The Addiction

Année : 1995
Réalisateur : Abel Ferrara
Interprètes : Lili Taylor, Christopher Walken, Annabella Sciorra, Edie Falco, Paul Calderon, Fredro Starr
Éditeur : Carlotta
BD : BD-50, 82', zone B
Genre : horreur, N&B
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 24/03/21
Prix ind. : 19,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
1.78
HD 1 080p (AVC)
16/9
Bande-son
Anglais DTS‑HD Master Audio 5.1
Anglais DTS‑HD Master Audio 2.0
Sous-titres
Français
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New York. Un soir, Kathleen Conklin (Lili Taylor), doctorante en philosophie, est mordue par une étrange et séduisante femme dans une impasse. Métamorphosée en vampire, celle‑ci n’épargnera ni ses proches, ni les inconnus sur son passage…


Succédant au remarquable Body Snatchers, l’invasion continue (1993) et Snake Eyes réalisé la même année avec Madonna et Harvey Keitel, The Addiction permet aussi bien à Abel Ferrara de revisiter le film de vampires que d’envisager New York, sa ville de naissance, comme un antre dédaléen et cauchemardesque.

 

Scénarisé par Nicholas St. John (collaborateur de longue date) et tourné avec un budget dérisoire, le film peut refroidir avec ses références philosophiques et littéraires abondantes. Nietzsche, Kirkegaard, Sartre, Baudelaire… autant de réflexions métaphysiques qui parcourent le récit contradictoire d’une errance et d’une quête d’absolu sans cesse rattrapée par la culpabilité.

 

Pour vivre l’expérience du Mal, Kathleen doit écarter sa thèse ‑pur objet théorique‑ et agir en dépit de la souffrance engendrée par le manque. Ses pulsions sanguinaires cristallisent toute la monstruosité du monde (ouverture du film sur des archives du massacre de My Lai au Vietnam, exposition sur les camps d’extermination à la suite de laquelle la voix d’Adolf Hitler hantera son quotidien…), de même qu’elles orchestrent l’éprouvante descente aux enfers d’une droguée au sens large. The Addiction demeure de loin l’œuvre la plus personnelle de Ferrara.

Carole Lépinay - Publié le 20/09/21
Liste des bonus
- Entretien avec les vampires (31')
- Entretien avec Abel Ferrara (16')
- Analyse de Brad Stevens (9')
- Abel Ferrara pendant le montage (9')
- Bande-annonce originale


Commentaire

Afin de s'imprégner de son rôle, l'actrice Lily Taylor a dû se métamorphoser en noctambule et s'imprégner de l'atmosphère si particulière de NYC une fois la nuit venue. Elle nous raconte ses errances nocturnes et reste encore impressionnée par la scène finale du film où « la bestialité carnivore » éradique toute notion de Bien et de Mal. L'actrice ne manque pas de féliciter la performance de Christopher Walken, très admirative, elle relève son authentique « instinct d'acteur ».  

 

Posé dans ce qu'il appelle son « sanatorium », l'immense Walken parle du statut d'acteur passé 70 ans. Avec une sympathique dose d'autodérison, il lâche que les rôles de grand‑père ou de vieil oncle sont à peu près les seuls rôles qu'on lui caserait désormais… « Les acteurs ne partent pas à la retraite, on les met à la retraite ». Danseur de formation, on comprend qu'il « apprend juste ses répliques » sans chercher absolument à « éprouver » ce que son personnage ressent (se sentir un vampire par exemple). Selon sa conception, l'acteur devient naturellement la personne qu'il prétend être, tout juste dans la continuité du scénario, le public le percevra à son tour de cette manière… Une approche très personnelle mais absolument pertinente. 

 

Réalisé après Snake Eyes (1993, avec Harvey Keitel et Madonna), The Addiction permet à Ferrara de renouer avec sa ville de prédilection et un filmage abrupt, fauché, loin des impératifs budgétaires des studios hollywoodiens. Il évoque les temps forts de la réalisation qui rappellent ses débuts : réalisés entre la fin des années 70 et début 80, filmés à l'arrache dans la rue, The Driller killerCould this be Love ou le cultissime Ms.45 (L'ange de la vengeance) témoignent de l'investissement et de l'énergie dingues d'une équipe davantage portée par une fougue artistique que des préoccupations pécunières. Concernant The Addiction, l'équipe a accepté de tourner sans être payée, in fine, tout le monde a touché la moitié du salaire normal.  

 

Le critique de cinéma britannique Brad Stevens propose quant à lui quelques pistes de lecture du film, notamment une certaine similitude avec L'ange de la vengeance pour la solitude du personnnage ‑féminin de surcroît‑, la ville de NYC et sa dimension prédatrice. Il cite le philosophe Wittgenstein dont les principes, selon lui, entrent en résonance avec le film. De toute évidence, les traditionnelles interrogations affleurent quand on parle du cinéma de Ferrara : la vision chrétienne du péché et de la rédemption qu'il impute au scénariste Nicholas St. John pourrait parfaitement s'accorder avec celle de Ferrara.  

 

Enfin, on retrouve Ferrara en pleine phase de montage à New York. « Sa » ville dont il célèbrera le mystère et l'intensité tout au long d'une rencontre arrosée au vin rouge et bientôt imbibée de références pêle‑mêle, de Nietzsche à Fassbinder…

 

Note bonus : 3/6
Image

Fruit d'une nouvelle restauration 4K, ce master N&B est plus beau que jamais (il a été validé par le réalisateur et son DOP Ken Kelsch). Les contrastes puissants nappent le film d'une ombre menaçante, les blancs jouent sur les niveaux de gris pour toujours plus d'ambiguïté et le petit grain (de rares fourmillments) confère au film une texture charnelle underground. Une ode au clair‑obsur.

Top image : aucun
Note image : 4/6
Son

Plus d'amphase, d'ampleur et de rumeurs de la ville en 5.1. Même si le film est assez taiseux, la bande‑son opère une trip singulier dans un univers nocturne parralèle. Voix logiquement plus en avant en stéréo.

Top son : aucun
Note son : 4/6



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