Bullhead

Rundskop
Année : 2011
Réalisateur : Michael R. Roskam
Interprètes : Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval, Jeanne Dandoy
Éditeur : Ad Vitam
DVD : DVD-9, 123', zone 2
Genre : drame, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 04/09/12
Prix ind. : 24,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
SD 576i (Mpeg2)
16/9 compatible 4/3
Bande-son
Français Dolby Digtial 5.1
Néerlandais Dolby Digital 5.1
Néerlandais Dolby Digital 2.0
Sous-titres
Français imposé
Amazon
12,99 €
Sous influence américaine évidente ‑on pense pêle‑mêle à James Gray, au Carnage de Michael Ritchie, à Shotgun Stories et à tous ces films de Rednecks se déroulant en milieu agricole‑ Bullhead est le premier film puissant et ultra‑maîtrisé d’un cinéaste flamand qu’il faudra désormais suivre de près.

Dans le décor rural des Flandres mais situé à la frontière du pays wallon, Jacky, un jeune éleveur (sosie pensant de Frank Ribery mais costaud comme un bœuf) se retrouve pris dans un trafic d’hormones, activité illicite et omniprésente dans cette région d’élevages bovins. Mais la rencontre avec un ami d’enfance met en péril le marché juteux qu’il s’apprêtait à conclure avec un cador local.

Roskam prend son temps pour nouer tous les fils de son histoire mafieuse (le meurtre d’un agent fédéral, des réunions de clans adverses, l’enquête menée par la police, tout cela traité sur un mode léger, voire grotesque), et aussi pour explorer les décalages savoureux que la double langue produit (le français et le flamand).

Mais ce qui l’intéresse vraiment, et donc le vrai sujet tragique de son film, tient dans une masse de muscles hors normes. Soit, Jacky, brute massive qui s’injecte régulièrement dans le corps des doses phénoménales de testostérone, afin de gonfler une carapace dont on apprendra, au détour d’un flashback presque insoutenable et qui contraint le spectateur à reconsidérer toute la première partie du film, ce qu’elle dissimule de frustration, de traumatisme et de rage rentrée.

La beauté de Bullhead réside finalement dans la façon dont Roskam ne dévoile que tardivement le véritable point d’ancrage de son film, soit le portrait d’un homme écrasé par un passé et qui tente, sur le modèle de ses bovins, de devenir lui aussi un être désirable. En quoi, ce qui aurait pu constituer un écueil du film (le croisement du polar et du portrait tragique d’un homme perdu) le relance sans cesse puisque, bien qu’absent du champ, le triste destin des bêtes hante celui du personnage principal (Matthias Schoenaerts, impressionnant, réutilisé tel quel par Jacques Audiard dans De rouille et d’os), et l’éclaire.

Roskam filme son personnage principal en gros plan, dans l’ombre, captif d’un enclos aussi physique que mental, à l’image de ces bêtes épuisées et obèses promises à l’abattoir. Solitaire contraint, rustre, presque mutique, souvent prostré à demi nu dans sa salle de bains, capable de pulsions d’une violence inouïe, Jacky rêve de renaître (très belle mise en rapport de la mise bas d’une vache et de ce corps gonflé mais imberbe, recroquevillé dans sa baignoire), et de revenir quelques secondes avant l’épisode cauchemardesque qui, tandis qu’il n’était qu’un enfant comme les autres sur la voie de la puberté, a fait de lui un freak.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 10/10/12
Liste des bonus
- Moyen métrage The One Thing to Do (25')
- Court métrage Carlo (18')
- Entretien avec Matthias Schoenaerts au détour d'un café (10')
- Bande-annonce


Commentaire
Malgré leur qualité technique déstabilisante (Carlo) et un étrange format d'image pour The One Thing to Do, ces deux courts métrages nous plongent aux racines de Bullhead. Même comédien, même dualité linguistique, même ambiance, même rapport aux bovins… Sans oublier l'entretien avec Matthias Schoenaerts, que l'on reverra sans doute souvent du côté de chez nous.
Note bonus : 4/6
Image
Malgré les fourmillements presque incessants mais supportables et des contrastes difficiles voire bouchés sur les (très) nombreuses scènes sombres, l'image de Bullhead séduit par son look glauque et noir, son ambiance tendue et ses plans contemplatifs sur des cieux bien orageux… On regrette évidemment de ne pas disposer de davantage de précision (sans doute le Blu‑Ray relève‑t‑il le niveau sur ce point…), mais Michael R. Roskam fait preuve d'une maîtrise formelle évidente.
Top image : aucun
Note image : 4/6
Son
Un brin de musique classique, des ambiances naturelles hyper‑présentes (c'est bien sûr volontaire) et des dialogues toujours feutrés mais clairs qui nous emportent au cœur du film. La stéréo tient bon la barre, mais reste logiquement plus sèche et fermée que la piste d'origine Dolby Digital 5.1, plus dense, plus active à l'arrière et mieux spatialisée sur les enceintes. Sa consœur française ne fait pas tout à fait aussi bien sur les surrounds. Nous vous conseillons donc le film en néerlandais Dolby Digital 5.1 pour l'aération et l'immersion.
Top son : aucun
Note son : 4/6


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