A Dangerous Method

Année : 2011
Réalisateur : David Cronenberg
Interprètes : Keira Knightley, Michael Fassbender, Viggo Mortensen, Vincent Cassel, Sarah Gadon
Éditeur : Warner
DVD : DVD-9, 95', toutes zones
Genre : drame, couleurs
Interdiction : tous publics (certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes)
Sortie : 25/04/12
Prix ind. : 19,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
1.85
SD 576i (Mpeg2)
16/9 compatible 4/3
Bande-son
Français Dolby Digital 5.1
Français Dolby Digital 2.0
Anglais Dolby Digital 5.1
Anglais Dolby Digital 2.0
Sous-titres
Français (imposé sur la VO), français pour sourds et malentendants
Amazon
9,89 €
Début du siècle, Zurich puis Vienne, le débutant Carl Jung (Fassbender) voit débarquer Sabina Spielrein (Knightley), une patiente diagnostiquée « hystérique ». S’inspirant des travaux de Freud (Mortensen), il tente sur la jeune femme, une Russe cultivée mais plombée par un père castrateur et un tropisme SM, ce qu’on n'appelle pas encore une psychanalyse. Dans le même temps, Freud lui envoie pour traitement un toxicomane lubrique et amoral (Cassel), qui ne va pas tarder à décoincer Jung le corseté.

Quelles contorsions critiques délirantes faudra‑t‑il, cette fois, inventer pour tenter de faire croire qu’avec son nouveau film, David Cronenberg n’a rien perdu de sa puissance, et mieux (ou pire), qu’il a atteint, encore une fois et après History of Violence et Les promesses de l’ombre (deux fois bof), une maturité complète ? Quel tour de passe‑passe rhétorique transformera l’inertie compassée du film, sa forme conventionnelle et ripolinée, en preuve d’un tumulte intérieur qui peine à affleurer ? Quel détail anodin tiré de derrière les fagots permettra de relier cette Method à Videodrome ou au Festin nu ?

Pour l’heure, on ne peut que constater la chute vertigineuse d’un auteur chéri jusqu’à Crash en 1997, film de la synthèse et point d’origine de sa dégringolade artistique (souvenez‑vous du fiasco Spider dont A Dangerous Method pourrait être le codicille immobile). Celui que la critique institutionnelle qualifiait de « pornographe » dans les années 1970 (Frissons, Rage, Chromosome 3) a fini par obtenir la reconnaissance (La mouche et Faux semblants), puis la consécration (président du Festival de Cannes en 1999). En quinze ans, Cronenberg a gagné en sérieux et en respectabilité ce qu’il a perdu en invention, en brutalité, en visions.

À quoi ressemble donc ce film ? À une enfilade pénible de séquences bavardes et en huis clos, à deux ou trois personnages mis en scène comme autant de consultations chez le psy (l’un devant et l’autre, forcément, derrière), à un exposé scolaire des théories freudiennes et jungiennes façon Dossier de l’écran, à une bonne copie moins classique que terriblement conventionnelle, flanquée de cette arrogance propre au super‑auteur qui vous écrase d’un grand sujet.

Keira Knightley fait tout ce qu’elle peut (gesticulations, grimaces de prognate, grands yeux de mérou, élocution saccadée) mais la belle n’est ni Elizabeth Taylor ni Vanessa Redgrave ; Mortensen, barbe de prof et pipe au bec, fait « Hum… hum… » et ressemble au Capitaine Haddock, quant à Michael Fassbender, il est le seul à tirer son épingle du « Je ».

Cela dit, la psychanalyse, les formes étranges et anarchiques de l’esprit, les déchaînements organiques d’un corps hors de contrôle, ont toujours hanté l’œuvre de David Cronenberg qui, à défaut d’être d’un grand cinéaste, fut un grand créateur d’images. Dans Chromosome 3, une jeune mère de famille transformait ses pensées négatives en d’horribles petits monstres meurtriers, dans Videodrome, le patron d’une chaîne de télé câblée se métamorphosait en homme‑magnétoscope, dans Le festin nu, des machines à écrire cafards croisaient un étrange mugwump. C’était l’époque où Cronenberg déchirait le voile de la réalité tangible et convertissait ses idées, ses pensées, ses métaphores, en images folles et tératologiques.

Depuis, le cinéaste ontarien a intériorisé tous ses monstres (à moins qu’il n’en ait plus en stock) et se contente de discourir bourgeoisement sur les profondeurs chaotiques de la psyché humaine. Pourquoi pas ? Mais il n'y a plus grand‑chose à voir.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 08/06/12

Cinécult' David Cronenberg : les démons intérieurs

Même si le nom de Cronenberg semble aujourd'hui familier, ses films, du moins les premiers, le sont moins. À l’exception de La mouche, son plus gros succès, de Faux‑semblants, qui lui valut une reconnaissance critique en 1988 et du mal‑aimé (à tort) eXistenZ, la plupart des réalisations du pape du cinéma canadien (ontarien faut‑il préciser) restent souvent méconnues.

Lire la suite
Liste des bonus
- Making of (8')
- Masterclass du réalisateur à l'American Film Institute (31')
- Photos
- Bande‑annonce


Commentaire
Ne comptez pas sur le making of pour vous livrer les coulisses du tournage avec Cronenberg (qui a pourtant une méthode de répétition singulière). Il est avant tout constitué d'interviews et de montages promo. La masterclass est donc le bonus vers lequel se tourner. À réserver aux cinéphiles avertis toutefois.
Note bonus : 2/6
Image
L'image du Blu-Ray n'était déjà pas spécialement convaincante (cliquer ici pour y accéder). Celle du DVD confirme notre sentiment mitigé. Désaturée et fortement contrastée, la photographie voulue par Cronenberg s'accommode mal de la définition standard. Rendu lisse, noirs bouchés, blancs presque brûlés, on est en réel manque de texture et de précision.
Top image : aucun
Note image : 3/6
Son
Le film, froid et détaché, ne brille pas par sa bande‑son. Un peu de musique d'époque, quelques ambiances naturelles lors des scènes tournées en extérieur, des cris et des angoisses lors des séquences de psychanalyse avec Sabrina. Ambiance light que la VF parvient d'ailleurs à restituer avec soin, en mettant un peu plus en valeur les enceintes surround que la piste originale. Stéréo suffisante pour qui veut jouer l'épure au maximum.
Top son : aucun
Note son : 4/6



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