La porte du paradis

Heaven's Gate - Collector
Année : 1980
Réalisateur : Michael Cimino
Interprètes : Kris Kristofferson, Christopher Walken, Jeff Bridges
Éditeur : Carlotta
BD : 2 BD-50, 217', zone B
Genre : drame, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 20/11/13
Prix ind. : 24,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (AVC)
16/9
Bande-son
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres
Français
Amazon
24,99 €
Selon la légende, qui est peut‑être la vérité, Michael Cimino occupe la place peu envieuse de l’homme qui, en un film (La porte du paradis), a fait chuter un studio ‑la United Artists cofondée en 1919 par Chaplin, Fairbanks et Pickford‑ et tout ce cinéma américain des années 1970 sur lequel tant de spectateurs et de cinéastes fantasment. Il serait ainsi celui qui a transformé la réalité d’une décennie prodigieuse où tout semblait possible, en une frontière romantique d’autant plus désirable qu’elle serait, encore à cause de lui, devenue inaccessible.

Point d’orgue de la carrière de Cimino et point aveugle du cinéma américain de ces quarante dernières années, La porte du paradis c’est Naissance d’une nation de D.W. Griffith passée au filtre viscontien, un chef‑d’œuvre noir toujours en salle d’attente critique, auquel cette copie intégrale et restaurée devrait enfin rendre justice.

Le film prend comme point de départ un épisode sombre et peu connu de l’histoire de l’Amérique, la guerre du comté de Johnson, survenue au début des années 1890, lorsque des éleveurs du Wyoming embauchent des mercenaires afin de tuer 125 nouveaux immigrants, essentiellement venus d’Europe de l’Est, et accusés d’être des voleurs de bétail. Le film débute en 1870, à Harvard, au moment de la remise des diplômes des étudiants de l’université, et se focalise d’emblée sur deux d’entre eux, James Averill et William Irvine. Flots de paroles insipides, décorum somptueux, soit l’élite huppée d’une aristocratie pour qui le monde (des privilèges) jouit de son immobilité et n’a aucune raison de changer.

Vint ans plus tard, en 1890, on retrouve James Averill, devenu shérif du comté de Johnson, dans le Wyoming. La barbe grisonnante, Averill débarque d’un train à Casper, une petite ville de l’Ouest en pleine ébullition : des mercenaires s’organisent afin de préparer la guerre qui, à la fin de cet épisode central, opposera immigrants d’Europe de l’Est ayant acquis des petits lopins de terre et propriétaires terriens qui entendent bien conserver leurs verts pâturage.

Sur fond de guerre civile, on découvre un triangle amoureux composé de Averill, de Nate Champion, un mercenaire travaillant pour le compte des éleveurs, et d’Ella Watson, jeune tenancière du bordel local. Voici l’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma américain, une œuvre monumentale et intime, épique et mélancolique, d’une beauté à couper le souffle. Mais pour Cimino, auréolé du succès de son Voyage au bout de l’enfer, La porte du paradis sera son purgatoire. Un chef‑d’œuvre.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 27/01/14

Cinécult' Michael Cimino : l'homme de l'ombre

Le premier film obtint un succès public et critique considérable (cinq Oscars dont celui du meilleur Film et de la Meilleure mise en scène), le second fut un échec colossal et le plus gros naufrage de l’histoire du cinéma. Une défaite cuisante dont Cimino ne s’est jamais totalement remis.

Lire la suite
Liste des bonus
- Introduction de Michael Cimino (5')
- Bandes-annonces
- Retour au Paradis (50')
- Les interviews de Kris Kristoferson, Isabelle Huppert, Jeff Bridges et David Mansield (68')
- Zoom sur la restauration  (3')
- Livret de notes et de photos sur le film Illusions perdues et retrouvées


Commentaire
Du livret au petit sujet sur la restauration du film, en passant par les interviews et Retour au Paradis, tout est précieux au sein de cette interactivité. Somptueux, même.
Note bonus : 5/6
Image
Grâce aux travaux de restauration, le film paraît aujourd'hui sur un Blu-Ray presque parfait. Presque, car un léger voile granuleux persiste et des parasites subsistent, mais tout cela n'empêche pas les couleurs d'être beaucoup plus lumineuses et plus généreuses qu'auparavant et la définition d'être relativement précise. Ce qui permet enfin d'apprécier à sa juste valeur la beauté des décors. Une belle copie donc, malgré de petits défauts résiduels.
Top image : aucun
Note image : 5/6
Son
Techniquement, la piste 5.1 n'est évidemment pas au niveau de l'image et ne possède qu'une envergure limitée. Toutefois, les dialogues s'avèrent un peu plus précis qu'auparavant, les ambiances agréables et la musique de David Mansfield prend ses aises sur les deux voies stéréo. Les surrounds et le subwoofer, en revanche, ne sont là que pour décorer.
Top son : aucun
Note son : 4/6


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