le 02 mars 2026 - 14h13

Netflix se prépare à une petite révolution

La bataille autour du rachat de Warner n’aura pas seulement profité à Paramount. Elle semble aussi avoir fait évoluer la réflexion des dirigeants de Netflix, à commencer par son co‑PDG Ted Sarandos, qui paraît avoir pris goût à l’exploitation en salles. Netflix amorce peut‑être un virage important dans sa stratégie de diffusion et envisage davantage de sorties cinéma dites « créatives ».

A
soutenir
netflix-se-prepare-a-une-petite-revolution
Siège social de Netflix à Los Angeles

Ted Sarandos (Netflix) s’est entretenu avec Bloomberg ce week‑end pour sa première interview depuis l’échec de la tentative de rachat de Warner Bros. Discovery par Netflix. Lorsque le journaliste lui a fait remarquer que, dans cette opération, son groupe avait dû composer avec « un autre acheteur inhabituel », Sarandos a répliqué : « Inhabituel, oui… inhabituel, irrationnel, tous les mots que vous voulez employer pour le qualifier ».

 

Mais c’est surtout lorsque la question de la distribution en salles a été abordée que l’entretien a pris une tournure plus intéressante. Maintenant que l’opération avec Warner Bros. n’a pas abouti, Sarandos a été interrogé sur son intention éventuelle de sortir davantage de films Netflix au cinéma…

 

Netflix : un dialogue ouvert avec les exploitants

Si les sorties classiques avec une fenêtre de 45 jours ne semblent plus vraiment d’actualité, les expérimentations récentes de Netflix dans les salles pourraient, elles, se poursuivre et même se multiplier. Il répond : « Tout ce que j’ai évoqué à propos des fenêtres de 45 jours aurait nécessité que nous rachetions cette entité de distribution en salles. Mais l’un des aspects très positifs de cette opération, c’est d’avoir appris à connaître les exploitants et d’avoir instauré un dialogue ouvert avec eux. Franchement, je n’avais pas vraiment de raison de le faire auparavant.

 

Nous avons trouvé ensemble des approches vraiment créatives, comme vous avez pu le voir avec Stranger Things et KPop Demon Hunters (voir Kpop Demon Hunters sans Netflix : un fiasco ?). Nous avons One Piece au cinéma la semaine prochaine aux États‑Unis et au Japon. Je pense que nous allons trouver beaucoup de choses intéressantes à faire ensemble à l’avenir. Je peux nous imaginer tenter des choses inédites ».

 

À la recherche des formules alternatives

À entendre Ted Sarandos vanter les vertus du dialogue avec les exploitants américains, on serait presque tenté de ressortir une réplique du Père Noël est une ordure : « C’est cela, ouiiiii ». Car derrière cette soudaine ouverture au grand écran, Netflix continue surtout de chercher des formules alternatives, loin du modèle traditionnel de l’exploitation en salles.

 

Sarandos est également revenu sur l’abandon du dossier Warner. En substance, Netflix s’était fixé un plafond de prix et s’y est tenu. Une fois l’offre de Paramount passée au‑dessus de ce seuil, l’affaire était pratiquement entendue. Avec le rachat de Warner Bros. Discovery, Paramount Skydance hérite en outre d’un niveau d’endettement si important que certains spéculent déjà sur une possible revente à terme de contenus à… Netflix.

 

Décidément, à Hollywood, rien n’est jamais vraiment sûr.

SOURCE : bloomberg
soutenir
pour continuer
Chaque semaine, recevez l’actualité tech et culture
Inscrivez-vous
Recevez l’actualité tech et culture sur la Newsletter cesar
Inscrivez-vous
OK
Non merci, je suis déjà inscrit !