Expendables : unité spéciale

The Expendables
Année : 2010
Réalisateur : Sylvester Stallone
Interprètes : Sylvester Stallone, Jason Statham, Jet Li, Eric Roberts, Dolph Lundgren, Randy Couture, Mickey Rourke, Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger
Éditeur : Metropolitan Film & Vidéo
BD : BD-25, 103', zone B
Genre : action, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 18/12/10
Prix ind. : 24,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (Mpeg4 AVC)
16/9 natif
Bande-son
Français DTS-HD Master Audio 5.1
Anglais DTS-HD Master Audio 7.1
Sous-titres
Français
Il y a deux ans, Stallone avait presque touché le fond, prêt à raccrocher les gants pour de bon, après deux décennies passées à essayer, en vain, de donner un second souffle à une carrière d’« actioner » dont il fut, avec Schwarzie, l’icône absolue. Rocky Balboa devait être son baroud d’honneur, mais le succès inattendu du film l’a remis en piste. Après le très bon (et très honnête) John Rambo, Stallone clôt avec The Expendables (« Ceux que l’on peut sacrifier » en français et référence à They Were Expendable de John Ford ?), une sorte de trilogie rétrospective consacrée aux années 80, au type de blockbusters que l’on produisait alors, à leur capacité à résister aujourd’hui aux effets numériques et à ce ricanement perpétuel qui plombe l’essentiel des films d’action post‑Tarantino.

Toute la réussite, mais relative, de Expendables, tient dans cet équilibre fragile entre le désir de réactiver une imagerie macho‑balistique de poids portée par des personnages volontiers anachroniques, et une légère distance qui n’oublie pas qu’entre‑temps, le genre a considérablement muté. « Je me suis fait botter le cul », avoue finalement Stallone après la victoire finale. Nostalgique mais pas amer, simpliste mais pas réac', le dernier film de Stallone brode sur une formule aussi ancienne que celle des Douze salopards (une bande de mercenaires prenait d’assaut une forteresse ennemie, avec général tyrannique, agents de la CIA peu recommandables et stock de fantassins à dézinguer), et réunit la fine fleur du cinéma d’action d’hier et d’aujourd’hui (Lundgren, Jet Li, Jason Statham, Bruce Willis, Mickey Rourke, etc.).

Individualiste jusqu’à la moelle, allergique à toute forme d’idéologie et de corps constitués, la horde menée par Barney Ross, dont le surnom « Schyzo » tient lieu de programme au film, reprend ainsi la ligne anarchiste du cinéma de Robert Aldrich, substituant ainsi à la vision binaire qui structurait la plupart des films d’action des années 80 (aussi inventifs fussent‑ils : Commando, Predator, Piège de cristal) un scepticisme chronique à l’égard du politique. Au fil des films, Stallone redevient plus que jamais cet acteur et ce réalisateur désenchanté des Seventies qu’au fond, il n’a jamais cessé d’être (Rocky date de 1976 et Rambo fut écrit en 1972).

Sous une épaisse couche de testostérone et d’une loi du Talion brandie au bout du canon, la flamme de celui qui, en 1978, signait La taverne de l’Enfer, un drame social formidable sur les apories du rêve américain, brûle toujours. Enfin, la courte scène qui réunit Stallone et Schwarzenegger, frères concurrents des blockbusters des années Reagan, justifie à seule la vision de Expendables. Dans une Église (le temple du genre ?), les deux acteurs se retrouvent afin d’évaluer la mission casse‑cou qui leur est proposée. Schwarzenegger refuse puis s’éloigne dans la profondeur de champ. « C’est quoi son problème ? » s’interroge Mr. Church (Bruce Willis). « Rien, lui répond Stallone, il veut devenir président ».
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 14/01/11
Liste des bonus
- Commentaire audio de Sylverster Stallone
- Recon Mode : making of en PIP
- Inferno : le tournage du film en HD (31')
- From Ashes HD (26')
- Prises ratées en SD (5')
- Scènes coupées en SD (1')
- Sujet sur les doubleurs français des stars du film en SD (11')
- Avant-première française en SD (4')
- L'équipe du film au Comic Con 2010 en SD (45')


Commentaire
Une interactivité digne des plus gros blockbusters du moment, à la fois axée sur le tournage, les comédiens, la réalisation, mais aussi sur la partie française, soit le doublage des voix (pour une fois, le coup de projecteur est mis sur les doubleurs) et l'avant‑première française en présence de l'équipe.

Le plus intéressant et ludique restant le commentaire audio de Stallone, qui finalement se débrouille pas si mal dans l'exercice. On y apprend par exemple que le comédien catcheur Steve Austin a failli perdre une jambe lors d'une explosion, protégé au final par la mallette de billets nécessaire au tournage de sa scène. Quant à Jason Statham, qui réalise toutes ses cascades, il a réellement tourné la séquence sur le nez de l'avion, après s'être rendu compte par la suite que le zinc (de 65 ans d'âge !) n'était pas si fiable que cela… Bref, un commentaire sympathique et vrai.

On apprécie aussi l'ambiance très décontractée du Comic Con 2010, grande réunion de fans où le public pose directement ses questions à l'équipe. Vivement la même chose en France ! Enfin, bon point au mode Recon Mode qui permet de découvrir les impressions et commentaires de l'équipe en PIP, dont le réalisateur, les producteurs, les comédiens, etc.
Note bonus : 5/6
Image
Tourné majoritairement de nuit, le film a bénéficié d'un transfert HD idéal. Techniquement parlant, c'est irréprochable ou presque (petit manque de brillance, légère tendance vidéo sur les scènes les plus sombres). Pas un défaut de compression à l'horizon et des noirs aussi musclés que les biscotos de nos amis mercenaires. On reste dans le style du pur film d'action avec vraies explosions et fusillades comme avant, mais pour le budget restreint a priori alloué aux décors, c'est de très belle facture.
Top image : 43'23 (suprise !)
Note image : 5/6
Son
Dans le genre « canardage général », on a rarement vu mieux. Certes, le film n'est pas un modèle de finesse (c'est même assez pénible à supporter jusqu'à la dernière minute), mais cette piste VO DTS-HD Master Audio 7.1 est une tuerie (dans tous les sens du terme). C'est parfait pour tester son installation et accessoirement se fâcher avec ses voisins. Explosions, artillerie lourde, choc des lames, mitraillages en règle… tout est parfaitement localisable sur les surrounds back pour le plus grand plaisir des puristes. L'ampleur est là, la spatialisation aussi, c'est impressionnant. La VF DTS-HD Master Audio 5.1 fait elle aussi son possible, mais ne peut rivaliser avec la puissance de feu de sa consœur. On frôle la perfection, mais vraiment, le systématisme et l'outrance finissent par nous abrutir.
Top son : 43'55 (banzai !), 79'58 (on sort l'artillerie lourde), 83'08 (assaut final)
Note son : 5/6



PLANNING
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