Notre critique de la démo GTA VI : vertigineuse et tarantinesque
Comme vous le savez sans doute, Rockstar Games et Netflix ont diffusé hier une émission spéciale de près de 30 minutes consacrée à Grand Theft Auto VI, composée exclusivement d’images directement tirées du jeu. Une démo vertigineuse et tellement tarantinesque. Difficile d'ailleurs de retenir un seul enseignement de ces 26 minutes : graphismes, modes de jeu, déplacements, lumière, niveau de détail, possibilités offertes au joueur, interactions, activités dans le jeu : tout paraît démesuré dans cette démonstration.
Mais s’il y a bien une chose à retenir, c’est peut‑être la manière dont Rockstar semble avoir réussi là où des centaines de fans et de cinéastes se sont cassé les dents avant eux : absorber l’influence d’un auteur sans donner l’impression de simplement le copier.
GTA, réservoir à influences
On connaît depuis longtemps l’importance du cinéma dans l’ADN de GTA, de Michael Mann à Brian De Palma en passant par Walter Hill, Peter Yates et bien d’autres. Cette fois, pourtant, une autre influence saute aux yeux. Dans la manière dont les personnages parlent, bougent, se regardent, passent brutalement du quotidien à la violence et semblent exister en dehors même des missions, il y a quelque chose de profondément « tarantinien ».
Tout ou presque paraît traversé par cet esprit. Bien sûr, Miami Vice, Die Hard ou le cinéma de Mann continuent de rôder dans les images. Mais c’est surtout l’âme de Quentin Tarantino, cinéaste autant que scénariste, que GTA VI semble avoir réussi à capturer puis à digérer.

© Rockstar Games
Plus de Tarantino que bien des films qui ont tenté de lui ressembler
Et c’est précisément là que Rockstar rejoint la méthode Tarantino. Le réalisateur de Pulp Fiction n’a jamais caché ses emprunts, ses passions et ses références. Il les absorbe, les transforme et finit par les rendre immédiatement reconnaissables comme siennes. True Romance, Reservoir Dogs, Pulp Fiction ou Jackie Brown sont nourris de dizaines de films antérieurs, mais aucun ne ressemble véritablement à ce qui existait avant eux.
Rockstar semble aujourd’hui faire exactement la même chose avec Tarantino. Prendre son sens du dialogue, son goût pour les personnages périphériques, les ruptures de ton, la violence sèche, l’humour absurde et cette façon de transformer une conversation banale en scène de cinéma, puis faire passer le tout à travers le filtre GTA.
Au point que le mouvement devient presque ironique. Après avoir influencé plusieurs générations de jeux vidéo et de cinéastes, Tarantino semble à son tour absorbé par une œuvre qui recycle son langage pour en fabriquer quelque chose de nouveau. Retour à l’envoyeur.
Il suffit de revoir cette méga bande‑annonce avec Tarantino en tête pour que cela saute aux yeux. Rien que pour cela, ces 26 minutes paraissent déjà plus tarantiniennes que bien des films ayant tenté de copier le cinéaste depuis trente ans.

© Rockstar Games
Que nous réserve GTA VI ?
Pour le reste, le vertige continue. Capturée sur une PS5 standard, la démonstration débute par une transaction de drogue qui tourne mal, avant de montrer des moments beaucoup plus ordinaires, notamment Jason et Lucia dans leur appartement, où l’on voit Jason se servir dans le réfrigérateur.
La vidéo dévoile ensuite plusieurs séquences de conduite et des événements surgissant spontanément dans la ville, tout en illustrant le passage instantané d’un personnage à l’autre. Les missions pourront être jouées avec Jason ou Lucia et accomplies ensemble, ou séparément.
Selon plusieurs informations apparues dans la foulée, l’histoire principale proposerait environ 80 heures de jeu sans compter les missions secondaires. GTA VI comporterait également deux fois plus d’animations que Red Dead Redemption 2 et plus de dix fois davantage que GTA V.
• Les joueurs pourront piloter un hydroglisseur à travers des marécages inspirés des Everglades de Floride, faire du kayak en pleine mer, participer à des courses de motos tout‑terrain, jouer au mini golf, pratiquer la plongée sous‑marine ou encore effectuer des sauts en base‑jump depuis des immeubles
• Les braquages pourront également être organisés à deux, l’un des personnages dévalisant un commerce pendant que l’autre attend au volant du véhicule de fuite. Il sera même possible de changer de vêtements avant de commettre un crime afin de réduire son niveau de recherche
• L’exercice physique modifiera visiblement la musculature des personnages, tandis que leur alimentation influencera leur poids. Passer plusieurs jours sans dormir aura également des conséquences. Il sera même possible de faire défiler compulsivement les réseaux sociaux
• Un système de romance dynamique permettra aux SMS et à différentes activités d’influencer la relation entre Jason et Lucia. Renforcer leur relation amoureuse n’apportera toutefois aucun avantage particulier en matière de gameplay. La romance restera donc entièrement facultative
• Il faudra également gagner de l’argent pour faire progresser la trame principale, notamment grâce aux braquages ou au vol de voitures
Au lancement le 19 novembre 2026, GTA VI devrait fonctionner à 30 images par seconde sur toutes les consoles. Aucun détail n’a encore été communiqué concernant d’éventuels modes privilégiant la résolution ou les performances.