert Sheckley publiée en 1958, un candidat d'un jeu télévisé traqué doit survivre pour gagner une grosse somme d’argent. Une histoire très proche du film original The Running Man, trop proche pour le réalisateur Yves Boisset et les ayants droit qui engagèrent à la fin des années 1980 une action en justice pour plagiat/contrefaçon contre la Fox et la production du film. La justice française reconnaîtra en cassation le plagiat/la contrefaçon au regard des ressemblances avec le film de Boisset.

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test
4k
cover
Prix : 34,99 €
disponibilité
25/03/2026
image
1 UHD-99 + 1 BD-50, 133', couleurs
2.35
HD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
bande-son
Français Dolby Atmos
Français DTS-HD Master Audio 7.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais DTS-HD Master Audio 7.1
Anglais Audiodescription
Espagnol Dolby Digital 5.1
Québécois Dolby Digital 5.1
Japonais Dolby Digital 5.1
sous-titres
Français, anglais, anglais pour sourds et malentendants, cantonais, danois, québécois, coréen, norvégien, finnois, suédois, thaï, japonais, chinois
7.5
10
image

On oublie la noirceur et la brillance d'un Blade Runner sur un même thème, pour entrer de plein fouet dans une ambiance de fin du monde terreuse et tristoune, voire crasseuse. Si le tournage a été opéré en numérique, la multiplication des points de vue (autorités, spectateurs et joueurs) permet malgré tout des fantaisies dans le traitement de l'image, avec sa patine et son rendu pour chacun d'eux. C'est sans doute la touche du directeur photo Chung‑hoon Chung, un atout indéniable dans l'intérêt du film, qui montre une certaine recherche graphique même si l'ensemble fait réellement encore bien trop propre à notre goût, blockbuster oblige.

Le HDR Dolby Vision permet de son côté de maintenir un très haut niveau de piqué et de définition malgré une image volontairement salie et le grain ajouté en post‑production. Les néons et les écrans ressortent avec force et ajoutent une touche de couleur à un univers encore une fois désenchanté. 

8
10
son

La piste Dolby Atmos actionne une scène sonore ample, mobile et très énergique. Le mixage Dolby Atmos ne se contente pas d’accompagner l’action : il la chorégraphie, alternant entre les ambiances de foule, les annonces télévisées, les impacts, les explosions, les chausse‑trappes, les véhicules, les drones et les mouvements hors champ circulent avec précision sur les canaux frontaux, surround et verticaux. Les effets de hauteur sont régulièrement sollicités et l’espace sonore donne une vraie sensation de course à la vie permanente.

 

Le canal LFE apporte une assise généreuse avec des basses solides sur les déflagrations, les coups, les pièges et les séquences de poursuite. Les dialogues restent clairs, bien centrés, même lorsque le chaos médiatique et l’action envahissent la scène. La VF Dolby Atmos ne démérite pas, le charme des voix originales en moins.

6.5
10
bonus
- Commentaires audio d’Edgar Wright, Glen Powell et Michael Bac
- Le début de la traque (12')
- Les chasseurs et les proies (17')
- Bienvenue dans The Running Man : concevoir l’univers du film (17')
- Survivre au jeu : le tournage de The Running Man (22')
- Les publicités de The Running Man (2')
- L’émission The Running Man (4')
- Les coureurs : essais vidéo / cassettes (15')
- Autres émissions du réseau (10')
- L’apôtre (4')
- Compilation des cascades (2')
- Essais coiffure, maquillage et costumes (26')
- Scènes coupées et scènes rallongées (11')
- Bande-annonce (8')
- Pub

On ne peut pas nier que l'éditeur a mis le paquet sur les bonus avec tout d'abord un impeccable commentaire audio qui raconte bien l'aventure d'un tournage, de tourner avec des enfants ou être malade sur son propre tournage (les deux étant sans doute liés). Des écrits de Stephen King aux similitudes avec notre époque, où de grands networks peuvent potentiellement tout contrôler, on mesure à quel point le récit se veut visionnaire et pas si éloigné d'une certaine idée de notre époque. Le film est d'ailleurs censé se dérouler dans une version alternative de 2025. Bref, de nombreux bonus à picorer et largement de quoi rentrer dans les différentes phases de création du film.


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