Amplificateur audio-vidéo

Marantz NR1200

Par Gwendal Lars - Publié le 09/12/19
Mustav
Prix indicatif : 699 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli amplificateur intégré stéréophonique
Agrément THX : non
Décodage : sans
HDMI : 5 entrées (v2.0b)
Puissance : 2 x 75 W
Dim. (L x H x P) : 440 x 367 x 105 mm
Poids : 7,9 kg
L’essentiel

C’est un véritable mutant issu des amours improbables d’un amplificateur Hi‑Fi et d’une chaîne Home Cinéma que nous propose Marantz. En effet, le NR1200 hérite d’un mélange des gènes de ces deux géniteurs, ce qui en fait un cas d’espèce assez surprenant, mais qui répond bel et bien à une attente des consommateurs.

 

Présentation du Marantz NR1200 

Du monde Hi‑Fi, voire audiophile, il adopte une structure stéréophonique traditionnelle dérivée des modèles les plus évolués de la marque. De l’univers Home Cinéma, il conserve un jeu de prises HDMI. Un curieux mélange, donc, puisqu'audiophiles et inconditionnels du Home Cinéma se sont longtemps regardés en « chiens de faïence », voire méprisés mutuellement. Le Marantz NR1200 tente donc de réconcilier ces deux mondes. Côté design, Marantz ne s’est par contre pas compliqué la tâche, le Marantz NR1200 emprunte, comme sa référence l’indique clairement, le châssis des amplificateurs audio‑vidéo « slim » de la marque présents au catalogue depuis des lustres, les modèles NR (1510 et 1710 pour le millésime 2019).

 

À vrai dire, le Marantz NR1200 correspond à une réelle attente. Les liaisons HDMI équipent en effet un nombre croissant de sources capables, non seulement, de délivrer des flux vidéo de qualité optimale, mais aussi, des flux Hi‑Res Audio répondant aux exigences des audiophiles les plus exigeants. Mais, souvent la qualité des amplificateurs audio‑vidéo conventionnels est insuffisante pour pouvoir exploiter toute la finesse de tels contenus, l’atout majeur des équipements audio‑vidéo restant la multiplicité de leurs canaux et la sensation d’immersion sonore qu’ils proposent. Certes, le Marantz NR1200 ne prétendra jamais réponde à cette fonction. En revanche, sur les bandes‑son cinéma, il réalise une downmix pour transformer leur son multicanal en stéréo conventionnelle.

 

 

En somme, le NR1200 a pour ambition d’être au cœur de l’installation audio‑vidéo en jouant le rôle de sélecteur de source et en offrant une très haute qualité d’écoute. Rappelons que si les installations complexes Home Cinéma avec une multitude d’enceintes minutieusement disposées dans un salon ou une salle dédiée de l’habitation ont leurs adeptes, bon nombre d’utilisateurs souhaitent, plus modestement, disposer d’un son de qualité sans avoir à transformer leur intérieur en salle de cinéma.

 

Fabrication soignée et configuration « miroir »

Côté audio, Marantz a donc particulièrement soigné son dernier‑né. L’un des problèmes majeurs lorsque l’on fait transiter en un même boîtier de l’audio analogique et des flux vidéo et/ou numériques se situe au niveau de la dégradation du rapport signal/bruit. En effet, les flux numériques sont globalement générateurs de parasites. Marantz a donc porté un soin spécifique à l’alimentation du NR1200 ainsi qu’à ses blindages internes pour éliminer au mieux de telles interactions, avec des enroulements spécifiques pour chacune des fonctions critiques du boîtier (cf. ci‑dessous). Les étages de puissance, particulièrement sensibles, adoptent une structure séparée pour chaque canal. De même ils disposent de leur propre circuit d’alimentation. Il est d’ailleurs possible d’utiliser le NR1200 comme un amplificateur purement analogique. Il dispose pour cela de trois entrées analogiques sur RCA et même d’une entrée Phono. De même, comme sur tout amplificateur Hi‑Fi récent, des entrées numériques sont présentes.

 

 

La puissance délivrée, 2 x 75 W, fait de lui un équipement parfaitement adapté aux habitations actuelles. Comme souvent chez Marantz, l’intégralité des circuits analogiques est réalisée autour de composants discrets de haute qualité : transistors, condensateurs, résistances de précision, etc. Pour cela, Marantz a « designé » ses propres cartes électroniques dotées d’un trajet du signal aussi court que possible et adoptant une configuration « miroir » pour les deux canaux (cf. ci‑dessous).

 

 

Ainsi, non seulement cette structure limite les dégradations du signal qui peuvent survenir tout au long de son parcours mais, en plus, les signaux correspondant au canal droit et au canal gauche suivent strictement le même trajet ce qui évite tout décalage temporel, aussi faible soit‑il, dans leur traitement. Une architecture que Marantz a baptisée HDAM pour « Hyper Dynamic Amplifier Module ». Mais le NR1200 va beaucoup plus loin, en termes de fonctionnalités, pour répondre aux attentes en matière de nouveaux services et de musique.

 

Réseau filaire et sans-fil

Outre le fait qu’il fait office de sélecteur de sources vidéo, grâce à ses ports HDMI 2.0b tous compatibles 4K HDR, et qu’il est capable d’en extraire les flux audio, y compris sur sa sortie HDMI compatible ARC, il assure la fonction de lecteur réseau. Pour se connecter, le NR1200 dispose de deux possibilités. La première, filaire, se fait par l’intermédiaire d’une connexion Ethernet. Pour cela sa face arrière dispose d’une prise RJ‑45. L’autre possibilité est de configurer sa liaison Wi‑Fi. Celle‑ci peut se faire soit en WPS, si le routeur de l’habitation dispose de cette option, soit par la traditionnelle fourniture d’un mot de passe. 

 

Compatible UPnP (DLNA) et AirPlay 2, le NR1200 pourra ainsi accéder aux contenus des équipements partagés sur le réseau domestique tels qu’ordinateurs ou disque dur Nas. De plus, en utilisant cet accès comme passerelle vers le Net, il propose une multitude de services « online ». En premier lieu, il dispose d’un gestionnaire TuneIn intégré. Ici le téléviseur se transforme alors en écran de recherche de la webradio souhaitée, ce qui beaucoup plus convivial que d’effectuer cette opération depuis le petit afficheur alphanumérique que porte la façade du NR1200. De même, de très nombreuses offres d’écoute de musique en streaming sont immédiatement accessibles pour peu qu’un abonnement ait été souscrit.

 

Module multiroom Heos embarqué

Autre atout, le NR1200 s’intègre au sein de l’écosystème Heos propre à la marque. Il s’ouvre ainsi au multiroom aussi bien comme source sonore qu’en tant que point de diffusion. Enfin, pour en terminer avec la connectivité du NR1200, signalons qu’il est également compatible Bluetooth bidirectionnel (gestion appairage jusqu’à huit appareils). C’est‑à‑dire que le NR1200 pourra accéder aux contenus d’un smartphone, comme de tradition, mais aussi transmettre la musique qu’il reçoit de l’une de ses sources vers un casque sans‑fil, par exemple. Un très bon point.

 

 

De plus, si le Marantz NR1200 dispose de circuits analogiques de haute qualité, ses sections numériques n’en sont pas pour autant au rabais. Son cœur s’articule autour d’un Dac AK4458 capable de travailler en 384 kHz/32 bits. Il gère donc sans soucis les flux Hi‑Res Audio et les flux DSD en streaming jusqu’à 5,6 mégahertz. 

 

Connectique

Enfin, la connectique, même si elle fait la part belle au HDMI, est assez complète et de belle qualité. Ici encore on retrouve l’ADN Home Cinéma du produit puisque, outre les connecteurs HDMI, le NR1200 se dote de deux sorties pour caisson de graves. Elles pourront être mises à profit pour offrir plus d’assise à des enceintes de petit format, tant pour la restitution des bandes‑son cinéma que durant l’écoute de musique.

 

 

Dernières précisions, matériel multimédia par excellente, le Marantz NR1200 intègre la dernière fonctionnalité phare en la matière, la possibilité d’être contrôlé par tous les assistants vocaux du marché, Amazon Alexa, Google Assistant ou Siri d’Apple. De même, outre la FM, le tuner est d’obédience DAB+ pour profiter dans un avenir proche de la RNT (Radio Numérique Terrestre) appelé à remplacer la radio en modulation de fréquence.

 

Concurrence

À notre connaissance, le NR1200 constitue un cas d’espèce. Il semble être le seul équipement du marché à oser associer certains spécificités issues du monde audiophile à d’autres piochées dans l’univers Home Cinéma.

Fiche technique
Type : amplificateur amplificateur intégré stéréophonique
Agrément THX : non
Décodage : sans
Puissance : 2 x 75 W
Préampli : 2.2
Entrées : 5 entrées HDMI (v2.0b), entrées audio et vidéo (3 audio), sans entrée multicanale, phono (MM), entrées numériques (1 optique et 1 coaxiale)
Sorties : 1 sortie HDMI (v2.0b), sortie préampli (2.2)
Autres : 1 port USB Host, 1 port Ethernet
Prises de façade : , entrée audio numérique (), 1 sortie casque
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Flac, Alac, DSD, AIFF, UPnP (DLNA), Bluetooth 4.1 + EDR, Airplay, Webradios
Compatibilité audio : DTS:X
Traitement vidéo : transparence au xvYCC, transparence au Deep Color, transparence au 1 080p/24,
Fonctions : pilotage via IP, OSD (français, couleur, via HDMI), télécommande universelle (préprogrammée), CEC, ARC, Tuner FM
Consommation : 0,2 W (210 W en veille)
Finition : noir ou argent/doré
Dim. (L x H x P) : 440 x 367 x 105 mm
Poids : 7,9 kg
ph image
Verdict technique

La mise en service du Marantz NR1200 est assez simple. Il suffit de raccorder les diverses sources et la connexion réseau pour qu’il soit prêt à l’usage. Nous conseillons fortement de raccorder un téléviseur dès sa première mise sous tension. En effet, même si l’OSD que propose le NR1200 peut paraître un peu austère, il dispose d’une excellente ergonomie, du moins bien meilleure que celle du petit afficheur frontal.

 

 

Application Heos conseillée 

De même, il est conseillé de télécharger l’application Heos sur un smartphone, ou mieux, une tablette. En plus de transformer cette dernière en « super télécommande » (cf. ci‑dessus), celle livrée avec la NR1200 étant très classique même si l'essentiel est assuré, elle donne directement accès aux services de musique en ligne tels que Deezer, Spotify, Tidal, etc. De même, c’est par son intermédiaire que les différents modes et associations multiroom seront accessibles. Nous avons pu noter que, dès l’application Heos lancée, le NR1200 est immédiatement reconnu et apparaît automatiquement dans la liste des périphériques disponibles. Il suffit donc de le sélectionner pour le piloter.

 

 

Séances d'écoute

À l’écoute, l’ADN Marantz est bien présent. Il est clair que les étages analogiques de puissance du NR1200 sont le fruit d’études approfondies. Une sensation de plénitude et de restitution fouillée, riche en détail, se dégage dès les premières minutes d’écoute. Un sentiment de précision et d’aisance encore plus tangible si des flux Hi‑Res Audio sont exploités. Le comportement du NR1200 est proche de l’analytique. Plus généralement et quelle que soit la source utilisée, il est capable de restituer avec beaucoup de finesse chaque micro‑information du message sonore. Un tempérament qui se ressent même lors de l’écoute de nos plages test les plus dépouillées telles que l’incontournable version de Fever interprétée par Elvis Presley. Ici, le phrasé de la voix est irréprochable tandis que les claquements de doigts, ainsi que leur courte réverbération, bénéficient d’une redoutable précision. En dépit de sa puissance qui n’a rien d’impressionnant, le NR1200 surprend aussi par son excellente dynamique. Il n’hésite pas à restituer avec enthousiasme les flamboiements d’orchestres symphoniques, les percussions explosives ou les solos de batterie les plus musclés.

 

 

Par ailleurs, l’image sonore que délivre le NR1200 bénéficie d’un très bel agencement de chaque plan sonore. L’espace stéréophonique se dote de beaucoup de relief et d’ampleur. Chaque plan de la scène sonore trouve sa place avec naturel. Chaque instrument ou « objet sonore » se localise avec beaucoup de précision au sein d’un paysage sonore à la fois ample et profond. L’impression d’espace ressentie est même assez incroyable, l’auditeur se retrouve placé au premier rang du public, au pied d’une scène qui s’étend devant lui à 180 degrés. Si l’aigu est d’une rare transparence, sans jamais donner dans l’excès de brillance, le grave est également très bien servi. Il est à la fois franc, rond et profond. Trois spécificités que peu d’équipements arrivent à faire cohabiter. L’écoute du célèbre solo de batterie du morceau Take Five de Dave Brubeck nous a permis d’apprécier la franchise des attaques et la vivacité d’écoute dont disposait le NR1200. Il est capable de restituer tant l’impact que l’onde de choc que génère chaque coup de batterie pour peu qu’il soit associé à des enceintes en passe d’accepter un tel traitement. Enfin sa gestion du grave est, elle aussi très convaincante. Le Marantz NR1200 délivre des basses à la fois profondes, vives et charpentées. Il est aussi à l’aise dans la restitution d’une contrebasse, comme dans Fever, que dans l’« avalanche » de graves que comporte l’intro de I Will Remember de Toto.

 

On le constate, avec le Marantz NR1200, la présence d’un module réseau dans un équipement Hi‑Fi n’est plus synonyme de perturbations. Marantz est parvenu via les composants électroniques adéquats (comme évoqué plus haut), réservés jusqu’alors aux matériels statutaires de la marque (à partir des séries SA10 et PM10) et au tarif désormais abordable, à filtrer totalement leur bruit parasite.

 

 

Enfin, la restitution ne donne jamais dans l’agressif, elle est même gouleyante comme attendue avec la marque. L’équilibre tonal est excellent. Quel que soit le type de musique retenu, le NR1200 respecte toujours l’œuvre enregistré et de la « couleur » qu’a souhaité lui offrir l’ingénieur du son chargé de sa captation. Il est ainsi possible de reconnaître, dès les premières mesures, la signature de la Motown ou celle, plus stricte, des meilleurs ingénieurs du son de la Deutsch Gramophon. Côté downmix stéréo, le Marantz NR1200 mérite là encore les félicitations du jury. Même s’il est impossible de comparer le rendu d’une configuration multicanale à celui d’une installation stéréo, le spectacle Image et Son délivré par le Marantz NR1200 est de haute volée.

 

Quid de l'image ?

Pour l’image, les connecteurs HDMI 2.0b compatibles HDR10 et HDR HLG sont ici Pass‑Trought, c’est‑à‑dire qu’aucun traitement vidéo n’est appliqué à l’image qui transite. En effet, sur ce plan, mieux vaut laisser le diffuseur faire le travail (Upscaling, traitement…), si besoin. Cette fonctionnalité est aujourd’hui parfaitement maîtrisée par la quasi‑totalité des marques TV et vidéoprojecteurs. Elle atteint même des sommets de qualité au sein de quelques TV premium. En revanche, le Marantz NR1200 fait la joie des joueurs puisque les fonctions ALLM et VRR sont de la partie. Il est ainsi possible de jouer en ligne, de surcroît avec la meilleure qualité d’image, sans handicap de latence et avec une excellente reproduction audio de l’ambiance sonore du jeu. Croyez‑nous, certains titres bénéficient désormais de bande‑son, musique et bruitages, absolument magistrales qui gagnent à être diffusées sur de bons matériels. Dernière précision, la sortie HDMI est compatible ARC pour récupérer par exemple le son du téléviseur sur son installation stéréo et magnifier son rendu.

 

 

Côté son, le dowmixing réalisé par le NR1200 à partir d'une piste Dolby Atmos Blu‑Ray par exemple, offre une stéréo toujours très claire, bien équilibrée, où les dialogues ne sont pas noyés dans la masse des effets sonores et de la musique. Mieux, le rendu stéréo montre de réelles aptitudes au relief sonore, se rapprochant (un peu) d’une expérience multicanale. Bref, que du bon aussi de ce côté‑là !

 

Conclusion

On le répète, un « mutant » donc que ce Marantz NR1200. Un matériel hybride, totalement assumé par son constructeur, auquel devraient s’intéresser tant les audiophiles et les puristes inconditionnels de véritable Haute‑Fidélité que les inconditionnels du streaming, sources dématérialisées et de son cinéma de qualité, même s’il n’est pas multicanal. Un vrai produit passion.

+ Les points forts
»  
Subtilité de la restitution
»  
Transparence de l’écoute
»  
Profondeur et franchise du grave
»  
Dynamique
»  
Lecteur réseau et accès à une multitude de services
»  
Qualité de fabrication
»  
Ports HDMI 4K HDR
»  
Entrée Phono
- Les points faibles
»  
Connectique analogique un peu limitée
»  
OSD et afficheur un peu austères
»  
Clavier alphabétique un peu déroutant pour utiliser l’OSD
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