par Gwendal Lars
le 29 mai 2017

Denon DRA-100

A
note
8.2
10
label
prix
999 €
les plus
  • Double horloge 44,1 kHz et 48 kHz
  • Limpidité de la restitution
  • Médium offrant un respect parfait des timbres de voix
  • Franchise et profondeur du grave
  • Relief de l’image sonore
  • Fonctions réseau DLNA, AirPlay et Bluetooth
  • Sortie casque paramétrable
  • Faible encombrement
  • Sobriété des lignes
les moins
  • Pas de port USB‑B
  • Pas d’entrée Phono
  • Navigation à l’aide de la télécommande fastidieuse
présentation

Denon n’en est pas à sa première tentative en matière de lecteurs réseau et autres dispositifs capables d’exploiter les flux en streaming. Avec le DRA‑100, la marque nous propose un petit boîtier, ultra‑compact et châssis aluminium, intégrant cette fonction et en lui associant un amplificateur de puissance. Une configuration, en somme, assez proche de ce que Denon avait déjà présenté dans sa gamme de micro‑chaînes Ceol. Ce petit dernier rappelle également par ses lignes le PMA‑50 du constructeur, mais celui‑ci se contentait d’intégrer un Dac et une liaison Bluetooth. Dépourvu de port Ethernet ou de Wi‑Fi, il ne faisait donc pas véritablement office de lecteur réseau.

 

 

Le Denon DRA‑100, pour sa part intègre cette fonctionnalité et, pour se connecter, il dispose soit d’un port Ethernet sur prise RJ45 très conventionnel, soit de son transmetteur Wi‑Fi interne. À signaler, au passage, sa compatibilité AirPlay et DLNA 1.5 qui lui donne accès à bien des contenus, que son possesseur dispose d’un environnement Mac, PC ou Android. De même, pour accéder simplement aux contenus de smartphones ou de tablettes, le Denon DRA‑100 conserve la liaison Bluetooth. Pour simplifier l’appairage des différents équipements nomades, elle est assistée par NFC. Il suffit ainsi de plaquer le smartphone sur la façade du DRA‑100, au niveau de la zone portant le sigle NFC pour que le jumelage s’effectue automatiquement. De même, toujours pour les supports nomades, un port USB est présent en façade.

 

Côté interfaces…

Le reste de la connectique est assez conventionnel et, si elle n’est pas d’une richesse exceptionnelle, l’essentiel est présent. Pour l’analogique, deux entrées auxiliaires au niveau Line sur RCA sont présentes. De même, une sortie pré‑ampli et une sortie Subwoofer, donc une sortie mono au niveau variable lié à la position du réglage de volume sont là. Le seul regret que nous ayons à propos de cette connectique concerne l’absence de port USB‑B. Il n’est ainsi pas possible d’utiliser le Denon DRA‑100 en connexion directe sur un ordinateur. Il faut impérativement passer par le réseau. Dans une moindre mesure, nous regrettons aussi que le DRA‑100 ne dispose pas d’entrée Phono. Les amateurs de vinyles devront donc opter pour une platine avec préamplificateur intégré ou acquérir un pré‑amplificateur externe. Dans ce domaine, d’excellents produits sont maintenant proposés sur le marché.

 

 

Quoi qu’il en soit, en ce qui concerne les flux numériques, Denon joue la carte de la qualité. En premier lieu, le DRA‑100 dispose de la technologie Advanced AL32. Rappelons qu’en plus du suréchantillonnage 32 bits qu’elle réalise, un traitement vectoriel est appliqué à l’évolution du signal. Il a pour effet d’« arrondir les angles » que crée la conversion numérique‑analogique pour retrouver un signal le plus proche possible de celui d’origine. 

Par ailleurs, pour éviter tout artefact lors des traitements numériques, les Dac du DRA‑100 disposent d’une double horloge. Ses fréquences sont respectivement calées sur 44,1 kHz et 48 kHz afin d’être toujours parfaitement synchrones avec l’échantillonnage des flux traités. De plus les flux Hi‑Res Audio sont, bien évidemment acceptés. En PCM, le Denon DRA‑100 accepte les flux Wav, Flac, Alac, et AIFF jusqu’en 192 kHz/24 bits et en DSD il est compatible aussi bien avec les flux 2,8 MHz que 5,6 mégahertz. Bien sûr, les codecs MP3, WMA et AAC sont également‑gérés.

 

Ce en quoi, Denon a ici misé sur le tout numérique des sources jusqu’aux étages de puissance. On comprendra ainsi mieux l’importance de disposer, à chaque étape de traitement du signal de dispositifs numériques de qualité. Les étages de sortie du DRA‑100 sont donc conçus autour d’une architecture Class D. Tout porte à penser qu’ils sont capables de gérer des courants importants puisque Denon n’hésite pas à annoncer pour le DRA‑100 une puissance double sous quatre ohms par rapport à la valeur annoncée sous 8 ohms : 2 x 70 W contre 2 x 35 watts. À savoir, sur le papier, ce rapport de puissance devrait être vrai sur tous les amplificateurs, quels qu’ils soient. Cependant, le courant demandé croissant fortement sous 4 ohms par rapport à 8 ohms, tous ont tendance à s’effondrer. Il en résulte que la puissance annoncée sous 4 ohms n’est jamais, ou presque, le double de celle annoncée sous 8 ohms.

 

 

Prise casque à trois réglages d'impédance

Enfin, signalons la présence d’une prise casque qui satisfera les amateurs les plus exigeants. Elle dispose, d’une part, d’un amplificateur spécifique totalement indépendant de l’amplificateur principal et, d’autre part, elle est équipée d’un réglage d’impédance à trois niveaux. Elle est ainsi capable de s’adapter au mieux tant à la gestion de casques à l’impédance faible, 32 ohms, qu’à ceux à l’impédance moyenne, voire élevée de type 600 ohms. Cette impédance de sortie ajustable garantit un meilleur pilotage du casque. Un peu comme dans le cas des enceintes où une impédance trop faible peut être à l’origine de phénomènes de distorsion et où une trop élevée engendre une perte de puissance et de dynamique. Il est important que les impédances soient en adéquation pour que, tant dans un casque que sur des enceintes, les transducteurs soient correctement pilotés et maintenus.

 

spécifications
  • référence Denon DRA-100
  • type amplificateur stéréo
  • agrément THX non
  • décodage sans
  • paramétrage automatique par micro -
  • puissance 2 x 35
  • préampli Sub
  • entrées entrées audio et vidéo (2 audio), entrée multicanale (), entrées numériques (2 optiques et 1 coaxiale)
  • sorties , sortie audio et vidéo (stéréo), sortie préampli (Sub)
  • autres 1 port USB Host, 1 port Ethernet
  • prises de façade 1 sortie casque, 1 entrée baladeur
  • multimédia MP3, WMA, AAC, Flac, Alac, DSD, AIFF, UPnP (DLNA), Bluetooth APT-X, NFC, Airplay, Webradios
  • fonctions Multiroom, tuner DAB/DAB+
  • dimensions l. 280 x h. 104 x p. 337mm
  • poids 4,8 kg
concurrence

La marque proposait déjà, dans la série Ceol, le Denon DRA‑N4. Un système intégré, frère de la micro‑chaîne Ceol N4 proposé seul à 275 € (405 € avec deux enceintes) et regroupant un lecteur réseau et un amplificateur de 2 x 40 W sous 4 ohms, intégralement dédié aux supports dématérialisés. 

 

Marantz dispose toujours du M‑CR611. Lancé à 749 € il possède, outre son lecteur réseau et son amplificateur d’une puissance de 2 x 40 W sous 8 ohms, d’un lecteur CD audio intégré.

 

Pioneer a également choisi d’offrir au NC‑50D, proposé à 899 €, doté d’une amplification de 2 x 75 W, un lecteur CD intégré. À noter, une entrée Phono est présente pour pouvoir lui associer directement toute platine vinyle. 

 

Nettement orienté haut de gamme et audiophile, il vous faudra débourser 5 200 € pour acquérir l’Uniti Nova Tuner de Naim. Pour accepter les flux issus des équipements numériques les plus performants, il se dote d’une entrée sur BNC. Dans le même esprit, l’analogique dispose d’une connectique DIN proposant un raccord en masse flottante. 

 

Dans sa série Hi‑Fi, Klipsch propose le Power Gate. Un amplificateur/lecteur réseau capable de délivrer jusqu’à 2 x 100 W sous 4 ohms, disponible à 599 euros. S’il est compatible avec les flux numériques les plus actuels et s’intègre parfaitement dans l’écosystème multiroom Klipsch Stream, il n’oublie pas les anciens supports et se dote même d’une entrée Phono pour exploiter toute la chaleur des vinyles. 

 

De son côté, Onkyo propose le R‑N855 à 749 euros. Malgré des dimensions réduites, il dispose d’une puissance de 2 x 70 W sous 4 ohms. Par ailleurs, son Dac interne est capable de travailler jusqu’en 768 kHz/32 bits. Il est regrettable qu’en raison de l’absence de port USB‑B il ne soit pas possible d’établir un lien direct avec un ordinateur pour bénéficier de ses qualités de conversion. 

concurrence
  • référence Denon DRA-100
  • type amplificateur stéréo
  • agrément THX non
  • décodage sans
  • paramétrage automatique par micro -
  • puissance 2 x 35
  • préampli Sub
  • entrées entrées audio et vidéo (2 audio), entrée multicanale (), entrées numériques (2 optiques et 1 coaxiale)
  • sorties , sortie audio et vidéo (stéréo), sortie préampli (Sub)
  • autres 1 port USB Host, 1 port Ethernet
  • prises de façade 1 sortie casque, 1 entrée baladeur
  • multimédia MP3, WMA, AAC, Flac, Alac, DSD, AIFF, UPnP (DLNA), Bluetooth APT-X, NFC, Airplay, Webradios
  • fonctions Multiroom, tuner DAB/DAB+
  • dimensions l. 280 x h. 104 x p. 337mm
  • poids 4,8 kg
verdict technique

La mise en service du Denon DRA‑100 est assez simple. Pour notre part, nous l’avons connecté au réseau par l’intermédiaire de son port Ethernet. Néanmoins il est tout à fait possible d’utiliser le Wi‑Fi. Sur les box et les routeurs récents, il suffit de presser la touche WPS des deux appareils pour que l’accès réseau s’établisse automatiquement. Pour les systèmes pus anciens, il est également possible de réaliser une configuration manuelle en précisant en clair le mot de passe donnant accès au réseau. À signaler, si l’écran que porte le DRA‑100 est clair et parfaitement lisible, il reste conseillé de télécharger l’application Denon Hi‑Fi Remote pour bénéficier d’une meilleure ergonomie de navigation, notamment lors de l’utilisation de services de musique en streaming, de la sélection de Webradios ou même de la navigation dans l’arborescence des contenus d’ordinateurs ou de serveurs Nas. La télécommande fournie, si elle permet de gérer les commandes basiques, n'est pas la meilleure dans ce cas‑là.

 

 

Fonctionnalités réseau sans-fil

Compatible AirPlay, dans l’environnement Apple, le Denon DRA‑100 accède sans aucun problème à l’intégralité des fichiers musicaux lisibles sur un terminal Apple et des services de streaming comme Qobuz, Deezer ou Youtube. De même, toutes les applications iOS compatibles AirPlay seront également exploitables sur le DRA‑100. Sous Android le choix est moins vaste, mais l’application reste conviviale. Enfin, pour les équipements nomades, le Bluetooth est disponible. Comme déjà précisé au début de ce banc d’essai, pour simplifier le couplage des différents appareils, le DRA‑100 dispose de la technologie NFC. Ainsi, il suffit de plaquer quelques instants le smartphone, ou la tablette, sur le logo NFC logé en façade du DRA‑100 pour que le jumelage des deux appareils s’effectue automatiquement.

 

 

Séances d'écoutes

Lors de nos écoutes nous avons utilisé différentes sources : un lecteur CD audio conventionnel connecté sur l’entrée optique pour évaluer la qualité de convertisseur interne du DRA‑100, des fichiers audio Hi‑Res Audio 192 kHz/24 bits stockés sur une clé USB, des contenus diffusés en streaming sur le réseau et enfin des webradios. Dans tous les cas le DRA‑100 a accepté les formats de fichier que lui avons appliqués sans le moindre souci.

À l’écoute il apparaît clairement que Denon a fait beaucoup d’efforts pour offrir au DRA‑100 une écoute aussi fluide et transparente que possible. Nous sommes nettement ici en présence d’un système réellement dédié à une écoute Hi‑Fi. Une transparence qui peut même tourner à l’intransigeance sur des fichiers mal encodés ou des prises de son laissant à désirer. En revanche, pour peu que la source soit de qualité, le Denon DRA‑100 est capable de restituer le moindre détail sonore. L’aigu, entre autres, est traité avec beaucoup de soin. Il éclaire la scène sonore d’une belle lumière sans jamais donner dans l’agressif. Tout se fait dans la subtilité. Un comportement qui offre aussi à l’espace stéréophonique beaucoup de relief et de profondeur. Chaque plan de l’espace sonore se détache des autres pour offrir une belle sensation de naturel. Il semblerait que le traitement AL32 de Denon joue un rôle capital dans ce comportement.


 

Côté grave, tout porte à penser que le Denon DRA‑100 dispose d’une réserve d’énergie et de capacités de gestion des courants élevés conséquentes. En effet, le grave est à la fois profond et ferme. L’écoute est ainsi parfaitement assise toute en bénéficiant de beaucoup de vivacité. Un comportement qui peut paraître surprenant si l’on s’en tient aux puissances de sortie annoncées par Denon. Certes, le DRA‑100 n’est pas vraiment adapté à la sonorisation des espaces les plus vastes, quoi que, associé à des enceintes haut rendement il puisse surprendre, mais tant que l’on reste dans des volumes et sur des niveaux d’écoutes « raisonnables » la dynamique est bien là.

Enfin, la restitution des voix s’avère assez séduisante. Preuve que le comportement du Denon DRA‑100 dans le médium est également digne d’intérêt. Outre le respect du naturel et de la chaleur des timbres, fait que nous avons pu constater à l’écoute de voix aussi différentes que celles de Bernard Lavillier ou de Zaz, le phrasé est également excellent. La sensation que le chanteur est bien devant soi est parfaitement présente.

 

 

Conclusion

Au final, le Denon DRA‑100 ne déçoit pas et fait honneur à la réputation de la marque. Il offre un comportement global extrêmement charmeur à ce petit boîtier qui sous un très faible encombrement pourrait en remontrer à bien des systèmes nettement plus conséquents. Un équipement parfaitement adapté aux espaces de tailles modeste où la place est comptée et qui remplace avantageusement une chaîne Hi‑Fi de qualité pour peu que son possesseur soit un adepte des supports dématérialisés.

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