le 03 juillet 2026 - 10h20 (mis à jour le 03 juillet 2026 - 10h25)

F1 et l'IA : Jodie Foster met les pieds dans le plat

Évoquant cette semaine l’évolution de Hollywood, Jodie Foster a estimé que F1, le film, porté par Brad Pitt, donnait l’impression d’avoir pu être fabriqué par une intelligence artificielle.

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F1 et l'IA : Jodie Foster met les pieds dans le plat
Jodie Foster au Festival du film de Tribeca pour le 50e anniversaire de Taxi Driver, le 5 juin 2026, New York City © Steven Bergman/AFF/Alamy Live News
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Présente mardi au Aspen Festival of Ideas pour une conférence intitulée « À qui appartient l’avenir d’Hollywood ? » aux côtés de Michael Lynton, ancien PDG de Sony Pictures, l’actrice et réalisatrice a notamment abordé la question de l’IA. Selon Variety, elle voit dans cette technologie « une nouvelle étape majeure dans la transformation de l’industrie », après les bouleversements déjà provoqués par les effets visuels et le numérique.

 

L'IA au scénario, une formule qui marche ?

Elle a ensuite expliqué que F1 lui avait donné l’impression d’un film conçu par l’IA : « Je ne dis pas cela de manière méprisante. Comment le pourrais‑je ? Ce film a rapporté des millions de dollars. Mais quand je regarde un film comme F1, je me dis, c'est de l’IA, non ? Je veux dire, sa structure correspond exactement à celle qu’on apprendrait à l’école. Les acteurs disent leurs répliques exactement comme elles auraient été écrites si un ordinateur avait cherché à produire la bonne phrase au bon moment. Et ils ont réussi à maîtriser la technologie pour fabriquer quelque chose de grand, de beau, et potentiellement nourri par beaucoup d’informations venues d’ailleurs ».

 

Interrogée par Michael Lynton sur la possibilité de voir l’IA remplacer acteurs et scénaristes, Foster a répondu que l’industrie « remplace déjà des gens », citant notamment la manière dont les studios économisent sur les scènes de foule en répliquant numériquement des figurants. Elle ajoute que le secteur est actuellement en train de supprimer de nombreux emplois et espère que les syndicats pourront encadrer ces usages : « Vous pouvez utiliser mon acteur vingt fois, mais vous devrez le payer vingt fois. Et je pense que c’est juste ».

 

Pour Jodie Foster, l'IA ne doit pas prendre le volant

Plutôt que de rejeter purement et simplement cette technologie, Jodie Foster espère que les cinéastes ne perdront jamais de vue qu’il s’agit d’un outil, utile pour « de petites choses pratiques », sans jamais le laisser prendre le volant : « Ce que nous souhaiterions tous, c’est que les cinéastes soient capables de maîtriser l’IA, et qu’ils ne perdent jamais cela de vue. Si nous parvenons à maîtriser l’IA durablement, nous pourrons créer des œuvres qui nous ressemblent et faire de meilleures choses ».

 

Notre avis

Dire que les studios utilisent déjà l’IA, ou rêvent de l’utiliser davantage pour concevoir leurs films, revient presque à enfoncer une porte ouverte. Mais que Jodie Foster le formule aussi frontalement, à propos de l’un des grands succès récents du cinéma américain, a tout d’un pavé dans la mare. Les studios, eux, s’en accommodent très bien tant que la machine fonctionne.

 

Ce que Foster ne dit pas tout à fait, c’est que l’IA est déjà partout, mais qu’elle n’est pas toujours employée avec le même savoir-faire que sur F1, et que le succès n’est pas toujours au rendez‑vous. Oui, l’IA peut être un outil. Mais mal utilisée, ou trop utilisée, elle pourrait devenir une plaie béante pour l’industrie du cinéma en général, et pour les scénaristes en particulier. Qu’elle permette de faire quelques économies sur des foules numériques passe encore. Qu’elle serve, demain, à se passer de plus en plus d’auteurs, pose un tout autre problème. Et celui‑là reste entier.

SOURCE : VARIETY
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