Alien, le huitième passager - Coffret Anthologie

Alien
Année : 1979
Réalisateur : Ridley Scott
Interprètes : Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Yaphet Kotto
Éditeur : Fox
BD : inclus dans le coffret Alien Anthologie 6 BD-50, 116', zone B
Genre : science-fiction, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 27/10/10
Prix ind. : 60 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (Mpeg4 AVC)
16/9 natif
Bande-son
Français DTS 5.1
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Anglais Dolby Surround 4.1
Anglais Dolby Surround 2.0
Portugais Dolby Digital 5.1
Allemand DTS 5.1
Espagnol Dolby Digital 5.1
Voir plus
Sous-titres
Anglais, portugais, français, danois, finnois, allemand, espagnol, néerlandais, norvégien, suédois

À bord du vaisseau Nostromo, un équipage plongé en hypersommeil est en route pour la Terre. Un signal de détresse interrompt sa progression et le pousse à se poser sur une petite planète, LV4‑26. Explorant les lieux, l'officier Kane (John Hurt) est attaqué par un parasite arachnéen d’origine inconnue qui se colle à son visage…

 

Chef‑d’œuvre intemporel, clé de voûte du cinéma de science‑fiction, Alien, le huitième passager (1979) semble avoir été touché par la grâce. Tout d’abord parce qu’en maître des opérations se trouve Ridley Scott dont c’est le deuxième long métrage. Les duellistes, sa première œuvre sur les guerres napoléoniennes (1977), ne pouvait laisser présager que le cinéaste livrerait un huis clos de science‑fiction et que celui‑ci s’imposerait comme le meilleur du genre.

 

Mais la brillante mise en scène de Ridley Scott, mélange de longs travellings pénétrant les couloirs du Nostromo faisant monter la tension crescendo (voir la séquence dans laquelle Brett, cherchant le chat Jones, parcourt les entrailles métalliques du vaisseau), de hors‑champs laissant volontairement le monstre tapi dans l’ombre et de séquences dopées à l’adrénaline mais jamais hachées collant au plus près des protagonistes chassés par l’alien (Ripley, seule survivante, cavalant dans le labyrinthe menacée par la bête et par le temps qui s’écoule), n’est qu’un élément parmi d’autres qui contribua à faire d’Alien ce diamant noir, cette œuvre qui bousculera au passage la figure du héros en accordant à une femme ce statut (et dont Sigourney Weaver sera une icône).

 

Il est bien sûr impossible de parler du succès d’Alien sans nommer le papa du monstre, H.R. Giger, artiste suisse et maître de la biomécanique. L’extraterrestre, organisme parfait et invincible au sang fait d’acide moléculaire et à la carcasse acier, sera la plus belle métaphore plastique de l’hybridation de l’Homme et de la machine. Que cela fut conscient ou non, ce minotaure des temps modernes permit plus que jamais de montrer la vulnérabilité de l’être humain, à la fois traqué par l’animal et mis en danger par son cocon artificiel (le vaisseau, machinerie commandée par un ordinateur de bord baptisé Mother) qui n’est finalement que sa propre création. Ici, l’Homme causera sa propre perte, thématique renforcée par la trahison de Ash (Ian Holm), androïde à la solde des scientifiques dont l’unique objectif est de ramener la créature vivante.

 

Mais c’est au‑delà des thèses sous‑jacentes que réside la véritable force d’Alien. Plongeant un équipage désabusé aux préoccupations matérielles dans un monde étrange et cauchemardesque, et dont surgira un organisme bouleversant les principes scientifiques établis (comment peut‑il survivre avec du sang acide, comment peut‑il se développer avec une telle rapidité ?), le film de Scott matérialisera mieux que tout autre la peur viscérale de l’inconnu. Car si l’Homme semble pouvoir tout maîtriser grâce à son intelligence, a tout inventé et même parcouru l’hyperespace, est‑il capable de se maîtriser lui‑même ? Rassuré par sa position dominante et blasé, l’humain, désormais impuissant car dominé par plus fort que lui, est finalement puni de ne pas avoir suffisamment tremblé. James Cameron, dans un tout autre registre ‑celui du film de guerre‑, reprendra à son compte cette thématique dans Aliens le retour, en envoyant une troupe de Marines fanfarons au casse‑pipe. Une suite formellement aux antipodes de son modèle mais qui amplifiera avec maestria les thèmes du premier chapitre. Sans oublier l'incompris Prometheus ou le retour brillant de Ridley Scott aux affaires. Un chef‑d’œuvre peut parfois en cacher d'autres…

Laurence Mijoin - Publié le 17/11/10
Liste des bonus
- Commentaire audio de Ridley Scott de 1999 (disque 1)
- Commentaire audio de Ridley Scott de 2003, avec les acteurs et le reste de l'équipe (disque 1)
- Version du film avec la musique isolée, version originale du compositeur (disque 1)
- Version du film avec la musique isolée, version cinéma de 1979 (disque 1)
- Version cinéma de 1979 (disque 1) (116')
- Director's Cut de 2003 (avec une introduction de Ridley Scott de 1') (disque 1) (116')
- Index des scènes coupées (disque 1) (7')
- La bête de l'intérieur : la fabrication d'Alien (disque 5) (177')
- Contenus additionnels (disque 5) (79')
- Pré-production (disque 6)
- Production (disque 6)
- Post-production et retombées (disque 6)
- Anthologie (disque 6)


Commentaire

Compilant les bonus déjà présents dans le coffret DVD Quadrilogy, cette édition Blu‑Ray en rajoute une bonne fournée, ce qui donne le tournis. On reste pantois devant une telle somme de suppléments, tous plus intéressants les uns que les autres. Et, le must, c'est que la langue de bois n'y a pas sa place. On ressent ainsi l'amertume qu'a pu éprouver le scénariste, le regretté Dan O'Bannon, quand son script a été retouché et qu'on a essayé d'évincer son nom du générique. On perçoit également l'opiniâtreté du non moins regretté Jerry Goldsmith, expliquant sa colère lorsqu'il réalisa que son score avait été mélangé au temp track, lui‑même composé à partir de certaines de ses propres musiques !

Côté commentaires audio, on est gâté par le Sieur Ridley Scott, toujours prompt à parler avec fougue de ses films et de leur conception. Le commentaire de 1999, où il officiait seul, est passionnant. On y découvre les techniques de fabrication des œufs (c'est Scott lui‑même qui bouge ses mains dans l'œuf contenant la bestiole qui attaque Kane au visage, rempli de déchets animaux fournis par un abattoir). Le second commentaire, de 2003, permet d'écouter avec plaisir toute l'équipe et de découvrir une troupe d'acteurs bavards et loquaces. Les amateurs de bandes originales seront aussi servis avec ces deux versions du film contenant la musique isolée de Goldsmith, avant les modifications du studio et la version cinéma.

Sur ce premier disque particulièrement, se trouve le mode MU‑TH‑UR, qui permet d'afficher plusieurs informations pendant la lecture des films : les sujets abordés par le commentaire audio, des infos style pop‑up et, surtout, une liste constamment actualisée en cours de visionnage des thèmes et des modules de l'interactivité regroupée sur les disques 5 et 6. À vous de marquer les points qui vous intéressent grâce aux signets, et de glisser les disques 5 ou 6, qui se chargeront de retrouver automatiquement les séquences correspondantes dans les nombreux bonus.

À ce propos, le disque 5 propose un autre making of gargantuesque, où tout le monde prend la parole pour raconter la genèse de ce chef‑d'œuvre. Choix du casting, propos des comédiens, conception de la créature, effets visuels, travail du monteur et du compositeur (et leurs différends), choix de l'acteur dans le costume de l'alien, réactions du public à l'époque de la sortie du film en 1979… Comme si cela ne suffisait pas, des contenus additionnels complètent à merveille tous les points précédemment développés. On y apprend que Meryl Streep était pressentie pour le rôle de Ripley, que Sigourney Weaver, qui n'avait alors jamais tourné au cinéma, avait du mal à ne pas regarder la caméra, on écoute James Cameron expliquer en quoi la saga est unique… Une somme d'infos qui ne pourra que réjouir les fans, tant par leur abondance que par leur qualité.

Quant au disque 6, il livre quantité de photos et d'écrits : story‑board, croquis du talentueux Ridley Scott, séquence Multi‑Angle du chestburster, magnifiques dessins des designers, bouts d'essai de Sigourney Weaver, débutante mais déjà brillante.

Enfin, la partie Anthologie, commune aux quatre films, propose notamment des reportages sur la saga, un module sur l'attraction coréenne, deux savoureuses parodies (une scène d'un épisode du dessin animé Les Griffin et une séquence du film La folle histoire de l'espace, avec John Hurt). Impossible de tout citer ici, mais croyez‑nous, si vous aimez Alien, vous y passerez vos nuits avec délice.

Note bonus : 6/6
Image

Restaurée en 4K, cette copie est époustouflante. Film le plus sombre de toute la saga, Alien premier du nom méritait des contrastes appuyés pour dévoiler tous les éléments autrefois engloutis dans la pénombre. Et on ne peut que s'incliner devant cette image haute définition, qui offre le plus beau voyage intersidéral possible : profondeur de champ inouïe (les couloirs du Nostromo se révèlent enfin dans toute leur longueur), définition d'une précision sidérante qui permet de redécouvrir littéralement le film et ses nombreux détails (notamment les scènes de la découverte des œufs et du Space Jockey), couleurs magnifiques et profondes, éclairages dignes des plus grandes œuvres d’art (la séquence ajoutée dans le Director's Cut, dans laquelle Ripley achève Dallas au lance‑flammes, véritable peinture de l'enfer). Et tout cela en respectant au mieux le grain de ce film sorti en 1979, et qu'il s'agissait de ne pas trahir. Comme c'est beau.

Top image : 2'59 (couloirs du Nostromo, profondeur de champ), 14'40 (le vaisseau se dirigeant vers LV4-26), 25' (vue de la planète et de ses satellites), 31'43 (plan large montrant les centaines d'œufs recouverts par la brume bleue)
Note image : 6/6
Son

Une VO en DTS‑HD Master Audio 5.1 : il fallait au moins ça pour rendre hommage à l'ambiance atmosphérique et lourde du film de Ridley Scott, et à la musique lyrique et exaltante du génie Jerry Goldsmith. Et il faut dire que le défi est allègrement relevé. Qu'il s'agisse des séquences intimistes ou des scènes boostées à l'adrénaline, cette piste livre le meilleur rendu qu'il soit, surtout pour un film de plus de trente ans. La spatialisation est irréprochable, les bruitages se baladant sur tous les canaux, d'avant en arrière, de gauche à droite, et ce, avec à la fois beaucoup de finesse et d'ampleur. Comme pour l'image, les détails que l'on ne percevait pas auparavant sont parfaitement révélés, mis en avant à leur juste valeur. Quant au score de Goldsmith, il fait littéralement frissonner, souligné par des basses vibrantes. En VF DTS 5.1, on ressent un peu moins le dynamisme de l'ensemble et le mixage des divers éléments. La répartition sur les enceintes est toutefois assez similaire, et donc irréprochable.

Top son : 14'40 (le vaisseau se dirigeant vers LV4-26, sur le score de Jerry Goldsmith), 60'06 (subtil mixage des battements du cœur de Brett, des chaînes et des gouttes d'eau)
Note son : 6/6


PLANNING
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