Interview
Michael Caine - Batman Begins
À l'occasion de la sortie française du DVD de Batman Begins, nous avions rencontré Michael Caine. Une star. Une vraie. Aussi discrète que surdouée. Parfois, le boulot de journaliste, c’est vraiment dur.

N'est-il pas frustrant pour un acteur tel que vous de tenir un second rôle, aussi bon soit le film ?
MC : vous êtes gentil. Je fais exactement ce qui m'amuse, un point c'est tout. Si je veux tenir un rôle-titre, je choisis un premier rôle. Si je veux un rôle moins important, alors je l'obtiens. C'est aussi simple que cela. C'est ce que mon statut « d'énorme star » (rires) me permet de faire. Je trouve ça bien d'être le valet de Batman. Vous savez, j'ai été plus ou moins Graham Green dans The Quiet American, quelqu'un de très sérieux dans House Cider Rules et aussi le père d'Austin Powers ! À mon âge et dans ma position, vous faites strictement et invariablement ce qui vous intéresse et ce que vous avez envie de faire. Vous ne le faites ni pour la facture de téléphone ni pour les impôts. Vous le faites parce que ça vous amuse (rires).


Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
MC : à part l'argent vous voulez dire (rires) ?


Comment avez-vous été contacté ?
MC : de la façon la plus simple qui soit. Christopher Nolan est venu chez moi. Je me souviens, c'était un dimanche matin. Il avait un script à la main et m'a dit qu'il travaillait sur un Batman. J'ai tout de suite été enjoué car je savais de quoi Christopher était capable ; j'avais vu Insomnia et Memento. Il voulait que je lise immédiatement le scénario, mais pour des raisons de confidentialité, il ne pouvait pas me le laisser. Je lui ai donc servi un petit repas en attendant… J'ai noté que le film de Christopher s'appelait Batman Begins. Je trouvais cela intéressant. Et au final, le titre ne ment pas. Le film parle vraiment des origines de Batman. C'est ce qui m'a plu. En résumé, je me suis décidé pour Christopher, ensuite pour le script que j'ai trouvé excellent.


Christopher Nolan et David S. Goyer le coscénariste se seraient inspirés de votre rôle dans L'homme qui voulait être roi pour écrire le personnage d'Alfred…
MC : figurez-vous que vous n'êtes pas la première personne à me le dire. Il va vraiment falloir que je regarde à nouveau le film avec cette idée en tête, comme ça, je pourrai demander des royalties pour ça aussi (rires).


Comment travaillez-vous d'ordinaire ? Parlez-vous de vos rôles à vos amis ou à vos agents ?
MC : surtout pas ! Ce serait le meilleur moyen de très vite ne plus en avoir (rires)… Je me fais juste mon idée du personnage au fur et à mesure que j'avance dans le scénario. Je m’inspire de différents éléments de mon passé. C'est le privilège de l'âge. Ma mère avait l'habitude de faire la cuisine pendant la guerre, et quand nous étions évacués et recueillis dans des foyers très riches, il y avait beaucoup de maîtres d'hôtel avec qui elle travaillait. C'est ce qui m'a inspiré pour le background d'Alfred. J'en ai fait un soldat fort, loyal et dévoué. La voix d'Alfred, par exemple, est celle de mon premier sergent lorsque j'étais moi-même dans l'armée.


Qu'est-ce qui vous a le plus impressionné chez Christian Bale ?
MC : son implication. Avant de le rencontrer, j'avais vu The Machinist, et je dois dire que j'avais été bluffé par sa performance aussi bien physique (le comédien ne faisait pas plus de 55 kg à l'époque, NDLR) que psychologique. Même chose pour American Psycho. Ce gars-là s'implique vraiment dans ce qu'il fait. Je doutais juste de la possibilité pour lui d'avoir la forme nécessaire pour incarner Batman à peine trois mois après The Machinist… Mais lorsque j'ai aperçu Christian Bale sur le plateau pour la première fois, j'ai vu Arnold Schwarzenegger (rires), et je me suis dit que cet homme-là en voulait beaucoup et qu'il était déjà dans son personnage. Sa dévotion pour son rôle tout au long du tournage n'a eu d'égal que son talent.


C’est une des premières fois où vous jouez avec autant d'effets spéciaux et d’explosions dans tous les sens. Est-ce que cela change quelque chose pour vous ?
MC : j'ai été soldat très jeune, et croyez-moi, à cette époque, j'ai vu suffisamment d'explosions pour le reste de mon existence…
Par Cédric Melon • Publié le 09/09/08
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