par Gwendal Lars
le 04 octobre 2021

Philips Fidelio L3

A
note
8.6
10
label
prix
349 €
les plus
  • Qualité globale de l’écoute
  • Efficacité (relative) de l’insonorisation active
  • Ergonomie des commandes
  • Coussinets des oreillettes et de l’arceau confortables
  • Application complète
  • Confort des oreillettes
  • Utilisation possible en casque passif sans batterie
les moins
  • Léger souffle avec l’ANC enclenché (très léger)
présentation

Depuis sa création, la famille Fidelio de Philips s’articule autour d’éléments haut de gamme, dédiés aux amateurs exigeants en termes de qualité d’écoute. Le Fidelio L3, que nous testons ici, ne déroge pas à cette règle. Il bénéficie de tout le savoir‑faire de la marque en matière d’audio nomade. En revanche, il opère une mue importante avec l’adoption d’une réduction active de bruit et une structure close.

 

 

Philips Fidelio L3, oreillettes à structure close

Successeur du L2, le Fidelio L3 s’avère donc logiquement la troisième mouture de ce casque. Le constructeur Philips indique avoir pris en compte les remarques et attentes des utilisateurs formulées sur les versions précédentes, pour l’ergonomie des commandes par exemple, et sur d’autres modèles de la marque, notamment en matière de réduction de bruit active (ANC pour Active Noise Cancellation). Il adopte également un nouveau design. En effet, contrairement au L2, il se base sur des oreillettes à structure close. Une spécificité qui accroît encore l’efficacité de l’insonorisation et de l’isolation vis‑à‑vis des bruits environnants. Une spécificité qui porte à penser que Philips joue ici la carte du nomadisme en privilégiant l’utilisation du Fidelio L3 en environnement bruyant tel que transports en commun, avion ou train.

 

En revanche, le L3 conserve des transducteurs de 40 mm de diamètre, comme son prédécesseur. Ce choix de transducteurs d’important diamètre confère au Fidelio L3 la capacité de descendre dans l’extrême grave avec beaucoup d’aisance et de franchise. Par ailleurs, ces transducteurs mettent aussi à contribution un équipage mobile à la masse particulièrement faible. Dans ce domaine, Philips dispose d’une longue expérience pour proposer des membranes capables de cumuler faible masse et bonne tenue mécanique. Rappelons que pour limiter distorsion et autres altérations du message sonore, il est indispensable de maîtriser parfaitement le comportement mécanique des membranes afin d’éviter l’apparition d’ondulations de surface.

Charge close des transducteurs pour améliorer la réduction active de bruit

Mais, pour une restitution naturelle et équilibrée, bien d’autres éléments entrent en jeu. Il faut aussi éviter que des vibrations parasites se propagent aux autres éléments mécaniques du casque. Pour cela, Philips a particulièrement étudié les matériaux dédiés à la production de chaque élément du Fidelio L3 en optant systématiquement pour ceux offrant la plus grande neutralité acoustique. Enfin, la charge acoustique associée à chaque transducteur joue aussi un rôle capital en termes de restitution. Ici Philips a opté pour une charge close. À savoir, ce choix simplifie aussi la tâche du système de réduction active des bruits environnants. En effet, cette configuration offre une très forte réduction naturelle des bruits les plus aigus. Le système ANC peut alors concentrer ses efforts sur les bruits les plus sourds tels que bruits des réacteurs en avion ou bruits de roulement en train ou en transport en commun.

 

 

Réduction active de bruit hybride et mode Aware

À noter que le Fidelio L3 innove au niveau du dispositif de réduction active des bruits environnants. Il bénéficie de la dernière technologie de réduction active hybride mise au point par Philips. En fonctionnement conventionnel, l’atténuation des bruits extérieurs est optimisée en mettant en jeu deux micros. L’un est externe tandis qu’un second, logé à l’intérieur de l’oreillette, vient en permanence vérifier l’efficacité du traitement numérique dédié à cette opération. Ses paramètres sont actualisés en temps réel afin de garantir une efficacité optimale du dispositif ANC. Mais il est parfois utile de pouvoir percevoir les bruits extérieurs sans qu’il soit nécessaire d’ôter le casque. C’est le cas, par exemple, lorsqu’une personne vient poser une question au porteur du Fidelio L3.

 

 

Dans ce cas, le mode Aware (cf. photo ci‑dessus) offre la possibilité de percevoir les bruits environnants en rendant les oreillettes du L3 « transparentes » sur le plan acoustique. Enfin, le Fidelio L3 met aussi à contribution son architecture à micros multiples pour optimiser l’intelligibilité lors des communications téléphoniques et pour exploiter les commandes vocales. Au sein de chaque coque, deux micros se concentrent sur la captation de la voix du porteur du casque de façon à réduire considérablement les bruits environnants. Le correspondant bénéficie ainsi d’une bonne intelligibilité durant la communication, tout comme les assistant Google et Alexa avec lesquels le L3 est compatible pour lancer ses playlists préférées directement par commande vocale.

 

 

Commandes tactiles via oreillettes droite

Reste que, si le Fidelio L3 accepte les commandes vocales, Philips a également soigné ses commandes plus conventionnelles. Le dos de son oreillette droite se dote d’une surface tactile. En combinant « glissés » et pressions, elle offre la possibilité d’ajuster le volume d’écoute, de mettre la lecture de la musique en pause, de la reprendre, de réaliser des sauts de plage avant ou arrière et enfin de répondre ou de rejeter un appel téléphonique (cf. photo ci‑dessus). Enfin, il faut aussi remarquer que la finition du Fidelio L3 est dans la même veine que ses prédécesseurs avec un assemblage soigné de toutes les pièces cuir et aluminium (cf. photo ci‑dessous).

 

spécifications
  • référence Philips Fidelio L3
  • Transducteurs  électrodynamiques
  • Diaphragme 40 mm
  • Réponse en fréquence 7 Hz à 40 kHz
  • Impédance  16 ohms
  • Liaison Bluetooth 5.0
  • Profils A2DP, AVRCP, HFP, HSP
  • Codecs AC, SBC, APT-X, APT-X HD
  • Puissance d’entrée maximale 20 mW
  • Sensibilité  103 dB
  • Commandes par poussoirs et zone sensitive
  • Batterie/Autonomie Li-Polymère/38 heures (32 heures avec ANC activé)
  • Temps de charge 2 heures via USB
  • Câbles mini-Jack 3,5 mm (longueur 1,20 m), câble USB et adaptateur avion fournis
  • Certification Hi-Res Audio
  • Poids 360 g
concurrence

Sony propose toujours dans sa gamme le WH‑1000XM3 au prix de 380 euros. Un casque que nous avons testé (cliquez sur la référence du produit pour découvrir le banc d’assai complet de la rédaction d’AVCesar.com) et qui nous avait séduit tant par l’efficacité de son système d’insonorisation active que par son tempérament légèrement flatteur.

 

Chez Yamaha, le YH‑E700A (399 €) dispose de nombreux traitements, comme le confort d’écoute avancé ou le « Listening Optimizer » afin d’adapter au mieux son comportement aux conditions d’écoute.

 

Pionnier en matière d’insonorisation active, Bose dispose de la gamme QuietComfort. Le QC45 (349 €) se dote d’un dispositif d’égalisation active optimisé pour une restitution aux graves riches et profonds en dépit d’oreillettes de taille réduite.

 

Avec le PX7 (399 €), B&W présente un casque à l’excellente musicalité. Avec une autonomie atteignant 30 h, il offre au nomadisme un comportement audiophile.

 

Le constructeur danois Dali ne cantonne pas ses activités à la production d’enceintes. Il fait aussi bénéficier le monde du casque de son savoir‑faire. Le casque IO‑6 (399 €), que nous avons testé (cliquez sur la référence du produit pour découvrir le banc d’assai complet de la rédaction d’AVCesar.com), est capable d’exploiter directement le flux numérique depuis sa liaison USB. Un choix qui garantit un respect parfait de la qualité des enregistrements.

concurrence
  • référence Philips Fidelio L3
  • Transducteurs  électrodynamiques
  • Diaphragme 40 mm
  • Réponse en fréquence 7 Hz à 40 kHz
  • Impédance  16 ohms
  • Liaison Bluetooth 5.0
  • Profils A2DP, AVRCP, HFP, HSP
  • Codecs AC, SBC, APT-X, APT-X HD
  • Puissance d’entrée maximale 20 mW
  • Sensibilité  103 dB
  • Commandes par poussoirs et zone sensitive
  • Batterie/Autonomie Li-Polymère/38 heures (32 heures avec ANC activé)
  • Temps de charge 2 heures via USB
  • Câbles mini-Jack 3,5 mm (longueur 1,20 m), câble USB et adaptateur avion fournis
  • Certification Hi-Res Audio
  • Poids 360 g
verdict technique

Après une charge complète de sa batterie, la mise en service du Fidelio L3 est simple. Il suffit de maintenir enfoncé durant trois secondes le petit poussoir logé en bas de son oreillette gauche pour le mettre sous tension.

 

 

Fonction appairage Bluetooth multipoint

Une voix féminine confirme sa bonne mise en route. Il se positionne automatiquement en recherche de connexion Bluetooth. Ainsi, il apparaît immédiatement dans la liste des périphériques sans‑fil disponibles sur le smartphone. Il suffit de le sélectionner pour que le jumelage s’effectue. Ici encore, une voix féminine précise que le couplage est effectif. À savoir, la fonction d’appairage multipoint permet d’associer simultanément deux sources sonores et de switcher de l’une à l’autre aisément. Durant la lecture, le dos de l’oreillette droite donne accès à diverses fonctions grâce à sa large zone tactile. Une courte pression met la lecture en pause. Une seconde pression la relance. De même, il suffit de glisser le sélecteur vers l’avant pour sauter à la plage suivante. Inversement, en le glissant vers l’arrière, la lecture revient sur la plage précédente. À l’usage ce choix de sélection s’avère très intuitif et ergonomique. De même, un glissé du doigt vers le haut ou vers le bas offre respectivement la possibilité de monter ou de réduire le volume d’écoute. 

 

 

Sans être exceptionnelle (Bose et Sony font mieux), et malgré un très léger souffle perceptible (rien de vraiment dérangeant, on l’oublie rapidement), l’insonorisation active dispose d’une efficacité très correcte. Elle vient compléter celle de l’insonorisation passive essentiellement sur les fréquences les plus basses. Si les sons aigus sont ainsi naturellement éliminés, l’insonorisation active prend en charge la chasse aux ronronnements de réacteurs, par exemple, ou bruits de roulement en train. Un poussoir, logé sous l’oreillette droite commande le système d’insonorisation active. Par défaut, au démarrage du casque, celui‑ci est activé. De courtes pressions permettent de modifier son état. Une première pression désactive le système d’insonorisation. Une nouvelle pression fait passer le casque en mode Aware. Les bruits extérieurs deviennent alors perceptibles. Enfin, l’application Philips Headphone (Casque Philips), téléchargeable gratuitement sur le Google Play Store ou sur l’App Store, offre un accès direct aux différents réglages du système ANC ainsi qu’à des fonctions annexes, comme un égaliseur (cf. photos ci‑dessous).

 

 

Quid des écoutes ? 

La qualité de la restitution sonore que propose le Fidelio L3 est au rendez‑vous. Premier constat, dans son ensemble, la restitution est naturelle et très équilibrée. Si le grave dispose de beaucoup de profondeur et de générosité, il reste parfaitement défini et ne devient jamais envahissant. Ici, les larges transducteurs de 40 mm confèrent à l’écoute une excellente assise associée à un bel impact. À l’autre extrémité du spectre, l’aigu est limpide et détaillé. S’il est bien présent, il ne tourne jamais à l’agressif. L’écoute bénéficie ainsi d’un grand naturel sans jamais être fatigante. Le médium, enfin, se dote d’une belle présence. Les timbres de voix sont ainsi parfaitement respectés. Une neutralité qui offre au Fidelio L3 la capacité de s’adapter sans le moindre souci à la restitution des genres musicaux les plus variés. Il convient ainsi aussi bien pour l’écoute d’électro que pour de la musique classique ou du jazz.

 

 

« Staging » excellent, graves percutants

Son excellente gestion du grave nous est très clairement apparue lors de l’écoute de Rafales la première plage du disque Samedi soir à Beyrouth de Bernard Lavilliers. Sur cet enregistrement, la basse électrique est volontairement mise à l’avant‑plan et n’hésite pas se tailler une place de choix dans le bas du spectre. Le Fidelio L3 restitue les basses les plus profondes avec beaucoup d’aisance, même à niveau d’écoute soutenu. En électro, l’écoute de Personal Decay, de Martin Landsky, ou une grosse caisse de synthèse donne le rythme et se trouve en avant‑plan illustre le comportement franc du Fidelio L3. Il sait la faire « cogner ». On est même assez rapidement tenté de monter le volume au risque d’atteindre un niveau excessif dont il faudra se méfier dès qu’il est question d’écoutes prolongées. Enfin le rendu spatial est très satisfaisant. L’image sonore est détaillée. Elle possède un beau relief associé à beaucoup de précision dans la localisation de chacun de ses éléments.

 

 

Philips Fidelio L3, pour tous les styles musicaux

Sur des écoutes plus traditionnelles, cette gestion précise du grave offre aussi à la grosse caisse un impact plus que convaincant comme l’a mis en évidence l’écoute de Take Five de Dave Brubeck. Au niveau du répertoire classique le plus conventionnel, le Fidelio L3 nous a séduit lors de l’écoute de L’amour est enfant de Bohème, dans Carmen, interprété par Maria Callas accompagnée de l’Orchestre du Théâtre National de l’Opéra de Paris dirigé par Georges Prêtre. Un enregistrement datant, certes, de 1964 mais dont nous disposons d’une version remasterisée sous forme d’un fichier Hi‑Res Audio encodé en Flac. La voix de Maria Calas jaillit à l’avant‑scène avec une présence et une pureté impressionnante tandis que l’on ressent la puissance de l’orchestre qui couve durant les premières mesures. La survenue des chœurs de René Duclos offre soudainement une image sonore aux dimensions surprenantes. De même son relief et son réalisme impressionnent.

 

Enfin, nous avons pu vérifier que le Fidelio L3 assurait aussi très bien sa fonction de kit mains libres. Même en environnement relativement bruyant, l’intelligibilité de la communication reste tout à fait correcte pour l’interlocuteur. De même, ayant épuisé la batterie, nous avons aussi constaté que le L3 fonctionnait parfaitement en mode Filaire (câble à ajouter, cf.photo ci‑dessous), toutes ses qualités décrites plus haut étant alors magnifiées avec un équilibre (on le répète) et une richesse de détails qui forcent le respect.

 

 

Conclusion 

Bref, exceptées des performances en deça des cadors du marché dans le domaine de la réduction active de bruit, mais loin toutefois d’être insatisfaisantes, et un poids relativement élevé qui manifeste sa présence lors d'un port prolongé, le Philips Fidelio L3 s’impose comme un excellent casque Hi‑Fi nomade, si tant est que ce concept aux composantes antagonistes puisse trouver grâce à vos yeux, ou plutôt vos oreilles. Avec sa musicalité, aussi bien en mode Bluetooth que Filaire, il conviendra donc à ceux qui souhaitent bénéficier d’une grande qualité d’écoute en mouvement. De plus, il offrira des séances jubilatoires aux mélomanes sédentaires. Statique ou nomade, avec le Philips Fidelio L3, vous avez le choix de ne pas choisir. C’est assez rare pour être souligner. Ces menus défauts ne pèsent donc pas bien lourds comparé à la somme de ses qualités. Note maximale méritée !

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