L'enfer

Année : 1994
Réalisateur : Claude Chabrol
Interprètes : Emmanuelle Béart, François Cluzet, Nathalie Cardone, André Wilms, Marc Lavoine, Jean-Pierre Cassel
Éditeur : Carlotta
BD : BD-50, 102', zone B
Genre : drame, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 07/04/21
Prix ind. : 19,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
1.66
HD 1 080p (AVC)
16/9
Bande-son
Français DTS‑HD Master Audio 2.0
Français Audiodescription
Sous-titres
Français pour sourds et malentendants
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Fnac
19,99 €

Paul (François Cluzet) est un homme et jeune papa comblé. Marié à Nelly (Emmanuelle Béart), l’une des plus belles filles de la région, il vient de faire l’acquisition d’une auberge de charme près d’un lac. Mais bientôt les difficultés financières s’accumulent, sans compter la concurrence de plus en plus féroce. Encore que ces désagréments paraissent anodins face à la jalousie maladive que Paul éprouve à l’égard de sa femme, trop provocante à son goût.


Initialement, L'enfer se prédestinait à être le onzième long métrage de H‑G Clouzot (voir l'autre Enferversion Serge Bromberg) avec l'immense Romy Schneider en tête d'affiche. Le tournage suspendu suite à l'arrêt cardiaque du cinéaste, le film trouve toutefois un second souffle grâce à son épouse qui confie le scénario à Marin Karmitz. Le producteur pense instantanément à Chabrol. En effet, quel autre réalisateur aurait pu mieux que lui appréhender l'obsession et les méandres de la folie ?

 

Peu à peu, les projections de Paul (Cluzet, formidable) gagnent le terrain de la réalité, jusqu'à ce que cette progression atteigne un degré d'exaltation incontrôlable. Chaque tentative de correspondance entre sa pensée et la vérité (Nelly joue t‑elle avec lui ou n'est‑elle que l'objet d'un désir contrarié ?) se solde par une extrême ambiguité. Les petits gestes qui soulignent l'obsession, accompagné d'un travail minutieux sur le son (mental et confus), confortent le protagoniste vers l'enfer du doute. Prisonnière de sa dérive mentale, Nelly devient cet Autre « diabolique » qu'il ne voit plus que sous le prisme de la folie. Du grand Chabrol. 

Carole Lépinay - Publié le 28/06/21
Liste des bonus
- Présentation du film par Joël Magny (3')
- Commentaires audio de Claude Chabrol (38')
- À propos de Clouzot (11')
- Conversation avec Marin Karmitz (25')
- Bande-annonce originale


Commentaire

Joël Magny nous fait part de quelques pistes sur le film, comme ce début très chabrolien qu'il analyse avec pertinence. Il évoque aussi le passage de relais entre H‑G Clouzot et le cinéaste prolifique. Initalement, L'enfer se prédestinait à être le onzième film (avec Romy Schneider) du réalisateur des Diaboliques, mais l'hospitalisation de Serge Reggiani et l'accident cardiaque de Clouzot mirent malheureusement fin au tournage. 

 

« Quand l'image ne confirme pas les soupçons, elle les fabrique ». Décryptage en profondeur de trois séquences fortes du film en compagnie de de Claude Chabrol.

 

Obsession : lors d'une scène où Paul se met à traquer sa femme comme un détective privé, le couple se retrouve dans la voiture, filmé en surimpression derrière les vitres. Chabrol entend ainsi apporter un élément fantasmé, la frontière entre une réalité tangible et celle délirée par Paul étant toujours ténue. Chabrol relève la présence de petits points noirs se fondant sur le soleil lors de son évanouissement, symboles d'une vérité clinique, ces derniers étaient mentionnés dans le scénario de Clouzot.

 

La séance de cinéma : dans cette scène, l'un des clients de l'auberge propose une projection collective de son film amateur dans la salle de restauration, Paul est alors assailli par des visions adultères. Un étrange rapport (pour ne pas dire un décalage) s'établit entre le petit film anodin et la succession de flashs érotiques qui va le faire vriller. 

 

L'enfer : la scène finale se déroule dans le chambre du couple, on assiste à la crise de folie paroxystique de Paul qui drogue Nelly et l'attache au barreau du lit. On bascule dans l'enfer soumis à une temporalité qui se dilate puis n'existe plus. Chabrol explique l'alternance de plans très rapprochés et de plans d'ensemble qui permet de circonscrire la chambre convertie en lieu de torture. Par ailleurs, le couple prisonnier de la folie de Paul s'enferme dans une spirale disposée à un éternel recommencement, en atteste le « sans fin » du pré‑générique (une idée de Clouzot). 

 

Le cinéaste nous parle également de son amitié avec Clouzot, son grand compagnon de bridge. Il revient sur les trois versions initiales du scénario : la première l'a systématiquement emballé, la deuxième prenait une direction qui ne correspondait pas à ses attentes et encore moins la dernière, dont l'intention esthéisante correspondait aux préoccupations formelles de Clouzot après la réalisation de La Prisonnière (la cinétique, l'expérimentation de plans à la limite du subliminal).

 

Marin Karmitz rencontre Claude Chabrol en mai 68. Quand bien même sa tenue guindée costume/ cravate détonne au milieu des manifestants en jean/blouson, Chabrol éprouve le même goût pour la liberté et un mépris profond des convenances. Karmitz retrouve Chabrol suite à l'échec de l'un de ses films et devient son producteur. En plus d'un hommage sensible au cinéaste, il nous parle d'un système à l'ancienne où ses films se concevaient sans attendre l'aval de la télévison, des banques, ou encore l'aide du CNC. « Une liberté qui n'existe plus au cinéma », regrette t‑il... 

 

À noter, un coffret Chaude Chabrol intitulé Suspense au féminin est aussi disponible, incluant La cérémonie, Rien ne va plus, Merci pour le chocolatLa fleur du Mal et L'enfer.

Note bonus : 5/6
Image

Le soleil, la beauté des lieux comme celle de Nelly, tout irradie avec des tons chauds élégants et réconfortants. Mais sous le vernis et l'atmosphère guillerette, la tension et la paranoïa avec des contrastes marqués à l'écran (blancs et noirs très marqués). Et même si la lumière est toujours palpable, le côté sombre du film se fait de plus en plus jour. Quelques fourmillements demeurent également.

Top image : aucun
Note image : 4/6
Son

Un orchestre symphonique à la manœuvre pour une bande‑son aussi légère qu'intriguante. La stéréo remplit son office, le son est clair et les dialogues sont impeccables.

Top son : aucun
Note son : 4/6



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