PlayStation Store : la plainte qui valait 3 milliards de dollars
Sony ferait face au Royaume‑Uni à une plainte estimée à près de 2,7 milliards de dollars. Selon Reuters, le fabricant de la PlayStation est accusé d’avoir profité de sa « position monopolistique » pour gonfler les prix des jeux numériques.
Le conglomérat japonais est en effet soupçonné d’avoir abusé de sa position dominante en imposant que les jeux numériques et les contenus additionnels pour console soient achetés et vendus exclusivement via le PlayStation Store.
12 millions de personnes se liguent contre Sony au Royaume‑Uni
Les avocats de Sony font valoir que l’entreprise a investi pendant des années, et à hauteur de plusieurs milliards, dans sa plateforme de jeu intégrée. Ils rappellent aussi que des concurrents comme Nintendo et Microsoft reposent sur des modèles comparables. Selon eux, la marge réalisée par Sony sur les ventes de jeux et de contenus additionnels n’aurait rien d’excessif, tandis que la plainte ignorerait les coûts supportés par l’entreprise et la valeur de sa marque.
L’affaire a été portée devant le Competition Appeal Tribunal de Londres au nom d’environ 12 millions de personnes au Royaume‑Uni. Ce n’est pas le seul front judiciaire ouvert pour Sony, visé par une autre procédure en cours aux Pays‑Bas.
Christopher Nolan met en garde contre la dématérialisation des œuvres
Dans le même temps, l’entreprise traverse une séquence délicate en matière d’image, après l’annonce de l’arrêt de la commercialisation des jeux en version physique à partir du début de l’année 2028 (voir Fin des disques PlayStation, le marché du jeu vidéo chamboulé à jamais).
La nouvelle a provoqué une vive levée de boucliers et vient conclure une semaine, voire deux, marquées par une succession de mauvaises nouvelles pour l’industrie du jeu vidéo. Car la dématérialisation est loin de faire l’unanimité, et la stratégie commerciale qui l’accompagne encore moins. Au‑delà des considérations financières, de marge ou d’économie de marché, elle pose une question plus profonde : que possède réellement un joueur lorsqu’il achète un jeu dématérialisé ? Sony peut théoriquement le retirer, le modifier ou en altérer l’accès sans demander l’avis de celui qui pensait pourtant en avoir fait l’acquisition complète.
Un débat qui renvoie directement aux mises en garde répétées de Christopher Nolan sur l’importance des supports physiques, ces objets dont personne ne peut modifier la nature ni le contenu une fois entre vos mains. À bon entendeur.