par Nicolas Bellet
le 20 octobre 2026 - 10h07

Brian Duffield : les dents de l'amer

Brian Duffield adapte le roman de Daniel Kraus (2023), Whalefall, traduit malheureusement par Englouti pour les salles françaises. L’histoire d'un plongeur qui, partant à la recherche de la dépouille de son père, est avalé vivant par une baleine. Bien évidemment, le film est un peu plus complexe que son pitch. Mais de là à dire qu'un grand réalisateur est né…

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Votre film parle de quelqu’un avalé par une baleine, mais aussi d’une relation père‑fils. Quel aspect du roman vous intéressait le plus ?
La relation père‑fils était sans aucun doute ce qui comptait le plus pour moi. À mon sens, sans personnages marquants, l'histoire de la baleine ne serait qu'une simple aventure spectaculaire. C'est la présence de ces personnages et de cette relation qui a rendu le roman si spécial à mes yeux, lorsque je l'ai lu. J'espère que nous avons réussi à transposer cela à l'écran. C'est en tout cas, pour moi, l'aspect le plus important du film.

 

Diriez‑vous que la baleine est une métaphore ?
Oh, absolument. Je pense que la baleine constitue, à bien des égards, l'une des métaphores fondamentales de notre existence : pensez aux histoires de Jonas, de Pinocchio ou de Moby Dick. Il est très facile de projeter notre propre humanité sur ces animaux gigantesques. L'idée qu'a eue Daniel Krauss dans son roman, celle d'établir un parallèle entre la chute d'une carcasse de baleine au fond de l'océan et notre propre condition humaine, était tout simplement magnifique. En somme, je crois que la baleine peut incarner ce que vous voulez, que ce soit en littérature ou au cinéma…

 

Mais votre film relève aussi du genre du survival, un genre bien établi… Il a donc fallu le réinventer. Était‑ce facile ?
C'était un défi immense, mais je pense que tout le monde avait vraiment soif de le relever. Faire quelque chose de trop simple ou de trop facile aurait été une perte de temps. Nous avons donc mis les mains dans le cambouis pour trouver comment créer quelque chose d'inédit. J'ai trouvé l'expérience extrêmement gratifiante : travailler avec une équipe enthousiaste à l'idée d'être poussée dans ses retranchements !

 

Parlons du casting. Pourquoi avoir choisi Josh Brolin pour incarner la figure paternelle ?
Comment ne pas choisir Josh ? La question inverse serait plus simple. Quand on lit le livre, on se dit tout de suite : « C'est Josh ». C'est un acteur incroyable, capable d'être la personne la plus effrayante que vous ayez jamais vue dans un film, puis la plus loufoque dans un autre. Il possède une palette de jeu tellement vaste… Pour un personnage comme Mitt, que certains adorent alors que d'autres craignent, avec cette voix parfois terrifiante, nous n'aurions pas pu rêver mieux que Josh. J'ai beaucoup de chance qu'il ait accepté le rôle.

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