Midway

Année : 2019
Réalisateur : Roland Emmerich
Interprètes : Patrick Wilson, Woody Harrelson, Ed Skrein, Dennis Quaid, Luke Evans, Aaron Eckhart, Mandy Moore
Éditeur : Metropolitan Film & Vidéo
BD : 1 UHD-99 + 1 BD-50, 138', toutes zones
Genre : guerre, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 06/03/20
Prix ind. : 29,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
UHD 2 160p (HEVC)
HDR10
HDR Dolby Vision
16/9
Bande-son
Français DTS‑HD Master Audio 7.1
Anglais DTS‑HD Master Audio 7.1
Sous-titres
Français, français pour sourds et malentendants
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Après la débâcle de Pearl Harbor en décembre 1941, la marine américaine est décimée et l’armée japonaise se prépare déjà à mener une nouvelle offensive pour définitivement anéantir les forces aéronavales américaines restantes. Tout va se jouer dans sur un petit atoll isolé du Pacific Nord : Midway.


Après 2012, White House Down et plus récemment Independence Day Resurgence, pour son nouveau film à gros budget (100 millions de dollars) auquel il pense depuis plus de vingt ans, le réalisateur Roland Emmerich donne sa version cinématographique de la bataille de Midway. Une vision historiquement irréprochable, calée chronologiquement sur les faits qui se sont déroulés de part et d'autres des deux camps. Et tout y est : l'arrivée de l'Amiral Nimitz pour regonfler le moral des troupes et faire face aux conséquences de la pire défaite militaire des États‑Unis, le craquage des codes japonais par le fantasque Joe Rochefort (musicien à la base, selon les spécialistes, son travail aurait permis de raccourcir la guerre du Pacifique d'un an et aurait sauvé des milliers de vies), le pilote de bombardier tombé à l'eau, seul survivant de l'escadron qui coula le dernier porte‑avions japonais, les 250 000 Chinois tués en représailles pour avoir aidé les troupes américaines, etc. Un travail colossal de reconstitution mis en image de manière linéaire sans (trop) de triomphalisme ni patriotisme.

 

Bénéficiant d’un impressionnant casting avec Patrick Wilson, Ed Skrein, Luke Evans, Aaron Eckhart et Mandy Moore, le réalisateur retrouve aussi Woody Harrelson qu’il avait dirigé dans 2012 et Dennis Quaid, qu’il avait mis en scène dans Le jour d’après. Pour raconter cette histoire, le scénario de Wes Tooke met en perspective trois points de vue différents : celui des pilotes à bord du porte‑avions USS Enterprise, celui des forces japonaises et le rôle crucial de l’officier de renseignements de marine Edwin Layton dans l’issue de la bataille. Il est ici incarné avec brio par Patrick Wilson.

 

Si la reconstitution historique réaliste de l’époque (le film a réellement posé ses caméras à Pearl Harbour dans un souci d'authenticité) et les combats assez spectaculaires forcent le respect, il faudra toutefois faire avec un univers tout‑numérique parfois brouillon manquant de subtilité, d'autant plus par le prisme de la 4K. Reste que s'il n’atteint pas le rendu esthétique ni la dimension à la fois tragique et héroïque du Dunkerque de Christopher Nolan, Midway fait le job et même plus, montrant le courage de tous les combattants au cours d'une lutte acharnée de laquelle ils ne pensaient ne jamais revenir, ainsi qu'une partie plus méconnue chez nous de l'Histoire de la Seconde guerre mondiale. Un spectacle assurément épique.

Cédric Melon - Publié le 03/03/20
Liste des bonus
- Making of (14')
- Les hommes de Midway (12')
- Roland Emmerich (5')
- L'héritage de la bataille (15')
- Décrypter les messages codés (6')
- Deux survivants se souviennent (10')
- Commentaires audio en VO non sous-titrée


Commentaire

En gros, un ou deux gros sujets saucissonnés en différents modules agréables à suivre et informatifs. On apprend notamment que le réalisateur rêvait de faire ce film depuis plus de vingt ans, qu'il est bien sûr allé voir Sony avec qui il avait déjà tourné Godzilla, mais que la perspective de dépenser autant d'argent pour des heures sombres de leur histoire n'a pas fait plus que cela déborder l'enthousiasme des pontes japonais du studio.

 

Toutes les coulisses du film sont dévoilées au cours des entretiens face caméra (le premier jour de tournage à Pearl Harbour, le plateau colossal reconstituant en grande partie de pont de l'USS Enterprise), ainsi que la capacité de Roland Emerich à s'emparer de sujets monstres épiques. L'équipe loue son savoir‑faire certain en la matière, mais ce sont surtout des spécialistes de l'aviation et de la Seconde Guerre mondiale qui nous captivent avec une succession de faits historiques, de chiffres, d'infos sur la tactique américaine et sur l'esprit qui animait alors les pilotes (très bon module L'héritage de la bataille). Un intervenant peine à retenir ses larmes.

 

Même émotion avec le témoignage de deux vétérans, un responsable radio et un mitrailleur. Leurs souvenirs si précis des événements, leur esprit de camaraderie exacerbé et leur courage forcent le respect.

Note bonus : 5/6
Image

Sans ressembler aux images 4K Ultra HD habituelles pour cause d'engorgement de fonds bleus et d'effets numériques tous azimuts (la mer, les porte‑avions, les combats aériens, bref, presque tout), Midway a toutefois le réalisme chevillé au corps, profitant de la moindre occasion pour ramener du concret et des décors « en dur » dans le cadre. Profitant du plus grand plateau de cinéma des USA, le réalisateur a par exemple reconstitué en studio une large partie du pont de l'USS Enterprise, ainsi que des lieux symboliques comme le mess ou la salle de commandement des pilotes. En résultent un rendu à la fois crédible et une unité graphique à base d'effets spéciaux certes, mais cohérente. Les tons bruns/beiges de la photographie sont parfaits avec leur esprit sépia pour un effet aussi organique que possible, voire granuleux pour tenter de s'approcher d'un rendu argentique et contextualiser l'époque. 

 

Un film à apprécier dans son ensemble donc et non scène par scène, montrant des combats aériens dantesques malgré une lumière diffuse qui apporte un côté parfois brouillon/sale. La précision de la 4K n'est pas aussi visible qu'habituellement (le Digital Intermediate est seulement 2K) mais le procédé apporte un surcroît de lumière et justement une lisibilité des combats aériens bien plus efficiente qu'en simple Blu‑Ray. Le HDR Dolby Vision apporte pour sa part un regain de reflets appréciable, notamment au niveau des carlingues des avions. Quelques éclats de rouge et de bleu boostés font aussi leur petit effet. Les amateurs de grand spectacle ne sont pas déçus à une condition : ne pas se focaliser sur les effets spéciaux mais sur la montée en puissance des combats (leur intensité y contribue largement).

Top image : aucun
Note image : 4/6
Son

L'absence de Dolby Atmos nuit‑elle à la bande‑son du film. Forcément un peu. Particulièrement dans le cas des attaques aériennes avec les piqués des bombardiers fonçant droit sur leur cible, nul doute que l'effet dôme ressenti en Dolby Atmos nous aurait encore davantage fait vibrer, nous immergeant encore plus dans le cockpit. Et comme les attaques, combats et explosions représentent environ 80% du film, l'absence d'un tel arsenal sonore est évidemment regrettable. 

 

Mais la question est : un film de guerre, fût‑il en noir et blanc et en mono, peut‑il être un grand film ? Évidemment. Moralité, de la technique utilisée ne dépend pas tout. Et Midway en a suffisamment sous le capot pour tenir le choc techniquement, rester crédible dans les nombreuses scènes d'action et faire oublier cette cerise sur le gâteau qui aurait sans doute fait les beaux jours des salles démo.

 

En l'état, la VO DTS‑HD Master Audio 7.1 très dynamique parvient non seulement à tracer tous les passages d'avions dans la pièce (les sous‑marins aussi, les moteurs, la mitraille, les bombes, les vagues, etc.) mais aussi ‑et c'est une bonne surprise‑ à ne pas nous abrutir avec une puissance sonore surdosée démoniaque. Vu la durée du film, préserver nos oreilles est sans doute une qualité plus qu'un défaut, d'autant que les effets sont là, nombreux et puissants, assistés de salves d'infragraves très travaillés. On vous le garantit, cette VO et son caisson font le job même s'il reste forcément un goût d'inachevé sur un film tout entier dédié au gigantisme, à l'immersion et à la démo. À noter, la composition « martiale mais pas trop » de Thomas Wander et Harald Kloser.

Top son : aucun
Note son : 5/6



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