1917

Année : 2019
Réalisateur : Sam Mendes
Interprètes : George MacKay, Dean-Charles Chapman, Colin Firth, Mark Strong, Benedict Cumberbatch, Richard Madden
Éditeur : Universal
BD : 1 UHD-99 + 1 BD-50, 119', toutes zones
Genre : guerre, couleurs
Interdiction : tous publics (certaines scènes peuvent choquer les jeunes spectateurs)
Sortie : 24/06/20
Prix ind. : 29,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
UHD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10+
16/9
Bande-son
Français Dolby Digital Plus 7.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
Thaï Dolby Digital 5.1
Sous-titres
Français, anglais, thaïlandais, chinois
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Charles Baudelaire a écrit « La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu’il n’existe pas ». Loin de nous l’idée d'accoler Sam Mendes à Satan, mais il est à coup sûr le plus rusé des cinéastes. Et assurément un technicien hors pair. Avec son film en unique faux plan‑séquence qui a fait débat avant même sa sortie (on rappelle au passage que Snake Eyes et La corde reposaient déjà sur le même principe, tout comme Victoria, un film allemand de 2015 véritablement tourné en une seule séquence de 2h14 sans trucage ni coupure cette fois), il a malheureusement involontairement éclipsé l'histoire même du film, un projet très personnel pour Sam Mendes, qui livre ici un hommage à son arrière‑grand‑père, le caporal Alfred Hubert Mendes, dont les souvenirs de guerre ont hanté l'enfance du cinéaste.


1917 s’inscrit dans le sillage de deux soldats britanniques (George MacKay et Dean‑Charles Chapman, parfaits) qui se voient confier une mission de la plus haute importance mais suicidaire : apporter un message à des kilomètres de leur position au général en charge d'un assaut crucial. Un message qui pourrait éviter des milliers de morts à l’armée anglaise, mais aussi sauver la vie du frère d’un des deux soldats, enrôlé dans le bataillon qui s'apprête à donner l'assaut. La mission est d’autant plus périlleuse que le temps presse, et que pour rejoindre au plus vite le général en question, il faut traverser les lignes ennemies. 


Pour donner l'illusion de son unique plan‑séquence, Sam Mendes (Skyfall, Spectre) s’est appuyé sur un immense directeur de la photo, Roger Deakins, et sur des décors recréés à taille réelle afin de laisser tourner les caméras le plus longtemps possible (généralement des prises de 7 voire 9 minutes). Et le résultat atteint parfaitement le but recherché : une plongée en apnée aux côtés des deux soldats, sans coupe apparente et surtout sans répit. 

 

Avec ses séquences à la fois saisissantes (les longs travellings dans les tranchées rappellent ceux des Sentiers de la gloire de Kubrick), magnifiques (le champ de ruines et son jeu d'ombres effrayant) et parfois carrément émouvantes, comme la rencontre éclairée à la bougie juste avant la fin du film, 1917 parvient à mêler le fond et la forme dans un bel exercice de style même si le dispositif ‑extrêmement lourd à mettre en place, voir les excellents bonus‑ n'était pas forcément utile au film dans son intégralité. Une course contre la mort lancée à toute allure qui éclipse parfois le destin de certains personnages que l'on aurait aimé voir davantage (Colin Firth, Andrew Scott, Mark Strong, Benedict Cumberbatch et Richard Madden font de très courtes apparitions).

 

À défaut d’être un grand film en plan‑séquence, 1917 est un bon film avec de grands moments. C’est déjà pas mal.

Cédric Melon - Publié le 29/06/20
Liste des bonus
- Commentaires audio du réalisateur/co‑scénariste Sam Mendes
- Commentaires audio du directeur de la photographie Roger Deakins
- Le poids du monde : Sam Mendes (4')
- Les forces alliées : le tournage de 1917 (12')
- La bande originale de 1917 (4')
- Dans les tranchées (7')
- Recréer l’Histoire (10')
- Blu-Ray du film


Commentaire

D'excellents bonus révélant les dessous du film, notamment les techniques utilisées pour tourner des plans jusqu'à 9 minutes sans coupures et nécessitant des répétitions dantesques dans des décors à 360° non moins impressionnants. Exemple : cette tranchée grandeur nature de plus d'un kilomètre de long recréée dans les moindres détails de l'époque. Une méthode de tournage qui donnait aussi aux comédiens l'occasion de s'immerger dans leur jeu et leur personnage bien plus longtemps qu'à l'accoutumée. À tel point que le visage bleui de George MacKay lors d'une scène déchirante n'est dû qu'à son pur jeu d'acteur. On découvre peu à peu l'extraordinaire armada derrière ce projet titanesque, qui a nécessité cinq fois plus de préparation que pour un film « normal ».

 

Des modules passionnants doublés de commentaires audio non moins captivants où le réalisateur et Roger Deakins décryptent chacun à leur tour leur travail sur le film. Une véritable leçon de cinéma bourrée de détails et d'anecdotes (les noms du film ont presque tous été empruntés à l'équipe anglaise de cricket). Sam Mendes explique notamment une technique venue des James Bond qu'il a réalisés et permettant par un jeu d'effets spéciaux, de CGI, de miroirs et de mise en scène, de donner l'impression d'un effet de distance qui se réduit à vitesse grand V (avion qui fonce sur le héros et sur le spectateur). Excellent.

Note bonus : 5/6
Image

Avec ses tons caramel puissants et ses éclairages naturels (impossible de faire autrement avec des décors réels de cette envergure, à part quelques bougies et une tour bardée de projecteurs pour simuler l'embrasement de l'Église en post‑production), 1917 étonne par sa précision et son piqué compte tenu de l'ambiance générale très sombre et du chemin parcouru par les opérateurs caméra (steadycam, stabilisateurs, etc.), parfois sur plusieurs centaines de mètres, passant même de mains en mains. Le réalisateur et son directeur photo Roger Deakins ont justement attendu ‑et sans doute un peu accéléré‑ la sortie de la Mini LF Arri Alexa, seule caméra de si faible poids capable d'une telle définition, ici 4.5K (d'où le Digital Intermediate 4K). 

 

Et le résultat est étonnant, capable aussi bien d'un réalisme cruel que de raffinement lorsqu'il s'agit de capter des scènes de toute beauté comme le verger en fleurs ou le jeu d'ombre nocturne dans les ruines d'un village uniquement éclairées par une Église en feu et des fusées de détresse (et sans doute la plus belle scène du film, théâtrale et majestueuse). Bien sûr, le visage rincé d'épuisement et de peur des deux soldats apparaît vibrant et touchant. Une grande et belle image sublimée par un HDR Dolby Vision/HDR10+ qui donne de la profondeur, du relief, du contraste, de la lumière et un dégradé de tons terreux et verts jamais délavés qui sculptent littéralement le film. Une prouesse technique, à tous les niveaux, qui écrase littéralement la version simple Blu‑Ray.

 

Allez, seul petit reproche, c'est tellement beau que les tenues des soldats paraissent presque trop neuves et propres pour être vraies… c'est dire le niveau de précision.

Top image : aucun
Note image : 6/6
Son

Dans cette course folle à travers le no mad's land et les lignes de front où l'ennemi rôde de toutes parts, la composition de Thomas Newman à base de cordes et de cuivres se démarque avec force du classique film de guerre et participe pleinement à l'action sans écraser le reste, réservant même des moments plus calmes. Un support à l'émotion brute où les basses et les infragraves ne sont pas oubliées lors des explosions et des combats. D'autant plus en VO Dolby Atmos. Le spectateur est alors propulsé dans le champ sonore et cerné de toutes parts dans le bruit sourd des déflagrations, comme enveloppé par son environnement. Avions, coups de feu, cris, tout prend beaucoup plus d'ampleur, épousant parfaitement la volonté de réalisme de Sam Mendes.


Avec un débit entre 4 et 7 fois inférieur, la VF ne peut lutter. À son avantage, un bon doublage même si le jeu des comédiens propose une version moins intense que l'original.

Top son : aucun
Note son : 6/6



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