Amplificateur audio-vidéo

Yamaha A-S1200

Par Gwendal Lars - Publié le 01/09/20
Mustav
Prix indicatif : 2 199 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli intégré stéréophonique
Agrément THX : non
Décodage : sans
HDMI : sans
Puissance : 2 x 100 W
Dim. (L x H x P) : 435 x 157 x 463 mm
Poids : 22 kg
L’essentiel

Avec la mise sur le marché de sa dernière série d’amplificateurs de la gamme A‑S, Yamaha effectue un véritable retour aux sources. Ces trois nouveaux modèles, qui viennent donc enrichir la gamme du même nom, s’adressent au premier chef aux amateurs exigeants du monde de la haute‑fidélité traditionnelle, voire au milieu audiophile. En effet, sur cette nouvelle génération d’équipements haut de gamme, ne cherchez ni entrée numérique, ni port USB, encore moins un accès Bluetooth. Nous sommes ici dans l’univers de l’analogique pur, dans l’expression de son excellence la plus absolue.

 

 

Choix analogique assumé

On peut pourtant s’interroger sur un tel choix alors que la tendance actuelle serait plutôt au dématérialisé et autres services en ligne dont les performances et l’ergonomie ont déjà convaincu bon nombre de puristes de l’analogique et du support physique. Mais il ne faut pas perdre de vue que la marque dispose également dans son offre de Dac et lecteurs réseau aux excellentes performances. Il semble donc que Yamaha cherche ainsi à scinder les fonctions en recréant, comme c’était autrefois le cas, des configurations s’articulant autour de différents maillons ultra‑spécialisés, chacun d’eux étant dédié à une fonction bien précise, en concentrant toute sa technologie pour l’assurer au mieux.

 

Par ailleurs, nombreux sont les amateurs qui prétendre percevoir certains artefacts ou parasitage sonore entre les sections numériques et analogiques des amplificateurs conventionnels. Avec la série A‑S, Yamaha résout efficacement ce problème puisque ces nouveaux amplificateurs sont intégralement analogiques et ne contiennent strictement aucune « puce numérique ». Voilà pour la philosophie de ces produits.

 

 

Les trois nouveaux venus portent le nom de A‑S1200, A‑S2200, A‑S3200. Une montée en gamme qui correspond à des détails de construction interne, une puissance de sortie légèrement plus élevée et la présence de vumètres plus vastes sur le modèle A‑S3200. Pour notre part, c’est le modèle « de base » de ces nouveaux venus que nous avons testé, à savoir le A‑S1200.

 

Au cœur du Yamaha A‑S1200

Même si celui‑ci est le petit benjamin de cette nouvelle série, il n’en bénéficie pas moins de tout le savoir‑faire de Yamaha en matière d’amplification intégralement analogique. Un domaine dans lequel la marque dispose d’une solide expérience. En fait, l’A‑S1200 ne propose rien de révolutionnaire mais, à l’inverse, met en œuvre des choix technologiques qui ont fait leur preuve tout en évoluant au fil des ans. Des filières très largement explorées pour lesquelles les ingénieurs connaissent l’impact de chaque détail sur le résultat final, et sont capables d’en concentrer le meilleur pour concevoir un produit d’exception. Le plus souvent c’est une simple question de prix qui bride la mise en œuvre de certains choix technologiques.

 

Tout l’effort de recherche de Yamaha s’est donc concentré sur l’optimisation de la conception interne de l’A‑S1200 tout en conservant un prix acceptable. En somme, cet amplificateur est un amplificateur « à l’ancienne » mais donc chaque section bénéficie des évolutions technologiques réalisées depuis plus de 50 ans. C’est donc plus d’un demi‑siècle d’optimisation dont bénéficie l’A‑S1200.

 

 

Éléments clé de l’A‑S1200, ses étages de puissance s’articulent autour d’une configuration push‑pull de transistors capables de gérer de très forts courants. Ils travaillent en Class A/B. Leur courant de repos élevé leur garantit un fonctionnement en Class A pour les faibles dynamiques afin de restituer toutes les subtilités du message sonore, puis en Class B dès qu’un appel de puissance se présente pour délivrer des dynamiques plus appuyées, voire les plus extrêmes. Cependant, afin que l’amplificateur soit en mesure de délivrer des courants de très forte intensité, encore faut‑il que sa câblerie interne soit en mesure de les acheminer. C’est pour cette raison que l’A‑S1200 met à contribution une interconnexion de ses étages de puissance basée sur des conducteurs de forte section. On peut parler ici de câblage « basse impédance ».

 

 

Alimentation optimisée

Par ailleurs, toujours pour que l’A‑S1200 offre ces pics de courant instantanés de très forte intensité, encore faut‑il que son alimentation soit prête à les délivrer. Pour cela Yamaha l’a conçue autour d’un transformateur toroïdal très généreusement dimensionné associé à des condensateurs de très forte capacité. Une architecture conventionnelle mais qui a été, ici encore, optimisée par l’utilisation de conducteurs de forte section associés à des condensateurs de haute qualité, entre autres.

 

Ainsi l’A‑S1200 est capable de délivrer en pic, c’est‑à‑dire sur une faible durée, une puissance atteignant 2 x 220 W sous 2 ohms. Une énergie qu’il exploitera pour gérer les envolées de dynamique les plus extrêmes ou pour gérer avec une poigne d’acier des enceintes au tempérament « rebelle ». Par ailleurs, la conception du châssis a été entièrement revue afin de limiter au maximum l’apparition de vibrations susceptibles de dégrader le comportement de cet amplificateur.

 

 

Architecture symétrique

Enfin, les étages de pré‑amplification de l’A‑S1200 bénéficient d’une architecture symétrique afin d’éliminer tout risque de diaphonie entre les canaux droit et gauche. Une spécificité qui garantit une excellente restitution de l’espace sonore et lui offre une image pleine de relief et de détail. Toujours au niveau des étages de pré‑amplification, signalons qu’un petit sélecteur à glissière propose de configurer l’entrée Phono afin qu’elle soit compatible tant avec les cellules MM, à aimant mobile, qu’avec les cellules MC les plus évoluées équipées d’une bobine mobile. Seuls les équipements les plus intransigeants en matière de qualité d’amplification analogique proposent une telle option.

 

Concurrence

Rega propose le Elicit‑R (2 590 €). Un amplificateur exclusivement analogique capable de délivrer 2 x 105 W sous 8 ohms et jusqu’à 2 x 162 W sous 4 ohms. Il dispose également d’une entrée phono commutable MM/MC.

 

Le modèle Azur 851A (1 699 €) de Cambridge Audio constitue un mouton à cinq pattes dans l’univers de la Hi‑Fi analogique. Bien qu’il ne dispose d’aucune entrée numérique, ses étages de puissance travaillent en Class D, donc numérique, pour délivrer 2 x 120 W sous 8 ohms et jusqu’à 2 x 200 W sous 4 ohms.

 

Atoll, dont la réputation n’est plus à faire en matière d’amplificateurs, dispose dans sa gamme du IN200 Signature (1 599 €). Un amplificateur à l’architecture dite « double mono ». Cela signifie que chaque canal dispose de son propre transformateur d’alimentation. Il délivre 2 x 120 W sous 8 ohms et jusqu’à 2 x 200 W sous 4 ohms.

 

Signé Bjorn Erik Edvardsen, expert en équipements audiophiles chez Nad, le Nad C375 BEE (1 599 €) mise sur la neutralité de son comportement et ses capacités de gestion des enceintes les plus délicates à gérer. Pour cela, il dispose d’une puissance de 2 x 150 W sous 8 ohms.

 

Si la puissance du Naim NAIT XS 3 (2 699 €) peut paraître modeste avec ses 2 x 70 W sous 8 ohms, elle est pourtant plus que suffisante pour répondre à l’immense majorité des exigences des écoutes domestique. Un amplificateur doté d’une connectique extrêmement complète proposant tant des entrées sur prise RCA que XLR pour accueillir les périphériques audio les plus haut de gamme.

Fiche technique
Type : amplificateur intégré stéréophonique
Agrément THX : non
Décodage : sans
Puissance : 2 x 100 W
Entrées : entrées audio et vidéo (4 audio), sans entrée multicanale, phono (MC et MM)
Sorties : sorties audio et vidéo (2 stéréo), sortie préampli (2.0)
Prises de façade : 1 sortie casque
Multimédia : UPnP (DLNA)
Traitement audio : égalisation manuelle (paragraphique)
Consommation : 350 W (0,2 W en veille)
Finition : noire ou argent
Dim. (L x H x P) : 435 x 157 x 463 mm
Poids : 22 kg
ph image
Verdict technique

La mise en service du Yamaha A‑S1200 est des plus simple. Pure analogique oblige : aucun code accès ni téléchargement ou configuration à effectuer. En somme, on branche et ça marche. Attention, pour que cet amplificateur s’exprime pleinement, nous conseillons vivement d’utiliser une câblerie de qualité. Il est, entre autres, indispensable d’utiliser des câbles de forte section pour le raccordement des enceintes. D’autant plus que les larges bornes de l’A‑S1200 les acceptent sans souci.

 

 

Première écoute

À l’écoute, l’A‑S1200 se distingue dès les premiers instants par la vivacité de ses attaques. Il est évident qu’il dispose à la fois d’une très belle réserve d’énergie et une grande aisance dans la gestion des forts courants instantanés. Quelle agilité ! L’amplificateur se joue de tous les morceaux de musique, même les plus difficiles à restituer, rien ne semble lui fait peur tellement il donne l’impression d’en garder toujours sous le pied pour parer à toutes les situations sonores même les plus improbables avec des plages constituées de multiples suites d’envolées audio destinées à mettre à genou les meilleurs condensateurs et alimentations.

 

 

De plus, la restitution dispose toujours de beaucoup de finesse. Car si la dynamique est incontestablement présente, c’est aussi dans la reproduction des moindres détails que l’A‑S1200 excelle. Une autre spécificité séduisante réside aussi dans la précision de la restitution de l’espace stéréophonique. Le relief et l’ampleur de l’image sonore sont remarquables. Chacun de ses éléments prend place avec beaucoup de naturel et une grande précision. L’auditeur a réellement l’impression de faire face à un orchestre ou une scène de concert. C’est vraiment bluffant.

 

 

Dynamique exceptionnelle jamais prise en défaut

Lors de l’écoute de Three pièces for Blues and Symphony Orchestra de William Russo interprété par l’orchestre symphonique de San Francisco sous la direction de Seiji Osawa, entre autres, l’A‑S1200 a su restituer toute la complexité de l’ambiance acoustique de la salle de concert tout en localisant chaque instrument avec beaucoup de rigueur. En dépit de la réverbération assez marquée qu’offre la salle de l’Opéra de San Francisco, chaque musicien trouve sa place et se détache avec précision. Cette écoute fut une nouvelle fois pour l’A‑S1200 l’occasion de faire une démonstration plus que probante des pics de dynamique qu’il était capable de délivrer avec une incroyable aisance. 

 

Transparence à tous les étages de sortie

Mais le Yamaha A‑S1200 fait aussi preuve de subtilité et d’un grand naturel avec les orchestrations plus « dépouillées », voire intimistes. L’interprétation de Dans Ma Rue, par Zaz, ou l’écoute de Fever d’Elvis Presley en sont l’illustration. Ces plages démontrent le respect de l’ambiance acoustique de chaque enregistrement dont fait preuve l’A‑S1200. Il sait aussi restituer les ambiances jazz avec une transparence digne des meilleurs éléments sans jamais tomber dans l’agressif. L’écoute de Take Five de Dave Brubeck nous a donné l’occasion de vérifier ce point ainsi que d’apprécier la franchise de ses attaques.

 

 

Nous avons également testé l’entrée Phono de l’A‑S1200 (cf. photo ci‑dessus). Le temps de constater qu’il dispose effectivement d’un pré‑amplificateur de haute qualité capable d’exploiter toute la subtilité du « son vinyle ». Pour cela nous avons réalisé plusieurs écoutes à partir de rééditions vinyles d’enregistrements de Serges Gainsbourg et de Bernard Lavilliers.

 

Mariages multiples autorisés

Enfin, nous avons associé à l’A‑S1200 plusieurs types d’enceintes au tempérament et au rendement très différent depuis des petites Dali Menuet SE que nous avions en prêt, sur des B&W, des Triangle, des JBL et même sur des Cabasse Sloop. Un équipement certes ancien mais toujours renommé pour son comportement neutre et naturel. À chaque fois, l’A‑S1200 a su répondre à leurs exigences et respecter leur tempérament pour leur offrir la possibilité de s’exprimer pleinement. L’A‑S1200 est ainsi parfaitement digne de constituer la clé de voûte d’un système haute fidélité d’exception. Il ne faudra donc pas hésiter à lui associer des éléments de haute qualité, tant analogiques que numériques.

 

 

Conclusion

Le Yamaha A‑S1200 est donc un amplificateur qui ravira d’abord les adeptes de l’analogique pur et dur, avant de plaire aux autres une fois Dac et autre lecteur réseau raccordés pour profiter via un système audio en éléments séparés de la musique dématérialisée, seule à proposer une véritable qualité studio master. Et dans cette configuration, croyez‑nous, on touche au sublime.

+ Les points forts
»  
Transparence et dynamique de la restitution
»  
Précision et ampleur de l’espace stéréophonique
»  
Fermeté des attaques
»  
Section préampli Phono (MM/MC) performante
»  
Qualité de conception et de fabrication
»  
Vumètres
- Les points faibles
»  
Pas de connectique XLR
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