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Dali IO-6

Par Gwendal Lars - Publié le 03/12/19
Mustav
Prix indicatif : 399 € TTC
Note AVCesar.com
Type : casque circumaural clos avec réduction de buit active
Transducteurs : électrodynamiques
Diaphragme : 50 mm en fibre de papier
Réponse en fréquence : 10 Hz à 20 kHz
Liaison : Bluetooth 5.0, USB-C ou mini‑Jack 3,5 mm
Commandes : poussoirs et assistant vocal (compatible Amazon Alexa, Google Assistant et Siri)
Temps de charge : 2 heures
Autonomie : 60 h, 30 h avec réduction de bruit activée
Câbles : cordon mini-Jack 3,5 mm, câble USB‑C fournis
Accessoire(s) : housse de transport et adaptateur avion fournis
Certification : IP53 (résiste à la pluie)
Poids : 325 g
L’essentiel

Jusqu’à présent Dali avait fondé sa réputation sur la qualité de ses enceintes. Le constructeur danois s’intéresse maintenant au monde du casque. Pourtant, la problématique que pose celui‑ci diffère fondamentalement de celui de la conception d’enceintes. Même si certains considèrent que l’oreillette d’un casque n’est qu’une enceinte miniature, assez peu de constructeurs ont, à ce jour, tenté une telle expérience et s’en sont correctement sortis.

 

 

IO-6 et IO-4, avec ou sans réduction de bruit active 

Pour conquérir ce nouveau marché, Dali a donc conçu deux casques : l’IO‑4 et l’IO‑6. Ces deux modèles ne diffèrent que par la présence, ou non, d’un dispositif d’insonorisation active (ANC, pour Active Noise Cancellation). Seul l’IO‑6 en dispose. L’intégralité des autres spécifications étant strictement identique, c’est donc ce dernier modèle que nous avons testé. Autre détail, comme l’IO‑6 est considéré par Dali comme la version « haut de gamme », il est fourni accompagné d’une housse de transport, d’un câble USB‑C et d’un adaptateur avion (cf. photos ci‑dessous). Ce dernier accessoire reste optionnel sur l’IO‑4.

 

 

Développement interne complet

Pour concevoir son casque, il est clair que Dali a repris le problème à la base pour proposer un équipement qui soit aussi bien adapté au nomadisme qu’aux exigences des audiophiles exigeants. C’est une équipe spécifique d’ingénieurs qui a été dédiée aux études de ce projet pour les mener à bien. En effet, Dali voulait faire table rase de ses connaissances en matière d’enceintes pour partir sur des bases neuves tant les problèmes diffèrent entre ces deux concepts.

 

 

Accès USB direct

Ces efforts sont mis en exergue par la connectivité élargie que propose l’iO‑06. En effet il dispose d’un « triple accès » : filaire, Bluetooth et USB direct. Si la liaison filaire est conventionnelle et permet au casque de fonctionner même en cas de décharge totale de sa batterie interne, les autres accès bénéficient des derniers raffinements technologiques. La liaison Bluetooth, notamment, est à la norme Bluetooth 5.0 et gère, outre le SBC, l’AAX et l’APT‑X, les flux APT‑X HD pour exploiter au mieux la richesse des contenus [abc]Hi‑Res Audio[/abc]. Enfin, fait peu courant, le port USB de l’IO‑6 permet non seulement de recharger sa batterie interne mais offre aussi la possibilité de lui transmettre des flux audio via le câble USB. Cette liaison les applique directement à l’entrée de son convertisseur numérique‑analogique interne afin de bénéficier de ses qualités sans aucune dégradation du signal en amont. Certes, si le choix de cette liaison requiert d’aller fouiller un peu dans les paramètres de la carte son de l’ordinateur ou autre élément utilisé comme source, le gain qualitatif est indéniable.

 

 

Package acoustique

En ce qui concerne les transducteurs de son casque, Dali a également conçu un élément spécifique en interne. Il se base sur une très large membrane en papier de 50 mm de diamètre. Le choix du papier plutôt qu’un matériau composite voire métallique a été retenu pour la douceur de restitution qu’il offrait. Le risque de « coloration » ou d’« agressivité » du son est en effet bien moindre. Rappelons que, dans ce domaine, Dali possède une longue expérience des membranes en fibres de bois, proches du papier, qui équipent ses meilleures enceintes. Par ailleurs, pour une bonne isolation naturelle vis‑à‑vis des bruits environnants, Dali a choisi d’associer à ces transducteurs une charge close.

 

 

Visiblement la marque a aussi fait des efforts pour optimiser l’étanchéité acoustique des oreillettes de l’iO‑6. Elles sont garnies de coussinets en mousse très souple gainée de cuir. Ainsi, grâce à la pression qu’exerce l’arceau associée à leur configuration circumaurale, ces coussinets viennent reposer directement sur le crâne de leur porteur, ce qui assure une bonne étanchéité. L’iO‑6 dispose ainsi d’une bonne isolation phonique passive que vient encore renforcer son dispositif ANC. Pour garantir un bon confort lors des écoutes prolongées, l’arceau de l’iO‑6 se dote lui aussi de mousses souples gainées. Elles viennent répartir l’appui du casque sur le sommet de la tête, ce qui fait presque oublier son poids.

 

 

Ergonomie via poussoirs

Enfin, le confort d’utilisation a aussi fait partie des préoccupations de Dali. La marque s’est orientée vers des poussoirs conventionnels. En fait ils sont masqués sous la plaquette portant le logo de la marque sur l’oreillette droite. Lors de leur utilisation un léger « déclic » est perceptible. Les poussoirs du bas et du haut sont dédiés au réglage du volume d’écoute. En utilisation avec un smartphone, un poussoir central, par pressions successives, donne accès à la prise de ligne lors d’un appel téléphonique ainsi qu’au saut de plage (avant/arrière) ou qu’à la mise en pause de la lecture.

 

Enfin, sur l’IO‑6 uniquement, un petit poussoir annexe, logé en périphérie de l’oreillette droite, active ou non l’insonorisation active (cf. photo ci‑dessous). Une voix masculine de synthèse confirme tant sa mise en service que son interruption. De même, à chaque mise en service du casque, cette voix précise le niveau de charge de la batterie.

 

 

Concurrence

Il y a peu, nous avons testé le Jabra Elite 85h (299 €). La célèbre marque d’oreillettes Bluetooth s’adressait par son intermédiaire au monde de la Hi‑Fi. Un pari plutôt réussi surtout remarquable par la qualité des conversations téléphoniques qu’il offrait en mode « mains libres ».

 

Le célèbre QC‑35, le Bose QC‑35 II (380 €) bénéficie lui aussi d’un confort amélioré dans sa dernière version. L’application, bien qu’assez basique, dispose d’une très bonne ergonomie et donne accès à ses principaux réglages.

 

Il y a quelques mois, nous avons testé le Sony WH‑1000XM3 (380 €), dernière génération des casques ANC de la marque dotée d’une insonorisation active particulièrement efficace. Lui aussi dispose d’une application proposant d’agir sur de nombreux paramètres pour personnaliser son comportement.

 

Le Pioneer S9 (199 €) a fait son apparition avec une relative discrétion. Pourtant, lui aussi bénéficie d’une connexion Bluetooth 4.2 compatible APT‑X et APT‑X HD, capable donc d’acheminer les flux Hi‑Res Audio dans de bonnes conditions. Une application, compatible iOS et Android, donne accès à ses réglages avancés.

Verdict technique

Premier constat : le port de l’IO‑6 est confortable. Bien qu’il soit d’un poids assez élevé (325 g), l’habillage de son arceau et la mousse, très souple, qu’il renferme répartit parfaitement ce poids sur l’ensemble du crâne. Un léger embonpoint qui se fait ainsi presque oublier.

 

 

Coussinets interchangeables

De même, les coussinets des oreillettes viennent englober le pourtour du pavillon des oreilles pour prendre appui sur le crâne sans pression excessive. Nous avons pu constater qu’ils disposaient d’une bonne étanchéité, ce qui confère d’emblée à l’IO‑6 une bonne insonorisation passive. Même en cas de panne de batterie, la réjection des bruits environnants est très satisfaisante. Le dispositif d’insonorisation active vient donc compléter cette première isolation phonique. Son effet est essentiellement sensible sur les fréquences les plus basses, comme ronflements de moteur ou bruits de roulement. L’IO‑6 dispose ainsi d’une isolation phonique très satisfaisante. Enfin, comme les mousses des oreillettes sont les éléments qui se salissent ou s’usent le plus vite sur un casque, Dali a doté l’IO-6 de coussinets interchangeables. Ils se fixent au moyen d’un système de baïonnettes. Ainsi, il suffit de faire pivoter les coussinets d’un quart de tour pour qu’ils se déboîtent aisément.

 

 

Écoutes via connexion Bluetooth

Nous avons donc écouté ce casque suivant trois modes différents de connexion. En premier lieu nous nous sommes intéressés à la liaison Bluetooth. Elle met à contribution l’ensemble de l’électronique interne de l’IO‑6. Le jumelage avec un smartphone, ou tout autre équipement compatible Bluetooth se fait sans soucis de manière très conventionnelle. L’IO‑6 sélectionne alors automatiquement le meilleur type de liaison, du Bluetooth de base à l’APT‑X HD. Sous cette connexion l’IO‑6 se pare d’un tempérament assez flatteur. Il a légèrement tendance à remonter les extrémités du spectre. Le grave est ainsi profond et affirmé tandis que l’aigu dispose d’une légère brillance qui ne manque pas de charme. Cependant, si ce type de comportement séduira sans aucun doute les adeptes de musiques actuelles, il pourra surprendre les audiophiles recherchant un tempérament plus neutre.

 

 

Écoutes via connexion USB-C

C’est la liaison USB qui, nous semble-t-il, offre le comportement le plus linéaire et équilibré à l’IO‑6. Dans ce cas, le flux numérique est directement appliqué à l’entrée du convertisseur interne de l’IO‑6. Lors de nos tests, c’est un iMac qui a été utilisé comme source. Sur ce type d’équipement, il suffit de sélectionner le port USB comme sortie audio pour que le tour soit joué. Sur les PC, il faut souvent reprendre le paramétrage de la sortie son pour que les flux audio Hi‑Res soient correctement délivrés. Quoi qu’il en soit, nous avons pu apprécier la richesse de détails qu’était capable de délivrer l’IO‑6 ainsi que son grand respect des œuvres enregistrées. Il adopte ainsi un comportement plutôt sage, mais prêt à s’enflammer sur les envolées de dynamique.

 

 

Écoutes via connexion filaire

En connexion filaire traditionnelle (cf. photo ci‑dessous), enfin, le tempérament de l’IO‑6 varie entre les deux précédents. Lorsque l’insonorisation active est enclenchée, l’amplification et l’électronique interne de l’IO‑6 sont mises à contribution. Il n’est donc pas surprenant que l’on retrouve un comportement assez proche de celui d’une connexion Bluetooth avec, cependant, plus de finesse. En mode purement passif, on se rapproche du comportement de l’IO‑6 en USB. Mais ici, tout dépend aussi de la qualité de l’amplificateur pour casque mis en œuvre. Pour notre part, il s’agissait d’un Micromega Myzic.

 

 

Conclusion

Au final, le Dali IO‑6 s’avère un casque plein de ressources que les passionnés de restitution sonore auront plaisir à explorer et à tester dans différents environnements. Alliant le fond et la forme, soit des performances élevées et un design élégant et durable, associé à un confort de tous les instants (malgré un poids relativement important), une fabrication soignée et une ergonomie rare (liaison Bluetooth, USB et filaire, accessoires fournis), la société danoise Dali, pour une première, réussit un véritable coup de maître. Il le fallait pour exister sur ce marché, face à une concurrence rude et variée.

 

Avec ou sans réduction active de bruit, les casques IO‑4/IO‑6 s’imposent donc directement parmi les meilleurs de leur catégorie tarifaire respective. Si l’acquisition d’un casque audio circumaural sans-fil, avec ou sans réduction active de bruit, fait partie de vos projets dans les jours ou semaines à venir, on ne saurait trop vous conseiller de les essayer d’urgence. Sans le savoir, vous pourriez avoir déjà trouvé chaussure à votre pied, ou coussinet à votre oreille.

+ Les points forts
»  
Qualité de l’écoute
»  
Connexion en USB
»  
Gestion du Bluetooth APT‑X HD
»  
Ergonomie des commandes
»  
Coussinets des oreillettes interchangeables facilement
»  
Confort des oreillettes
»  
Qualité de fabrication
»  
Finitions élégantes
- Les points faibles
»  
Chargeur non fourni (mais câble USB‑C dans la boîte)
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