La planète des singes : les origines

Rise of the Planet of the Apes
Année : 2011
Réalisateur : Rupert Wyatt
Interprètes : James Franco, Freida Pinto, John Lithgow, Brian Cox, Tom Felton, Andy Serkis
Éditeur : Fox
BD : 1 BD-50 + 1 DVD-9, 105', toutes zones
Genre : science-fiction, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 10/12/11
Prix ind. : 24,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (AVC)
16/9 natif
Bande-son
Français DTS 5.1
Anglais DTS‑HD Master Audio 5.1
Anglais Audiodescription
Espagnol DTS 5.1
Allemand DTS 5.1
Espagnol Dolby Digital 5.1
Portugais Dolby Digital 5.1
Chinois Dolby Digital 5.1
Voir plus
Sous-titres
Français, anglais, anglais pour sourds et malentendants, espagnol, néerlandais, allemand, pourtugais, chinois

Comme son titre l’indique, La planète des singes : les origines entend nous expliquer la genèse de l’un des mythes littéraires (Pierre Boulle, 1963), puis cinématographiques, les plus puissants de la fiction d’anticipation. Pourtant, pour qui se souvient de la saga produite par la Fox dans les années 1970 suite au succès du chef‑d’œuvre de Franklin J. Schaffner, Les évadés, et surtout La conquête de la planète des singes (Jack Lee Thompson, 1973), les films avaient déjà statué sur les origines de l’apocalypse constatée par Charlton Heston à la fin du premier opus, voir cette statue de la Liberté enfouie dans le sable, image géniale d’un pays dont l’avenir ressemblait alors à une ruine.

La Fox a donc décidé de réexploiter, après la version en demi‑teinte de Tim Burton, l’une de ses franchises star. Mais cette fois, pas de relecture délirante d’un auteur désireux de se réapproprier le mythe, mais un tâcheron obéissant et sans style venu d’Angleterre, Rupert Wyatt, qui filme platement un scénario alambiqué (première partie interminable et seconde expédiée), vaguement inspiré de La conquête mais sans la moindre ampleur.

D’ailleurs, le futur leader du peuple singe, César, porte le même nom que l’enfant de Zira et subit à peu près le même sort : récupéré par un scientifique forcément idéaliste qui teste sur des singes un produit censé guérir la maladie d’Alzheimer (James Franco, charisme d’une nouille), César, surdoué à force d’injections de cette substance dont on ne connaît pas les effets secondaires, se retrouve enfermé dans un camp avec ses semblables, soumis au traitement sadiques de gardiens que BB fusillerait sans doute du regard. Seul bon point, le réalisme des singes relevant de la technique du motion capture. Asservi, torturé, César, le poing levé en référence aux sprinters noirs des J.O de 1968, lève sa petite armée simiesque et sème la panique dans les rues de San Francisco (Golden Gate + Cable Car, on n'y coupe pas…).

Ceux qui attendaient une sorte d’« Indignez‑vous black‑panthérisé », avec gorilles et orang‑outans en guise de prolos du monde entier, en seront pour leurs frais. Ici, la révolte se fait dans la douceur, façon révolution bio (pas de sang, absence quasi totale de violence, divertissement familial oblige), le very bad guy (sorte de patron d’un Servier yankee obsédé par le profit) est un Noir, ce qui lui permet incidemment de traiter les singes de « sales macaques ! » sans être accusé illico de racisme, et surtout, Wyatt attend le générique de fin pour montrer à coups de graphiques la propagation mondiale d’une révolte qui aurait dû constituer le corps du film.

Enfin, le scénario se prend les pieds dans le tapis de son message consensuel (contre l’asservissement, pour le respect de tous) en faisant de l’humain le véritable Mabuse des velléités révolutionnaires de cette minorité velue, puisque c’est le produit miracle concocté par le nice guy qui augmente la capacité cognitive des singes qui, sans lui, seraient sans doute restés de sympathiques macaques de zoo.

Jean-Baptiste Thoret - Publié le 02/12/11
Liste des bonus
- Commentaire audio du réalisateur Rupert Wyatt
- Commentaires audio des scénaristes Rick Jaffa et Amanda Silver
- La mythologie de la saga par l'équipe du film, en HD (7')
- Gros plan sur le motion capture et Andy Serkis, alias le singe César, en HD (8')
- Zoom sur les effets spéciaux, la technique de motion capture et les studios Weta, en HD (10')
- Une nouvelle génération de singes, en HD (12')
- Déconstruction d’une scène, en HD (5')
- Scènes coupées en HD (12')
- Les grands singes en HD (3')
- La BO signée Patrick Doyle en HD (8')
- Conception des personnages : galerie
- DVD et copie digitale du film
- Bonus live et bandes‑annonces


Commentaire

Moult modules autour des effets spéciaux et de la prouesse d'Andy Serkis (le singe César), acteur passé maître dans l'art du jeu en combinaison moulante parsemée de petits plots vert fluo, essentiels à la technique de motion capture. D'une manière générale, l'ambiance est assez promo et l'amateur de cinéma devra glaner ici ou là les infos plus techniques ou scénaristiques. Producteurs et acteurs, interviennent régulièrement, mais pas forcément à bon escient.

Heureusement, les commentaires audio rattrapent le coup. Entrant plus en profondeur dans le vif du sujet, ils laissent tomber le discours consensuel pour se concentrer sur le film. Des suppléments en dents de scie, principalement orientés vers une consommation rapide et familiale.

Note bonus : 4/6
Image

L'atout et grand attrait du film est bien sûr le rendu des images de synthèse, hautement réalistes pour le spectateur lambda (les professionnels de la 3D trouveront bien quelques détails à relever…). Mais en ce qui nous concerne, impossible de prendre en défaut ces singes aux expressions quasiment humaines. Et pour cause, c'est Andy Serkis (déjà dans la peau du King Kong de Peter Jackson) qui prête tout son talent, ses mimiques et ses postures au singe César, le leader des rebelles. Effet garanti (avec une grosse préférence pour l'orang‑outan, hallucinant de réalisme), et surtout bien intégré aux images traditionnelles. Très joli grain en plus. La photo chaleureuse de la maison du brave scientifique, les extérieurs plus froids, tout est restitué ici de façon impeccable. Zéro défaut à l'horizon.

Top image : aucun
Note image : 6/6
Son

Les amateurs de VF ne seront pas discriminés avec une piste DTS 5.1 qui fait presque le poids face à sa consœur anglaise DTS‑HD Master Audio 5.1. Mais ne laissons pas durer le suspense plus longtemps, l'avantage va à cette dernière, plus immersive, plus dynamique et intense lors des scènes d'action bien sûr, mais aussi lors des passages plus calmes. Dans ces moments‑là, la bande‑son est riche de détails sonores pour une ambiance très naturelle et réaliste. Pour les séquences plus mouvementées, le caisson de basses entre en scène et affirme sa présence avec force, accompagné d'une multitude d'effets spectaculaires aux quatre coins de la pièce pour un résultat jubilatoire. Vraiment superbe !

Top son : aucun
Note son : 5/6



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