07 octobre 2026 - 16h48

The Social Reckoning

année
2026
Réalisateur
InterprètesJeremy Strong, Jeremy Allen White, Mikey Madison
éditeur
genre
sortie salle
07/10/2026
notes
critique
8
10
A
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© Sony Pictures
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Seize ans après The Social Network, le film de David Fincher qui racontait avec brio la naissance de Facebook, Aaron Sorkin, scénariste émérite du long métrage de Fincher, revient avec sa suite, The Social Reckoning. Cette fois, il ne se contente pas d’en écrire le scénario puisqu’il endosse également la casquette de réalisateur.

 

Sans en être une adaptation fidèle, le récit s’inspire de l’histoire vraie de Frances Haugen, ingénieure chez Facebook, qui sollicite l’aide de Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal. Ensemble, ils se lancent dans une enquête qui va les conduire à révéler au grand jour certains des secrets les mieux gardés du puissant réseau social.

 

La face obscure de Facebook

Dès un prologue particulièrement puissant, on est happé par ce récit âpre et sans concession sur la face obscure de Facebook et de son insaisissable créateur, Mark Zuckerberg, campé par un Jeremy Strong qui succède à Jesse Eisenberg dans le rôle. Magistral, l’acteur livre une incarnation troublante, plus vraie que nature. On pénètre littéralement au cœur du réacteur et du cerveau de son fondateur pour tenter d’en comprendre les mécanismes, mais aussi et surtout les profondes carences.

 

Le film repose sur deux temporalités qui finissent par se rejoindre. La première s’étend sur plusieurs années, tandis que la seconde se déroule sur une seule journée. Ces nombreux allers‑retours temporels impriment au long métrage un rythme constamment tendu et permettent à Sorkin de déployer une formidable enquête, aussi dense qu’haletante, portée par un duo de comédiens au diapason : Jeremy Allen White, révélé par The Bear, et l’actrice oscarisée Mikey Madison, vue dans Anora, tous deux flamboyants.

 

Enquête très Seventies sur un Zuckerberg impénétrable

On pense constamment aux Hommes du président, aussi bien dans le rapport aux sources que dans la manière dont Sorkin filme le travail journalistique. Il en profite surtout pour rappeler ce qu’est une enquête bien menée : la nécessité absolue de vérifier, recouper et fact checker tout ce qui est dit ou avancé. Et met ainsi en lumière le fossé abyssal qui n’a cessé de se creuser entre la recherche de la vérité et celle du profit.

 

Le Zuckerberg dépeint par Sorkin pousse cette logique à son paroxysme. Enfermé dans son propre système, presque totalement impénétrable, il devient le symbole glaçant d’une mécanique qui semble avoir échappé à ceux qui l’ont créée.

 

© Sony Pictures

© Sony Pictures

 

La défense du journalisme, le véritable sujet de The Social Reckoning

Pour raconter cette plongée, Sorkin retrouve ce qu’il sait faire de mieux. Ses dialogues percutants font mouche au cœur d’un tourbillon de révélations qui donnent parfois froid dans le dos et continuent de hanter longtemps après le générique.

 

Et encore, The Social Reckoning ne parle finalement que très peu de l’intelligence artificielle. Le constat qu’il dresse sur les réseaux sociaux est déjà suffisamment effrayant pour qu’on ose à peine imaginer ce que révélerait une enquête similaire menée dans les arcanes de l’IA, si un lanceur d’alerte décidait un jour d’en dévoiler les mécanismes de l’intérieur.

 

La défense du journalisme est certainement le véritable sujet du film. Sorkin rappelle sa nécessité, ses exigences et sa fragilité, tout en lui rendant ses lettres de noblesse à une époque où la vérité semble devenue une denrée de plus en plus disputée.

 

Et même si Aaron Sorkin ne possède pas la maestria visuelle de David Fincher, il donne suffisamment de puissance, de rythme et de sens à son film pour que The Social Reckoning s’impose comme le film que toute une génération devrait voir, et revoir, avant de confier sa vie à Facebook, Instagram et consorts.

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