Elysium

Année : 2013
Réalisateur : Neill Blomkamp
Interprètes : Matt Damon, Jodie Foster, Sharlto Copley, Alice Braga, William Fichtner, Diego Luna
Éditeur : SPHE
BD : BD-50, 109', zone B
Genre : science-fiction, couleurs
Interdiction : tous publics (certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes)
Sortie : 14/12/13
Prix ind. : 24,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (AVC)
16/9
Bande-son
Français DTS‑HD Master Audio 5.1
Anglais DTS‑HD Master Audio 7.1
Anglais Dolby Digital 5.1
Anglais Audiovision
Allemand DTS‑HD Master Audio 5.1
Sous-titres
Français, anglais, anglais pour malentendants, néerlandais, arabe, allemand, hindi, polonais, turc

Après son premier film District 9, série B de SF et charge violente contre le communautarisme, le Sud‑Africain Neill Blomkamp revient avec Elysium, sorte de version « maousse » du film suscité. Sa nomination aux Oscars et l'intérêt soudain de Hollywood pour le petit protégé de Peter Jackson ont‑ils eu raison de sa fraîcheur et de son regard acerbe sur la destinée des hommes ? Oui et non.

 

L'anti‑héros maigrelet d'autrefois a laissé la place à 90 kg de muscles et d'abdos en acier (Matt Damon), ouvrier à la chaîne sur une Terre en proie au chaos, à la pollution et au quotidien du crime. Un monde suffocant et violent où les huiles de la planète ont migré sur Elysium, une station orbitale incurvée offrant tout le conforme moderne : des manoirs prétentieux, des jardins taillés au cordeau et surtout des medbox capables de guérir instantanément son utilisateur, alors qu'en bas, la population souffre et se meure dans l'indifférence.

 

Une vision binaire riches vs pauvres qui ne permet jamais au film d'atteindre pleinement ses objectifs d'universalité. Mais Elysium et son univers cyber‑punk trop propret peut aussi se voir comme l'aube du blockbuster futuriste et écologique efficace. Le film pose enfin la question d'une société entièrement régie par la dématérialisation de ses données. À méditer.

Carina Ramon - Publié le 25/11/13
Liste des bonus
- Espace art concept (20')
- Le réveil de Kruger, scène étendue (2')
- Voyage jusqu'à Elysium : pré‑production, tournage à Vancouver et au Mexique, post‑production et montage (46')
- Focus sur le casting et le travail avec les comédiens (13')
- La technologie de 2154 : conçue par Weta, les studios new‑zélandais de Peter Jackson (10')
- Les effets visuels (10')
- Zoom sur la collaboration avec Syd Mead, célèbre concepteur visuel (12')
- Possibilité de partager le film à plusieurs dans le Cloud via le label UV (UltraViolet)
- Bandes-annonces


Commentaire

L'espace réservé aux croquis préparatoires est hyper‑abouti. Neill Blomkamp a lui‑même créé un roman graphique en parallèle de l'écriture de son scénario (une année de travail), afin de convaincre les comédiens de sa vision du film. Quant à Matt Damon, il avoue être arrivé à son premier RV avec le cinéaste avec la ferme intention, si nécessaire, de le supplier de l'embarquer dans l'aventure.

On comprend très vite que Blomkamp est un maniaque du détail assez génial. Ce qui ne l'a pas empêché de faire appel à Syd Mead pour ses décors, grand concepteur visuel des années 70 et 80 issu du design industriel, qui a notamment œuvré sur Blade Runner, Tron, Star War ou Alien. Sa spécialité : le dessin au crayon et à la gouache, à l'ancienne, pour un résultat splendide à l'écran.

Bref, vous en apprendrez beaucoup ici sur la conception de l'univers graphique du film (sans doute la partie la plus intéressante avec le travail des studios Weta autour des effets spéciaux et de la fabrication de vrais androïdes pour le plus de naturel possible) et découvrirez un tout jeune réalisateur de 34 ans qui a déjà l'air d'un (très) grand.

Note bonus : 4/6
Image

Brute et chaotique sur la Terre (caméras à l'épaule), ordonnée et paisible sur Elysium (longs travellings élégants), deux univers s'affrontent dans ce film d'une grande beauté plastique. La crasse d'un côté, la classe de l'autre. Les pauvres et les riches. Tout est ici symbole mais hyper‑réaliste, c'est la grande force du film. Une ambiance immédiatement reconnaissable pour ceux qui ont vu District 9.

Doté d'effets spéciaux haut de gamme issus des studios Weta de Peter Jackson, le film de Neill Blomkamp s'appuie aussi le plus souvent possible sur des androïdes construits en chair et en boulons. Effet naturel et actuel garanti malgré l'époque à laquelle sont censés se dérouler les faits : 2154. C'est juste après‑demain, lorsque Bugati se sera reconverti dans la fabrication de navettes spatiales individuelles grand luxe et Kawasaki dans la conception d'exosquelettes high‑tech (quand à Addidas ‑beau placement de produit en ouverture du film‑ eh bien la marque fera toujours des baskets, il y a des immuables comme ça…).

Ce Blu‑Ray, vous l'imaginez, ne souffre d'aucun défaut et mérite pleinement sa note maximale. Quand le parti pris assumé est doublé comme ici d'une technique à tout épreuve, on en prend plein les yeux (piqué, contraste, profondeur, effets spéciaux fluides et parfaitement intégrés en pleine lumière, sans effet Photoshop, tout est là). Avec une mention spéciale pour le look d'Elysium, en forme de planète incurvée, dessin de Syd Mead issu d'un ancien numéro du National Geographic, qui a toujours hanté Neill Blomkamp depuis son enfance.

Top image : 01'03 (la Terre dévastée, suivie de la découverte d'Elysium), 17'06 (première arrivée sur Elysium), 45'43 (Kruger reprend du service…), 75'56 (crash sur Elysium)
Note image : 6/6
Son

Le risque avec ce genre de film, c'est évidemment de se laisser prendre dans le piège de la surenchère auditive. Travers qu'Elysium évite avec grand art. La multiplicité des sons, des déflagrations et autres charges sonores vous immergent au cœur du film, tout en vous laissant suffisamment respirer pour reprendre votre souffle. Comme souvent, tout est dans le dosage.

De l'action pure donc, mais non dénuée de réflexion. Sans oublier la bande‑son signée Ryan Amon, pas spécialement mémorable mais suffisamment bien faite pour souligner l'univers métallique et chaotique recherché par le réalisateur.

Les amateurs de VF ne seront pas déçus de son mordant, ni de sa présence (malgré un petit manque de cohérence et d'activité Surround), tandis que les adorateurs de VO entendront la scène sonore en taille XXL avec plus d'équilibre, d'emphase et de lyrisme. Et profiteront des voix d'origine, apportant encore davantage de cohérence à l'ensemble.

Top son : 47'52 (duel à la mitrailleuse), 88'21 (ça chauffe dans l'armurerie)
Note son : 6/6


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