Invictus

Année : 2010
Réalisateur : Clint Eastwood
Interprètes : Morgan Freeman, Matt Damon, Scott Eastwood, Robert Hobbs, Langley Kirkwood, Penny Downie
Éditeur : Warner
BD : BD-50, 133', toutes zones
Genre : biopic, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 19/05/10
Prix ind. : 24,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (VC1)
16/9 compatible 4/3
Bande-son
Français Dolby Digital 5.1
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Portugais Dolby Digital 5.1
Allemand Dolby Digital 5.1
Italien Dolby Digital 5.1
Espagnol Dolby Digital 5.1
Hindi Dolby Digital 5.1
Voir plus
Sous-titres
Français, anglais, anglais pour sourds et malentendants, allemand, allemand pour sourds et malentendants, italien, italien pour sourds et malentendants, néerlandais, espagnol, coréen, danois, finnois, norvégien, suédois, hindi, chinois
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4,95 €
Qui mieux que Morgan Freeman, au‑delà de la ressemblance physique, d’un patronyme prédestiné (« freeman », l’homme libre) et des liens amicaux qu’il a noué avec l’ex‑président sud‑africain, pouvait donc incarner Nelson Mandela ?

Entre biopic hagiographique, fiction sportive et métaphore discrète (Mandela/Obama), Invictus, du nom du poème de Henley qui inspira Mandela lors de ses trente années de geôle, est de loin le film le plus optimiste de Clint Eastwood, 79 ans, le plus apaisé aussi.

Le film se concentre sur l’année 1995, moment charnière de la grande politique de réconciliation menée par Mandela, dans un pays qui danse alors au bord du volcan post‑Apartheid, entre désir de revanche des uns et crispation paranoïaque des autres. Comment réunifier un pays au seuil de la guerre civile ? Comment établir un pont entre deux communautés que l’Histoire a toujours opposées ? La Coupe du Monde de rugby qui se déroule en Afrique du Sud offre alors à Mandela l’occasion de refonder une nation autour d’une équipe nationale jusque‑là inféodée au pouvoir blanc, les Springbocks, et à Eastwood, un terrain propice à ses grandes obsessions (la filiation, la communauté, l’identité d’un peuple, sa construction, etc.).

Mieux qu’un film de Capra, Invictus oscille pourtant entre conte de fées et idéalisme naïf, pour ne pas dire niais. On est d’abord frappé par la facilité déconcertante avec laquelle Mandela/Freeman, plus gourou que génie politique, convertit son monde, le plie à sa conception humaniste, transforme ses opposants en disciples, de sa garde rapprochée (des Noirs et des Blancs contraints de travailler ensemble) à ces 43 millions de Sud‑Africains qui le porteront aux nues lors de la victoire finale, cette grande parade plus proche de celle de Disneyland que de Mystic River, où partout des scènes didactiques (un jeune Noir de Soweto et des flics blancs s’enlaçant au moment du coup de sifflet final) viennent illustrer cette mascarade de réconciliation que seul le sport de masse peut produire (remember France 1998).

Frappés donc par le peu de résistance de ses anciens adversaires, on finit par se demander comment l’Apartheid, avec des convictions aussi friables et des individus lunatiques, a pu perdurer si longtemps. « Pour lui, personne n’est invisible », assène fièrement l’un des colistiers de Mandela. Certes, mais l’invisibilité possède son envers puisque pour le Mandela d’Eastwood, l’Autre n’existe pas, sinon sous la forme décevante d’un père raciste (qui peine à donner le change) et d’une menace qui s’avère, par deux fois (une camionnette et un avion survolant un stade), être un leurre.

Au fond, Eastwood filme d’emblée l’Apartheid du point de vue de sa résolution positive et, en fordien qui se serait égaré, oublie de faire l’hypothèse de l’Autre (et donc de cette Histoire sanglante dont on a l’impression qu’elle n’a jamais vraiment eu lieu), et d’accueillir dans son champ celui qui refuse ou se montre réfractaire à son idéal de refondation.

L’inhospitalité dont témoigne Invictus s’explique sans doute par la volonté d’Eastwood de faire enfin triompher cette part lumineuse que ses précédents old timers (à l’exception de Walt Kowalski, le héros de Gran Torino, trait d’union entre l’entraîneur de Million Dollar Baby et de Mandela) ne trouvaient que dans la mort ou la disparition. Oublier le passé, ses fantômes, et regarder enfin l’avenir : cette règle qu’énonce Mandela au mitan du film et qui contredit la grande Loi du rugby (regarder en arrière pour mieux avancer), Eastwood l’a appliqué à la lettre. Aveuglément.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 25/05/10
Liste des bonus
- Commentaires PIP de l'équipe du film et d'anciens joueurs des Springbocks
- Coulisses du film en deux parties et en HD : rencontre entre Morgan Freeeman et Nelson Mandela ; focus sur Matt Damon et son entraînement (35')
- The Eastwood Factor en HD (22')
- Option BD Live
- Bande-annonce alternative


Commentaire
L'option PIP est tout à fait intéressante. Non seulement elle montre la machinerie nécessaire à un tel tournage en Afrique du Sud (notamment le calme d'Eastwood), mais en plus, elle permet de découvrir ceux et celles qui ont été les acteurs de cette révolution et à l'origine du projet. Une sorte de documentaire ludique que l'on suivra jusqu'à la fin sans mal. Dans les coulisses du film, la rencontre entre Mandela et Freeman est étonnante de simplicité et d'humanité. Même chose pour Matt Damon. Humble et travailleur, 24 heures avant le début du tournage, il participait à une course en tandem pour un gala de charité local. Quant au module sur Eastwood lui‑même et sa carrière, il plaira davantage aux novices qu'aux passionnés.
Note bonus : 4/6
Image
Froide, atone, presque distante, la photographie du film se réchauffe en cours de film pour révéler la chaleur, le ciel bleu, la solarité des personnages et l'espoir. Si on ne peut guère formuler de reproches techniques (pas de défauts), on note quelques plans sans doute volontairement surexposés qui, en HD, nous font l'effet de point faible. Un détail dans un ensemble irréprochable mais pas mémorable.
Top image : aucun
Note image : 5/6
Son
Là encore, Eastwood n'en fait pas trop. La bande-son paisible ne s'agite vraiment qu'à la fin du film, lors de la Coupe du Monde, avec les ambiances de stade, les clameurs du public en liesse, les tacles des joueurs, les coups sourds et les cris. À ce moment‑là, l'ampleur est saisissante, immersive, frappante, surtout en VO où la spatialisation sur toutes les enceintes fait merveille, où les graves se réveillent et la chaleur se fait palpable. VF Dolby Digital honnête mais beaucoup plus restreinte.
Top son : aucun
Note son : 4/6


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