Du sang et des larmes

Lone Survivor
Année : 2013
Réalisateur : Peter Berg
Interprètes : Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch, Ben Foster, Ali Suliman, Eric Bana
Éditeur : M6 Vidéo
BD : UHD-66, 121', toutes zones
Genre : guerre, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 17/07/22
Prix ind. : 19,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
UHD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
Bande-son
Français DTS‑HD Master Audio 5.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
Sous-titres
Français, français pour sourds et malentendants
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Afghanistan, juin 2005. Des Marines américains, des Navy Seals, ont pour mission de localiser et d'éliminer un chef taliban. Le commando est surpris par un petit groupe de civils, qu'il libère malgré tout. Certains vont avertir les Talibans, refermant ainsi un piège mortel sur les soldats américains.

Peter Berg sait filmer efficacement l'action. Son travail sur Le royaume l'a prouvé malgré quelques dérapages nanars (Battleship). Son soin à présenter les quatre protagonistes, à coacher correctement ses acteurs pour qu'ils fassent des soldats crédibles ou à filmer avec énergie les combats, sont autant d'atouts indéniables. Mais ces efforts sont contrecarrés par son sujet même.

En manque de fiction

Très ému par le récit de cette authentique mission catastrophe livré par l'unique survivant du groupe, bouleversé par ses visites aux familles de Marines morts durant la mission (on le voit dans les bonus), Peter Berg s'applique maladroitement à livrer du « vrai », à réaliser non un film de guerre, mais à ériger une stèle à la mémoire des participants à l'opération Red Wing.

Cette révérence doublée d'un inlassable souci pathologique de coller à la réalité (qui faisait, sur un autre thème, toute la force de sa série Friday Night Lights) se retourne paradoxalement contre le film : s'il semble bien que les commandos US ont effectivement continué à combattre durablement alors qu'ils venaient d'encaisser de multiples balles (certains plus de dix !), au cinéma, la chose sonne totalement faux. Semble même outrancière. Qu'un cinéaste comme Sam Peckinpah achève sa Horde sauvage par une orgie sanglante avec des héros continuant à tuer à tout va alors qu'ils sont criblés de balles, c'est cohérent, c'est du Peckinpah.

Mais qu'un film comme Du sang et des larmes, une œuvre qui revendique à chaque seconde son réalisme, montre des soldats prenant des balles dans les pieds, le corps, les parties, les poumons, la tête, des soldats qui font des chutes de 15 m, percutent des rochers pointus et retrouvent leurs armes à leurs pieds, des soldats qui continuent à tirer avec des mains arrachées, désolé, on décroche. Filmer à tout prix la réalité ne fait pas forcément un bon film.


Entre réalité et lyrisme
Alors certes, pour expliquer la résistance surhumaine de ses héros, Berg prend le soin de montrer en pré‑générique l'entraînement monstrueux des Seals. Mais comment y croire quand le réalisateur bascule sans prévenir en mode lyrique pour transformer, par exemple, un magnifique sacrifice (montée de la montagne de Mike Murphy) en lourde séquence christique ponctuée de ralentis ? Comment adhérer quand Berg nous balance au visage un patriotisme américain à tout bout de champ ? Ce n'est, hélas, pas possible : le film nous a perdus. Et on le regrette car revoir aujourd'hui le film, dans le contexte mondial actuel, prend un sens encore plus lourd.

Paco Altura - Publié le 03/11/22
Liste des bonus
- Adapter l'histoire à l'écran (4')
- Apprendre les bases (5')
- Le Pachtounwali (3')
- Hommage aux héros de l'opération Red Wings (9')
- Recréer la fusillade (10')
- La détermination du combattant (28')


Commentaire

Un ensemble remarquablement cohérent et très bien conçu (VOST) montrant à la fois l'implication émotionnelle du réalisateur (premier module), l'application des acteurs (second module) et faisant même intervenir différents protagonistes réels de l'histoire. Si l'unique survivant du groupe est un homme plutôt réservé, on trouvera par contre des émotions fortes et non feintes lors de l'entretien entre Peter Berg et l'Afghan qui a sauvé l'unique survivant du groupe (module 3), ainsi que dans les larmes de certains parents des soldats morts au combat.

Ces bonus, notamment ceux consacrés aux réels protagonistes de l'histoire, prouvent par ailleurs de manière indiscutable que cette histoire aussi invraisemblable et ahurissante qu'elle puisse paraître a, au contraire, été réalisée avec un grand respect de la réalité. La chose est suffisamment rare à Hollywood pour mériter d'être soulignée.

Note bonus : 5/6
Image

Les très belles images stylées de Peter Berg tournées au Nouveau‑Mexique (caméra mouvante, dominante dorée, « flair » à gogo), ici réétalonnées en 4K HDR Dolby Vision (tournage numérique 5K mais Master Intermediate 2K), réussissent à capter dès les premières secondes la majesté des décors naturels où se déroule l'action et la paradoxale claustrophobie provoquée par des actions de guerre intenses grâce à une précision chirurgicale de la souffrance endurée par les soldats.

 

La colorimétrie saturée est superbe (d'ailleurs plus rouge que sur le dernier Blu‑Ray), les tons chauds de toute beauté et les contrastes ultra‑solides, forcément viriles et denses. Une très belle édition 4K concoctée par M6 Vidéo.

Top image : aucun
Note image : 6/6
Son

Cette édition 4K UHD gagne une VO Dolby Atmos extrêmement bienvenue, parfaitement calibrée pour les installations velues capables de mettre en scène et propulser les fusillades et les embuscades avec une pression acoustique démente et des basses comme on les aime dans ce genre de situation. Les balles aboient ou sifflent, les ambiances sont super présentes (même la moindre mouche ou craquement en forêt), la spatialisation prouve son efficacité sans trop en faire, à la fois subtile et suffisamment bien repartie pour une immersion totale, pour peu de se laisser prendre par le film.  

 

On redécouvre au passage la très belle BO éthérée de Steve Jablonsky. En VF DTS‑HD Master Audio 5.1, les voix apparaissent plus collées, moins bien intégrées. Elles nous rendent d'ailleurs simples spectateurs en instaurant une distance avec l'écran. 

Top son : aucun
Note son : 6/6



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