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TV - Écran plat

Samsung QE65Q9F 2018

Mustav
Prix indicatif : 3 990 € TTC
Note AVCesar.com


Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 165 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
100 Hz : oui
Contraste : 20 000:1
TNT : double tuner (HD et UHD)
HDMI : 4 (v 2.0b, dont 4 arrières)
Dim. (L x H x P) : 1 450,10 x 899,9 x 353,4 mm
Poids : 30,9 kg
L’essentiel

S'il y a bien un téléviseur que nous avions à cœur de tester cette année, c'est le Samsung QE65Q9F 2018 ! En effet, avec ce spécimen issu de la série Q9F 2018 comptant aussi deux autres spécimens, 55’’ (140 cm) et 75’’ (191 cm), Samsung réintroduit la technologie Direct LED, sous l’appellation Direct Full Array Elite, et propose donc enfin un rétroéclairage Full LED Local Dimming avec des centaines de zones de contrastes indépendantes sur son modèle phare. Une particularité des plus intéressantes pour profiter des contenus Ultra HD HDR, surtout lorsqu'on connaît les performances affichées par les QLED en termes d'espace colorimétrique, Color Volume et contraste sur des téléviseurs « simplement » doté d’un procédé LED Edge (cf. notre test du Samsung QE65Q7F millésime 2017). Présentée comme étant capable de tenir tête aux TV dotés de la technologie Oled, la série Samsung Q9F 2018 profite bien sûr de tout le savoir‑faire du constructeur, matérialisé par de nombreuses nouveautés que nous allons découvrir tout au long de ce test complet. Histoire de vérifier si Samsung, avec le QE65Q9F 2018, a relevé le défi des nombreux TV Oled premium proposés par Grundig, LG, Loewe, Panasonic, Philips ou Sony. Un challenge de taille s’il en est.

 

 

Samsung Q9F 2018 : un TV QLED qui a du Q Style !

Pas de doute, le Samsung QE65Q9F 2018 marque un tournant, non seulement technologique (nous y reviendrons plus avant dans ce test) mais également en matière de design. Nous nous étions habitués à une course à la minceur avec des TV de plus en plus fins, tout en la déplorant, la faute à un système de rétroéclairage LED Edge « mécaniquement » moins performant qu’un modèle Direct LED Local Dimming plus encombrant. Avec la série Q9F 2018, Samsung a privilégié une esthétique qui inspire la pérennité et la performance. Sobre, digne d'un vrai TV Full LED haut de gamme, la dalle LCD plate et son coffre conserve une profondeur égale, 3,9 cm, des bords jusqu'au centre ce qui permet une parfaite fixation murale du TV contre le mur (surtout avec l’accroche ultrafine proposée déjà en 2017). Bien sûr, Samsung conserve le petit câble ultrafin de type « optique » d’une longueur de 5 m de long et 1 mm d'épaisseur (une déclinaison 15 m est disponible en accessoire), pour déporter une grande partie de l'électronique via le boîtier One Connect, inauguré l’an dernier. Avec toutefois une nouveauté remarquable en 2018, la prise en charge de l’alimentation du téléviseur. Le câble est en effet doté d’un fil d’argent permettant de véhiculer le courant électrique.

 

 

Au final, seul un minuscule câble relie l’écran au boîtier One Connect autorisant une installation d’une formidable épure. Alors, forcément, avec l’intégration de l’alimentation en son sein, le boîtier est beaucoup plus imposant, environ deux fois l'épaisseur d'une platine Ultra HD Blu‑Ray (cf. photo ci‑dessus) mais compte tenu de la longueur de ce petit câble (disponible également en 15 m, on le répète), il est même possible de le placer dans une autre pièce que celle où se trouve le téléviseur, l'émetteur infrarouge pour la télécommande étant évidemment intégré au TV. Précisons également que le Samsung QE65Q9F 2018 reconnaît assez facilement les appareils connectés via HDMI au boîtier pour les contrôler via la télécommande du TV. Il est également possible d'appairer en Bluetooth des enceintes actives, une barre sonore ou un casque pour limiter encore un peu plus les câbles. Et pour ceux qui préfèrent placer leur TV sur un meuble, le Samsung QE65Q9F 2018 dispose d'un pied assez classique, en forme de barre en aluminium noir très solide et stable. Évidemment, celui‑ci dispose d'un système de range câble avec cache en PVC pour le dissimuler (cf. photo ci‑dessous) .

 

 

Mode Ambiant pour un TV caméléon

Autre atout remarquable des TV QLED 2018, le fameux mode Ambiant déjà évoqué à plusieurs reprises dans nos actualités. Pour rappel, ce dernier permet de faire disparaître presque totalement le TV à la condition que celui‑ci soit fixé au mur. Le principe est simple : à l'aide d'une application Android/iOs dédiée sur son smartphone ou sa tablette, et après avoir pris une photo de l’écran et de son proche environnement, le TV analyse le cliché et le reproduit à l'identique, motifs inclus, pour devenir une partie du décor. Ainsi, le téléviseur se fond littéralement dans le décor, à l'instar d'un trompe‑l'œil du plus bel effet. C’est très spectaculaire et ça va plaire aux amateurs de décoration.

  

 

Le TV profite enfin d'une qualité de fabrication et d'assemblage exemplaire, élément primordial pour afficher une parfaite répartition de la lumière du système de rétroéclairage et réduire les risques de fuites, Clouding ou Banding, problèmes totalement absents sur notre modèle de test, il faut le préciser. Le coffre est en PVC épais, mais tout le cerclage et le châssis du TV est en acier épais et solide (le téléviseur pèse 26,7 kg sur la balance, sans le pied). On remarque également l’effort réalisé sur le filtre antireflets de la dalle LCD, l’un des plus efficaces que nous avons pu tester à ce jour malgré la présence d'une dalle brillante. À savoir, l'inévitable petit logo Samsung situé à la base de la dalle LCD peut être éteint pour ceux qui aiment regarder leurs films en salle totalement obscure.

 

Connectique complète et entièrement déportée

Comme à son habitude, Samsung propose une connectique très complète, totalement déportée sur cet énorme One Connect avec quatre entrées HDMI 2.0a toutes compatibles HDR10, H[abc]DR10+[/abc], [abc]HDR HLG[/abc], HDCP 2.2, 2 160p en 60 Hz, 4:4:4 et 12 bits dont une compatible ARC, VRR et MHL 3.0. Samsung avait annoncé le support eARC et, donc, du Dolby Atmos et du DTS:X via HDMI ARC, mais pour le moment ce n'est pas le cas (peut être plus tard avec un futur Firmware). D'autre part, cette année encore, Samsung fait l'impasse sur le HDR Dolby Vision (cf. notre actualité sur le sujet intitulé TV LED Ultra HD Samsung et HDR Dolby Vision, rien n'est fait mais ça discute…).

 

 

Le reste de la connectique rassemble un port Ethernet Gigabit, deux ports USB 2.0, un port USB 3.0, une sortie optique, un port CI+, un double tuner DVB‑C/DVB‑T2/DVB‑S2 et, enfin, un port mini‑jack EXT‑LINK (pour connecter un déport IR mais qui peut aussi servir aux calibreurs ISF).

 

 

Enfin, un mot sur la télécommande, elle aussi design et épurée avec son revêtement en aluminium brossé. Elle dispose de très peu de touches et donc peu de raccourcis. Nous regrettons que Samsung ne fournisse plus deux télécommandes comme c'était le cas jusqu’en 2016, une « complète » et une « simplifiée » afin que chacun fasse son choix. Car si cette télécommande s’avère très ergonomique à l'usage quotidien, pour procéder au réglage du TV, elle affiche vite ses limites. Cette procédure devient fastidieuse, à force de naviguer sans arrêt à travers les menus. À quand une touche d'accès rapide aux réglages Image pour faciliter le calibrage !? Par contre, le contrôle vocal est très efficace (c’est même bluffant) pour les recherches et permet la prise en charge de nombreux ordres vocaux pour une interaction largement améliorée comparé aux Android TV.

 

 

Qualité audio satisfaisante avec mode Optimisé

Si le système audio peut sembler assez classique, d'autant plus qu'aucun haut‑parleur n'est visible (ils sont tous orientés vers le bas), sous la dalle on découvre un équipement sonore finalement assez complet composé de six haut‑parleurs : deux frontaux, deux surround et deux boomers, le tout alimenté par six amplificateurs Class D de 10 W chacun. En toute franchise, la qualité vraiment très correcte avec peu de distorsion. Elle nous a même surpris par sa puissance et surtout la clarté et l'intelligibilité du rendu, notamment au niveau des dialogues et des moindres détails audibles ! Il faut préciser que Samsung a intégré un nouveau mode audio Optimisé doté d'une sorte d'IA (Intelligence Artificielle) qui analyse la scène sonore pour optimiser automatiquement, et en temps réel, le son du téléviseur en fonction des caractéristiques de l'image.

Par exemple, lors d'une retransmission sportive, le son d'arrière‑plan est accentué pour une sensation de réalisme accru. Lors de la diffusion d'un concert, les fréquences graves sont mises en avant afin de fournir une expérience sonore globale plus riche pour le spectateur. Les boomers permettent également d'apporter de la percussion avec quelques graves intéressants, mais cela reste évidemment loin de l'expérience sonore proposée par une bonne barre sonore ou mieux, un bon système Home Cinéma équipé d'un caisson de graves. Et comme déjà précisé, il est possible de diffuser l'audio via Bluetooth vers une enceinte active, une barre sonore, un casque ou un amplificateur compatibles Bluetooth.

 

 

 

Samsung Q9 2018 : Q Mastering Engine, Q HDR 2000, Q Contrast Elite

En 2017, Samsung introduisait la technologie QLED à base de filtres Quantum Dots, pensée pour dépasser les limites des panneaux LCD LED devant les défis imposés par la révolution Ultra HD. Lors de notre test du Samsung Q7, nous avions effectivement pu constater un espace colorimétrique bien plus large (quasiment 100% du gamut DCI‑P3 et 80% du Rec.2020), un taux de contraste intra‑image plus important (7 000:1) ou encore un pic lumineux de 1 200 nits. Cette année, avec le Q9F 2018, Samsung place la barre encore un peu plus haut en proposant son premier TV Full LED Local Dimming Elite, ce dernier ayant pour mission de proposer de meilleures performances en termes de contraste et de luminosité avec un pic annoncé à 2 000 nits !

 

Avant de vérifier les dires de la marque coréenne (cf. la section Verdict Technique de notre banc d’essai), sachez que notre protocole d'évaluation comptabilise 512 zones de contraste indépendantes, ce qui est suffisamment élevé pour offrir un contraste intra‑image très puissant tout en limitant considérablement les risques de Blooming. Samsung annonce également son algorithme Q Contrast Elite pour une meilleure gestion du rétroéclairage et du Peaking (boost très localisé de l’intensité lumineuse) en fonction de la luminosité des scènes. En effet, nous le soulignons régulièrement, le nombre de zones ne fait pas tout ! Il n'est pas rare de constater qu'un TV doté de 64 zones comme le Sony KD‑65XF9005 (dont le test est à venir) affiche moins de Blooming et un contraste perçu supérieur qu'un TV doté de 256 zones. La gestion du rétroéclairage a également une grande influence !

 

 

Pour le reste, cette nouvelle gamme TV QLED embarque également un nombre de technologies et fonctionnalités impressionnant ! En dehors de toute appréciation qualitative, une chose est sûre, difficile de faire plus complet. On retrouve donc une dalle Full LED 10 bits avec un taux de rafraîchissement de, toujours, 120 Hz (malgré ce qu'on peut lire à droite et à gauche), sauf que cette année Samsung propose plusieurs petites nouveautés concernant la gestion du taux de rafraîchissement. D'une part, celui‑ci s'adapte à la fréquence de la source : entendez par‑là qu’avec une source 24p, l'affichage bascule en 120 Hz comme pour les modèles des années précédentes, soit un multiple de 24, alors que si la source est en 50 im/s, il bascule cette fois‑ci en 100 hertz. Nul besoin de traitement 2/2 Pull‑Down ici, voilà qui permet de conserver une parfaite fluidité et une meilleure précision dans les mouvements, notamment avec un signal TNT.

 

Compatibilité VRR

D'autre part, le Q9F 2018 prend en charge la technologie VRR (Variable Refresh Rate), soit G‑Sync et Freesync, qui permet de compenser les variations de fréquences d’affichage en temps réel avec les jeux, pour éviter le phénomène de Tearing (déchirement d’écran). Précisons toutefois que les chipsets HDMI présents dans les TV Samsung 2018 ne gèrent pas toutes les spécifications HDMI 2.1, mais devraient prendre également en charge le protocole eARC lors d'un prochain Firmware.

Sinon, on retrouve sur le Samsung QE65Q9F 2018 la même structure de filtre Quantum Dots utilisée sur les modèles QLED 2017 de la marque. Toujours dans le but d’offrir une colorimétrie plus riche et de meilleurs angles de vision. Cependant, Samsung intègre un nouveau processeur vidéo Q Mastering Engine doté d'un meilleur traitement interne du signal avec un Upsampling de la profondeur des couleurs annoncé sur 16 bits pour éliminer les problèmes de postérisation des images (à l'instar des procédés Super Bit Mapping de Sony ou P5 Perfect Color de Philips). Ce traitement apporte également une amélioration de la fluidité et de la précision des images en mouvement même si l'algorithme Motion Plus en lui‑même reste identique malgré un indice de fluidité PQI 3700 (contre 3400 sur le Q9F cru 2017).

 

 

Outils de calibrage disponibles

Précisons aussi que Samsung a encore amélioré ses outils de calibrage qui avaient pourtant déjà subi un rafraîchissement notable en 2017. Toujours présents, la Balance des Blancs sur 20 points et un CMS (Color Management System) sur trois axes permettent désormais le calibrage des espaces couleur Rec.709, DCI‑P3 et Rec.2020. Il est important de préciser une légère anomalie, dès cette première partie de notre test : si on laisse la gestion de l'espace colorimétrique sur Auto, celui‑ci basculera en DCI‑P3 y compris en présence d'une source Rec.2020 (un disque 4K Ultra HD Blu‑Ray par exemple), ce qui influe forcément sur la restitution des couleurs. À notre avis, il doit s'agir d'un bug dont la correction pourrait être effective lors d’une prochaine mise à jour du micro‑logiciel. Donc en attendant, nous vous conseillons de forcer le mode Rec.2020 manuellement en présence d’un signal idoine. Une fois cette manipulation effectuée, vous pouvez remettre le paramètre en mode Auto, le TV commutera dans le bon espace couleur en fonction de celui de la source (un flux Rec.2020 ne sera donc plus converti en DCI‑P3).

 

 

Le mode Natif lui, permet d'étendre les coordonnées couleurs en Wide Gamut. Cela dit, il n'existe aucun algorithme d'amélioration des couleurs (comme le TriLuminos chez Sony), ce mode à donc tendance à saturer intensément les couleurs et surtout dénaturer les teintes de peau. Enfin, nous avons le choix entre SDR, HDR10 ou HDR HLG, sans oublier la fameuse fonction HDR+ qui permet d'optimiser l'affichage HDR10 ou de convertir tout contenu SDR en HDR.

 

Nouveauté, le réglage Amélioration des contrastes

Pour le reste, nous retrouvons évidemment tous les réglages habituels (cf. photo ci‑dessus) : choix du mode Image (Dynamique, Standard, Naturel et Cinema), plus un mode Jeu pour réduire l'Input Lag, Rétroéclairage, Contraste, Luminosité, Couleur, Netteté, Gamma… Le fameux Digital CleanView remplace toujours tous les réducteurs de bruit avec la possibilité de le désactiver, le régler sur Bas ou Auto. Appréciation rapide avant le Verdict Technique, nous l'avons trouvé un peu trop agressif sur Auto avec un effet type « aquarelle » trop prononcé ce qui a tendance à réduire considérablement le piqué et la texture de certaines matières. Avec la TNT nous avons préféré le laisser sur Bas et Désactivé avec les disques Blu‑Ray

 

 

Enfin, petite nouveauté très intéressante et efficace, surtout sur un système de rétroéclairage Full LED, le réglage Amélioration des Contrastes peut donner de très bons résultats, surtout sur les contenus HDR. Il faut également savoir que son action est dépendante du paramètre Local Dimming. En effet, cette année la gestion Local Dimming va au‑delà d'une simple gestion de zones de contraste. Lorsqu'il est réglé sur Élevé, cela renforce l'effet de Peaking et booste énormément le rendu HDR. En activant l'Amélioration des contrastes, une sorte de remapping des tons dynamiques s'opère pour offrir un rendu plus naturel alors que sans, le rendu peut sembler surexposé et manquer de naturel. À chacun son choix (cf. nos explications dans le Verdict Technique).

 

OS Tizen, cœur d'une des interfaces les plus complètes du marché

Quand on parle de TV Samsung, impossible de passer à côté des énormes possibilités offertes par la section Smart TV avec une interface Smart Hub hypercomplète qui évolue toujours sous l'OS Tizen. Certes, les nouveaux téléviseurs Android TV offrent plus de possibilités, notamment au niveau des jeux, et la possibilité d'accéder à Google Play et ses centaines d'applications, mais le Smart Hub à l'avantage d'être très stable et réactif (ce qui n'est pas le point fort d'Android TV), plutôt fun et très simple d'utilisation au quotidien. De plus, avec les nombreux partenariats signés par Samsung, on trouve également de très nombreuses applications, de non moins nombreux services de Catch‑Up TV ou VOD comme Netflix, Google Play, Amazon PrimeVideo, myCanal, Molotov ou TwitchTV, des jeux assez basiques, des interfaces de lecture multimédia comme Plex, DS Video ou encore des applications intéressantes comme TunIn, Deezer, SFR Sport, BeIn Sport, OCS, Spotify, Deezer, Steam Link… Et si le CPU n'est qu'un modèle Quad Core+, il s’avère cependant l'un des plus puissants disponibles actuellement au sein des TV proposés en magasin. C'est probablement l'une des interfaces les plus complètes, juste derrière l'OS Android TV. 

 

 

Alors, c’est vrai, pas de Kodi ou VLC ici, présents sur les téléviseurs Android TV de chez Philips, TCL ou Sony. Mais le lecteur multimédia du TV Samsung s’avère très complet et d'une stabilité étonnante. Il décode pratiquement tous les formats les plus courants dont les vidéos Ultra HD HDR10 et BT.2020, les codecs HEVC, AVC/H.264, VP9, MKV, M2TS, TS, [abc]FLV,[/abc] Mov, MP4, Flac, APE, Alac, M4A, WMV HD, DivX Plus UHD, AIFF, AAC, DTS, [abc]Dolby Digital Plu[/abc]s, MPO, PNG, Jpeg, et toutes sortes de sous‑titres comme les ASS, SRT, Sub, SSA, SMI. Bref, Ultra HD, HDR10 ou 1 080p, ce lecteur a lu tous nos échantillons de test vidéo et audio, en dehors des Iso et des fichiers DSD. C'est d'autant plus intéressant que ce lecteur propose en outre un excellent décodage vidéo grâce au puissant GPU Q Mastering Engine et le bitstream des pistes audio Dolby Digital 5.1 (pas de DTS [abc]5.1 [/abc]via ARC ou optique, ce qui est étonnant et sera peut‑être corrigé plus tard). Et pour ceux qui voudraient profiter d'un système de jaquettes pour afficher toute leur vidéothèque à l'écran, on trouve la célèbre application Plex.

 

Comme en 2017, on retrouve bien sûr l’intégration d’un décodeur Canal+ complet directement au sein du téléviseur. Cela permet l’accès direct à tous les programmes du groupe Canal+, offre MyCanal (pour regarder les programmes sur plusieurs écrans simultanément, quatre en tout, dont une tablette, un ordinateur ou un smartphone avec deux TV au maximum) avec Canal+ à la demande et BeIn Sports compris. C’est géré très simplement, à travers une entrée dédiée dans les menus du TV. Il est aussi possible de s’abonner à Canal+ ou CanalSat directement depuis l’écran TV. Le tout contrôlé à partir de la télécommande du TV.

 

 

Mais l’une des nouveautés essentielles de ces modèles 2018, outre le mode Ambiant déjà mentionné, réside dans l'intégration de la fonction SmartThings. Cette dernière, via une interface dédiée, permet de piloter une multitude de produits connectés, du thermostat à la caméra de surveillance en passant par les volets roulants ou l'aspirateur robot. Samsung annonce que la fonction SmartThings est totalement ouverte à tous les protocoles du marché pour une compatibilité IoT (Internet of Things) quasi universelle.

 

Concurrence

De plus en plus de fabricants comme Panasonic, Sony, LG, Loewe ou Philips ont choisi la technologie Oled pour leurs modèles phares. Si en plus on prend en compte l'élément rétroéclairage Full LED Local Dimming du Samsung QE65Q9F 2018, la concurrence se limte à deux spécimens dans cette gamme de prix. Le premier est le Sony KD-65XF9005, un magnifique TV doté d'un processeur vidéo révolutionnaire, le X1 Extreme ! Ce modele possède un puissant contraste avec un procédé Local Dimming comptant 64 zones avec une gestion du retréoclairage trés performante. Il embarque également un OS Android TV, une compatibilité HDR10, HDR HLG et HDR Dolby Vision, un double tuner DVB‑C/T2 et S2, et une compensation de mouvement X‑Motion Clarity trés performante. Sans oublier l'une des conversions SDR/HDR les plus efficaces du moment grâce au X Tended Dynamic Range Pro.

 

Le second se nomme LGSK9500. Il s'agit d'un TV LCD Full LED doté d'un système Local Dimming Pro et d'une dalle Ultra HD 10 bits (un profil IPS nouvelle génération, donc capable d'atteindre un pic lumineux bien plus important qu'auparavant : il avoisine les 1 200 nits sur cette référence). Il embarque toutes les spécificités LG comme WebOS propulsé par un processeur Quad Core, les compatibilités HDR10, HDR Dolby Vision et HDR HLG ainsi qu'une compensation de mouvement TruMotion doté d'un indice de fluidité PMI3700. On relève également une particularité intéressante, avec le support du Dolby Atmos via HDMI ARC et en lecture multimédia.

Fiche technique
Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 165 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
HDR : HDR10, HDR HLG
100 Hz : oui
Contraste : 20 000:1
Réception : télétexte, PAT, PIP, PAP, Infos+, EPG, TNT (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), SAT (simple tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), Câble (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+)
Connectique : 4 entrées HDMI (v 2.0b), 1 sortie audio numérique (optique), 1 port CI+, 2 ports USB Host (arrière) dont 1 USB 3, 1 port Ethernet, Wi‑Fi (ac)
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24)
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (Ultra HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, UPnP (DLNA), Bluetooth 4.1 + EDR, HBBTV, Podcast, Webradios, WebTV (Widgets), accès Web
Usage : télécommande préprogrammée, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : Espace couleur (couleurs primaires + couleurs secondaires), balance des blancs paramétrable (20P), réglage de gamma (préréglage), rétroéclairage (dynamique par zone), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvement : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Son : puissance (6 x 10 W), caisson (20 W), décodeur (PCM, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE-AAC, DTS), ARC, processeur surround (DTS Premium Sound 5.1), traitement audio (Optimisé par I.A), égaliseur, AVL
Consommation : 235 W (0,5 W en veille)
Dim. (L x H x P) : 1 450,10 x 899,9 x 353,4 mm
Poids : 30,9 kg
ph image
Verdict technique

Après avoir fait le tour du téléviseur et livré quelques informations rapides sur ces performances et fonctionnalités, est venu le moment de vous livrer notre verdict sur ce fameux Samsung QE65Q9F 2018. S’il s’agit d’une évolution remarquable des TV QLED apparus l’an denier, avec l’emploi sur ce modèle d’un (très) puissant rétroéclairage Direct Full Array Elite, nous ne sommes pas encore en présence d’un système auto‑émissif (vous pouvez cliquer sur le lien suivant pour découvrir le dossier complet de la rédaction sur la technologie Quantum Dots et son très intéressant futur potentiel : Avec les Quantum Dots, Samsung bouleverse l’Ultra HD).

 

 

Et pourtant… Pour la toute première fois, un diffuseur LCD peut soutenir la comparaison avec l’Oled, dans le sens où le plaisir de vision n’est en rien altérer par les défauts habituels de cette technologie. En termes de performances, chaque procédé d’affichage peut dorénavant mettre en avant des points forts, chacune accusant aussi des faiblesses. Pour en arriver là, il faut reconnaître que jamais Samsung n'était allé aussi loin avec un écran au potentiel inédit.

Nous vous invitons donc à découvrir notre test complet après avoir passé ce téléviseur au crible, sous toutes les coutures. Précision, ce banc d’essai fut aussi l’occasion de séances de calibrage multiples (cf. la suite de notre test) avec la participation de Cédric Louis, calibreur certifié ISF et THX Level II de son état, présent dans notre laboratoire pour nous aider à peaufiner encore nos procédures de test. Comme d’habitude, nous avons utilisé des appareils de mesure de haute précision comme un Colorimètre Klein K‑10 (cf. photo ci‑dessus), un spectroradiomètre Jeti Specbos 1211, un générateur de mire UHD HDR10 et HDR Dolby Vision Murideo, le tout avec le logiciel Calman sous licence ISF et THX.

 

Efforts appréciables pour une colorimétrie plus juste

L'an dernier, avec le lancement de sa gamme QLED, nous avions déjà pu apprécier de gros efforts des ingénieurs au niveau colorimétrique. Il faut dire que la gamme SUHD 2016 nous avait laissés sur notre faim sur ce point. De toute évidence, le constructeur Samsung bien décidé à concurrencer la technologie Oled, récolte cette année encore les fruits d’un énorme travail accompli en 2017 afin de tirer la quintessence de la technologie LCD LED. Ces efforts significatifs s’apprécient à la lueur de nos mesures. Ainsi, le Samsung Q9F 2018 reprend peu ou prou les bases colorimétriques du Samsung Q7F de 2017 avec un gamut DCI couvert à 98,2% et un gamut ReC.2020 qui atteint quasiment 80%.

 

En revanche, ce qui saute aux yeux, ce sont les efforts accomplis en termes de justesse colorimétrique ! Évidemment, il faut partir du mode Cinema pour être le plus proche possible des standards vidéo (le mode Standard n'est clairement pas optimisé pour les Blu‑Ray). Jamais nous n'avions mesuré un TV Samsung aussi juste en sortie de carton (cf. photo ci‑dessous) avec un Delta E moyen de 1,8 pour la Balance des Blancs, en SDR. Et même en regardant chaque valeur de gris une à une, on constate que le plus grand écart atteint à peine 3,08 ! Pour rappel avec un Delta E en dessous de 3, l'œil humain ne voit quasiment pas de dérives colorimétriques. Autant dire qu'il faut être exigeant pour ressentir le besoin d'améliorer ce résultat.

 

 

Cela dit, c’est notre cas ! En route donc pour un calibrage en bonne et due forme. Comme déjà précisé dans la première partie de ce test, le Samsung Q9F 2018 possède tous les outils nécessaires pour effectuer un réglage professionnel et affiner encore un peu plus ses performances. Précisons au passage que, cette année, l'incrémentation de la Balance de Blanc 20P a été corrigée et s'avère désormais très précise, ce qui n'était pas le cas sur les TV QLED 2017. Bref, ce calibrage devait apporter un gain substantiel, notamment en ce qui concerne l'espace couleur, un peu plus perfectible que l'échelle de gris. En effet, le Gamut Rec.709 affiche un Delta E moyen de 2,5, mais un écart maximum de 5,6 (les teintes vertes sont un peu trop saturées). D'autre part, avec les réglages par défaut nous constatons un gamma qui manque de linéarité et un pic lumineux trop élevé (225 nits en SDR) par rapport aux recommandations ISF (120 nits maximum en salle obscure et 150 nits en salle éclairée).

Cependant, nous sommes très agréablement surpris par ces résultats qui permettent à tout un chacun de profiter de son téléviseur dans de très bonnes conditions même sans avoir recours à un calibrage. Un vrai plus pour les consommateurs.

 

 

Après calibrage, nous obtenons une justesse encore jamais atteinte sur un TV Samsung avec un Delta E de 0,76 sur la Balance des Blancs (écart maximum de 1,29), et un Delta E de 1,3 pour l'espace couleur Rec.709 ! Évidemment, le gamma affiche désormais une linéarité exemplaire pour une parfaite lisibilité dans le voisinage du noir comme du blanc (cf. photo ci‑dessus). La colorimétrie ainsi obtenue est magnifique et très naturelle ! C’est vraiment splendide.

Bien sûr, on retrouve les petits défauts propres aux écrans LCD équipés d’un filtre Quantum Dots avec un angle de vision relativement étroit. Et comme avec le 65Q7F 2017, lorsqu'on se décale, la perte de contraste est visible au‑delà de 30°, mais reste toutefois acceptable. De même, c’est la norme avec un filtre Quantum Dots, les couleurs affichent des dérives assez visibles à partir de 20° hors axe.

Rien de grave toutefois,le constat général s’avère très positif avec une amélioration sensiblement visible et mesurable. Les disques Blu‑Ray affichent une bien meilleure image avec des couleurs plus justes, plus riches et bien plus dynamiques ! Autre précision, les teintes de peau qui tiraient un peu sur le vert avant calibrage sont quasi parfaites après calibrage.

 

Spectre de luminance énergétique

Le spectre de lumière a également été revu avec des vagues moins hautes et moins étroites, notablement dans le bleu. Au premier abord, on pourrait penser qu'il s'agit d'une régression, mais pas du tout ! En effet, plus ces « vagues » sont étroites, plus la colorimétrie est directive et plus cela engendre des soucis de métamérismes et postérisation. Cela explique donc l'amélioration flagrante que nous avions remarquée au premier coup d'œil avec beaucoup moins de postérisation qu'en 2017.

 

 

Cela dit, des progrès peuvent encore être faits en termes de gradation (résolution des couleurs). Pourtant, Samsung avait fait l'annonce d'un traitement interne 16 bits lors du CES, mais celui‑ci n'apporte pas d'amélioration aussi nette que sur les TV Sony ou Philips. Notre test de gradation nous affiche des effets de Banding assez visibles. Cependant, pour être tout à fait honnêtes et objectifs, ce défaut n'est pas perceptible lorsque nous regardons des films. Comme quoi, et nous le répétons suffisamment, au‑delà des mesures il est important de passer du temps avec le TV pour juger de ses réelles performances avec différentes sources.

 

 

Enfin, concernant la qualité intrinsèque des diodes LED (spectre lumineux et CIELAB qui définit la capacité des diodes à reproduire une colorimétrie la plus proche possible de celle perçue par l'œil humain), les mesures donnent des résultats standards (cf. respectivement première et seconde photos ci‑dessous). Avec une valeur moyenne de 59/100 c'est similaire à l'an dernier, ce qui confirme que les filtres QD (Quantum Dots) sont probablement identiques. Jusqu'ici, le record appartient au Sony XF90005 dont le test sera publié très prochainement avec une valeur moyenne de 78/100 !

 

Calibrage et performances en Ultra HD HDR10

Tout d'abord, précisons que sur les TV QLED Samsung, il est préférable de faire deux calibrages distincts, un pour les signaux SDR Rec.709 et un autre pour les flux HDR Rec.2020. Les deux réglages resteront mémorisés et le TV bascule ensuite automatiquement sur les réglages adéquats lorsqu’il détecte la nature du signal reçu. Si, comme nous l’avons vu plus haut, en SDR la colorimétrie ne nécessite pas forcément de calibrage, ce n'est pas le cas en HDR10...

 

 

En effet, les mesures de la Balance des Blancs du mode Cinema en HDR10 affichent des écarts Delta E supérieurs à 8 sur de nombreux points de la courbe EOTF. D'autre part, il est important de bien régler le paramètre Atténuation Locale sur Elevé sans quoi la courbe de transfert EOTF sera très en dessous des valeurs cibles avec un rendu trop sombre. Une fois celui‑ci activé, l'image sera presque trop lumineuse. Mais après calibrage, cette luminosité sera atténuée et la courbe parfaitement ajustée sur la cible. Si vous recherchez un rendu HDR10 le plus naturel possible, Il est également conseillé de ne pas activer l'Amélioration des contrastes, sinon le rendu en HDR10 sera bien trop lumineux avec des blancs brûlés et des noirs bouchés alors qu'en désactivant cette option l'échelle de gris est plus équilibrée. N'oublions pas que la technologie HDR n'est pas là pour booster la luminosité des images de façon globale, mais uniquement certaines zones de l'image si nécessaire. L'apport du HDR doit être agréable, subtil et naturel et non pas engendrer une surexposition de l'image !

 

 

Malgré le temps passé, nous ne sommes pas parvenus à obtenir une courbe EOTF parfaite, elle se courbe un peu trop tôt au‑dessus de 65%, soit avant le niveau de Clipping qui se situe normalement à 75% en HDR10. Visuellement, cela se ressent un peu avec une légère perte du pic lumineux, mais le manque à gagner n'est pas flagrant. On peut toutefois booster le haut de la courbe EOTF en activant l'Amélioration des contrastes, mais on le répète, dans ce cas c'est toute la courbe qui sera rehaussée et le rendu global surexposé avec des blancs brûlés et donc un manque de lisibilité dans les hautes luminosités. Par contre, aucun souci concernant la Balance des Blancs et le gamut Rec.2020 couvert à 80%. Tous deux affichent un Delta E moyen inférieur à 2 après calibrage. Précisons que toute la partie des mesures au‑delà de 75% de gris n'a aucune incidence (visuellement parlant), puisqu'elle se situe après le Clipping (cf. photo ci‑dessus). Il semblerait qu'en désactivant l'algorithme de Peaking dans le « menu‑service » il soit possible d'obtenir une courbe EOTF plus fidèle à la cible, mais en contrepartie le contraste et le pic lumineux seront plus faibles donc l'image perdra en dynamique ce qui est tout de même dommage pour l'expérience HDR sur un tel TV ! Nous avons donc préféré ne pas intervenir à ce niveau, d'autant plus que l'utilisateur ne peut pas accéder à ce menu sous peine de voir sa garantie annulée.

 

Conversion SDR/HDR

Enfin, un petit mot sur la fonction HDR+ qui ne doit pas être confondue avec le HDR10+, déclinaison du HDR10 avec le support des métadonnées dynamiques. Non, le HDR+ signé Samsung est une conversion SDR/HDR à la volée activable sur n'importe quelle source : films, chaînes TV, jeux, photos, etc. Cette conversion donne de très bons résultats pour peu qu'elle soit bien paramétrée, ce qui n'est clairement pas le cas par défaut. Tous les paramètres, ou presque, sont poussés au maximum : réglage Motion Plus hyperfluide qui engendre un effet caméscope très présent et une dynamique de l'image bien trop prononcée, ce qui entraîne des noirs bouchés, des blancs brûlés, un manque de nuances, etc. Bref, il vaut mieux apporter quelques modifications pour affiner les résultats car il est tout à fait possible d'obtenir une conversion SDR/HDR de toute beauté ! En effet, jouer de concert sur l'Amélioration des contrastes et l'Atténuation Locale permet d'améliorer considérablement cette conversion SDR/HDR dont les performances se rapprochent de plus en plus du X‑Tended Dynamic Range de Sony, surtout sur un Full LED avec autant de zones que ce Samsung QE65Q9F 2018 !

 

 

Contraste dynamique record et pic lumineux énorme pour un rendu HDR explosif !

C'est l'un des secteurs sur lequel nous attendions beaucoup du Samsung QE65Q9F 2018 et les résultats s’avèrent impressionnants ! Pourtant, au premier abord, nous avions mesuré un contraste Ansi très bon, mais loin d'être exceptionnel avec un ratio de 6 600:1 pour une profondeur de noir à 0,018 nits et un blanc à 118 nits. Cependant, en activant le Local Dimming sur le niveau Élevé, le TV passe dans une tout autre catégorie avec un ratio de contraste qui grimpe presque à 20 000:1Phé‑no‑mé‑nal ! Sinon, système Direct LED oblige, le noir est abyssal et peut descendre à 0,0018 nits dans les scènes sombres !

 

À savoir…

Cependant, si cette gestion dynamique du rétroéclairage est très performante en HDR10 avec un contraste inédit et des pics lumineux énormes pour un LCD LED, les résultats sont à l'appréciation de chacun avec des Blu‑Ray 1 080p ou tout autre contenu SDR. En effet, lorsque le Local Dimming (appelé Atténuation locale) est réglé sur Élevé (cf. photo ci‑dessous) cela booste l'effet de Peaking et du coup améliore la conversion SDR/HDR appelée HDR+ chez Samsung avec des résultats assez similaires au X‑Tended Dynamic Range de Sony. Certains lui trouveront un manque de naturel avec un rendu trop lumineux, voire trop dynamique. Chacun ses goûts, mais la conversion en elle‑même donne de très bons résultats !

 

 

De plus, l’Amélioration des contrastes (réglé sur Bas) opère un très bon « remaping » de la courbe de luminance ce qui permet d'éviter de brûler les blancs. Ceux qui aiment les images très lumineuses seront ravis des résultats. Attention toutefois, avec une source HDR10 ce même réglage Amélioration des contrastes dérègle la courbe EOTF. Il est donc à éviter (réglé sur Désactivé) pour conserver un rendu HDR naturel et parfaitement lisible sur toute l'échelle de gris.

 

Il faut ajouter que pour parvenir à de telles performances, cela passe nécessairement par une parfaite homogénéité du rétroéclairage. Un TV qui souffre de Clouding affichera toujours un contraste perçu décevant. Ce n'est évidemment pas le cas de ce spécimen parfaitement assemblé qui propose une homogénéité parfaite, sans aucune trace de Clouding. D'autre part, c'est l'un des rares TV LED à afficher aussi peu de Blooming grâce à ses 512 zones, une excellente gestion de rétroéclairage et un peaking parfaitement maîtrisé. Aucune trace de Blooming dans 99% des scènes ! Tout juste pouvons‑nous apercevoir de rares fois, en cherchant bien, le noir se griser tout légèrement. Plus impressionnantes, les barres noires restent parfaitement noires, même lors de scènes très lumineuses. Il n'y a qu'en de rares moments, en visionnant des films au format 2.35:1, lorsqu'un objet très lumineux sur fond sombre se trouve à proximité des barres noires qu'on peut déceler quelques légers résidus de lumière qui vont griser un poil le noir. Pour revenir au Blooming, nous avons essayé toutes les positionnements possibles en tant que spectateur lors de la diffusion d’un Blu‑Ray, seules les places assises situées aux extrémités d'un très large canapé pourront apercevoir quelques traces de Blooming de temps en temps, mais il faut vraiment partir en chasse… Évidemment, en regardant le TV totalement de côté, on perçoit du Blooming mais personne ne regarde un TV ainsi...). Pour arriver à de tels résultats, Samsung a mis au point une nouvelle technologie anti‑Blooming liée au procédé Direct Full Array Elite. En fait, la luminosité de chacune zone est plus intense au milieu et moins élevée en périphérie. Malin.

 

 

Par contre, lorsqu'on visionne des scènes sombres dans le noir total, l'Oled prend l’avantage avec une meilleure lisibilité dans le voisinage du noir (attention, tous les TV Oled ne sont égaux sur le sujet). Sur le QE65Q9F 2018, lors de scènes très sombres (par exemple dans l'espace), certaines parties de l'image peuvent « se boucher » de temps en temps. Plus étonnant, avec du contenu HDR, les scènes sombres sont plus lumineuses sur un bon Oled. En revanche, en présence de scènes lumineuses, d'un coucher de Soleil, d'une explosion, d'une scène à contre‑jour, le Samsung Q9F laisse sur place les TV Oled, même les meilleurs, et affiche une image explosive, dynamique et absolument fabuleuse !

 

Pic lumineux HDR ?

Quant à la mesure du pic HDR, pour être honnête, cela n'a pas été simple. La faute au système de rétroéclairage dynamique réactif, doté de variations rapides. En clair, le pic HDR maximum n’est affiché que deux ou trois secondes à l’écran, notre sonde a donc à peine le temps de faire sa mesure. Les chiffres obtenus et publiés intègrent donc une légère perte, avec un résultat en deçà de la puissance réelle du pic lumineux maximum. De notre côté, avec une mire HDR blanche qui couvre 10% de la surface de l'écran, nous relevons un pic lumineux à 1 700 nits environ, mais sur un instantané ce pic peut grimper bien au‑delà. À titre d'exemple, sur une mesure instantanée en mode Dynamique, le pic peut grimper à plus de 3 200 nits ! Dans l'ensemble, le Samsung QE65Q9F 2018 peut dépasser le Sony ZD9 (cliquez pour découvrir le test du produit par la rédaction d’AVCesar.com) sur des pics instantanés, mais ce dernier affiche un rendu HDR plus équilibré et nuancé dans son ensemble avec un clipping à 85% et un meilleur remapping de la courbe EOTF. En fait, avec le Samsung, l'idéal serait de faire deux calibrages HDR10, un pour les UHD Blu‑Ray encodés à 4 000 nits, et un autre pour ceux encodés à 1 000 nits. En revanche, là où le Q9F fait très fort, c'est qu'il arrive à conserver un pic lumineux supérieur à 800 nits avec une mire HDR à 50% et près de 700 nits avec une mire HDR plein écran ! C'est vraiment énorme, près de 60% supérieur au Sony ZD9.

 

Dans son ensemble, le rendu HDR est donc exceptionnel et s’affirme comme un atout majeur de ce téléviseur. Dynamique et lumineux, grâce à un Color Volume d'exception, le rendu HDR conserve des couleurs vibrantes, riches et parfaitement saturées ! À titre comparatif, le Color Volume d'un TV LED UHD comme le Sony XF9005 (test à venir, on le rappelle) se limite à 363 millions de couleurs, alors que le Samsung Q9F en affiche 492 millions. Autre élément de comparaison, à 1 000 nits le Sony affiche 82% du DCI‑P3, le Samsung 99% ! Et croyez‑nous, la richesse des couleurs affichées à l’écran en toutes circonstances, ou presque, ça change beaucoup de choses. 

 

 

Auto Motion Plus et BFI

L'Auto Motion Plus PQI3700 propose une fluidité et une précision assez similaire à l'an dernier. Il faut dire que Samsung avait déjà amélioré son algorithme en 2017 avec un temps de réponse très correcte de 15 ms (soit bien au‑dessus de la moyenne) ce qui permet d'offrir une belle précision d'image en mouvement. Comme précisé dans la première partie de notre test, la fréquence d'affichage s'adapte à la source quelle que soit la cadence du contenu (24, 50 ou 60 im/s) ce qui apporte un surcroît de clarté, surtout pour les chaînes TV. Curieusement, nous avons rencontré certains décrochages avec des rares programmes de la TNT, mais cela peut venir de la chaîne elle‑même. Quant à la fluidité, elle est toujours aussi parfaite ! On retrouve le même type de réglages que l'an dernier. Chacun optimisera le curseur à son goût pour une image plus ou moins fluide, plus ou moins précise. On retrouve également la grande qualité de l'Auto Motion Plus, à savoir une image qui garde un très joli piqué, même lors des travellings rapides et la possibilité de proposer une image naturelle ou typée caméscope, selon les souhaits de chacun. Pour rappel, les plus gros progrès sur ce point ont été réalisés en 2017, notamment pour des contenus Ultra HD 24p parfaitement fluides.

 

 

On retrouve évidemment l'activation du BFI (Black Frame Insertion) qui permet d'améliorer encore cette précision d'image en mouvement contre un léger effet de scintillement et une perte flagrante de luminosité. Quant à l'Input Lag, Samsung s'est toujours démarqué par une mesure très faible pour le grand bonheur des gamers. Sur ce spécimen, nous l'avons mesuré à 21 ms en 1 080p/60 Hz en activant le mode Jeu. Petite nouveauté cette année, il existe un Game Motion Plus (adapté aux jeux donc) très intéressant, puisque désormais, nous pouvons activer une compensation de mouvement pour une meilleure fluidité avec les jeux sans augmenter l'Input Lag. Nous avons donc également testé un signal 2 160p/60 Hz, avec le même résultat que ce soit en SDR ou HDR : 21 millisecondes. Au final, le Samsung QE65Q9F 2018 est un formidable téléviseur pour les joueurs ! Par contre, à l'heure de notre test, le mode VRR n'était pas encore pris en charge, ce qui viendra lors d'un prochain Firmware.

 

 

Traitement vidéo Q Mastering Engine : très bon, mais perfectible

Jusqu'ici, Samsung nous avait habitués à l'une des plus puissantes mises à l'échelle UHD du marché et l'un des meilleurs traitements vidéo. Aussi étonnant que cela puisse paraître, si nous avons été bluffés par les résultats avec des contenus UHD ou du rendu HDR vraiment exceptionnel sur ce TV, nous pensons que le nouveau processeur Q Mastering Engine n'a pas encore été optimisé à 100% et que de prochains Firmware permettront d'exploiter toutes ses capacités. 

Encore une fois, avec les contenus UHD, les images sont d'une précision époustouflante, et surtout un relief et une profondeur de champs réellement impressionnants. À tel point que, parfois, nous avions l'impression de visionner une image 3D sans lunette ! De toute évidence, l'algorithme Auto Depth Enhancer présent sur les TV courbes de la marque a été parfaitement adapté aux dalles plates pour d'excellents résultats, surtout en mode Standard. Parfois, le découpage des plans était même un peu trop visible à notre goût avec un effet « parallaxe » trop prononcé. En mode Cinéma le rendu est bien plus naturel, chacun choisira selon ses préférences.

 

 

Par contre, nous avons trouvé le moteur de mise à l'échelle perfectible avec une image encore un peu trop douce. C'est d'autant plus visible en mode Cinéma, car ce dernier est paramétré avec la netteté à 0. Le filtre de Netteté permet d'apporter une meilleure précision, mais à tendance à engendrer un léger double contour (effet de Ringing), donc il faut procéder avec minutie. Certes ce Ringing Effect est plus visible sur des mires de tests qu'en regardant un film, mais l'an dernier nous obtenions de meilleurs résultats. Même constat avec le filtre réducteur de bruit Digital CleanView qui lui aussi nous a semblé perfectible car trop violent, surtout en position Auto ! Il a tendance à engendrer un effet « aquarelle » et lisser trop l'image pour réduire le bruit ou les artefacts, ce qui engendre une perte de piqué. En désactivant le Digital CleanView (cf. photo ci‑dessus) le piqué est évidemment bien meilleur et l'image retrouve toute sa précision. Nous aurions préféré deux réducteurs de bruits indépendants pour doser plus finement le traitement vidéo. En attendant que Samsung améliore tout ça, nous conseillons de limiter ce traitement au niveau le plus faible, voire de le désactiver.

 

Relativisons tout de même, car les résultats sont très bons. Connaissant Samsung nous savons que, s'agissant d'un nouveau processeur, des améliorations sont à venir. Jusqu'ici Samsung a toujours réussi à améliorer le traitement vidéo de ses processeurs. Cependant, depuis le X1 de Sony notre niveau d'exigence est un peu plus élevé qu'auparavant.

 

Pour conclure…

Après le test du TV LCD Sony KD 65ZD9, on avait du mal à imaginer un concurrent capable de relever le gant. On avait du mal, aussi, à imaginer un TV LCD capable de constituer une alternative crédible face aux meilleurs téléviseurs Oled du marché. Pourtant, Samsung l'a fait !

 

La technologie LCD a ceci de formidable qu’à chaque fois qu’on la croit définitivement distancée, notamment en matière de performances, elle est capable de se réinventer pour nous surprendre et perdurer. À condition bien sûr de profiter d'innovations technologiques repoussant ses limites. C'est bien ce qu'a réussi le N°1 mondial du marché TV avec le Samsung QE65Q9F 2018 : commercialiser le meilleur TV LCD de tous les temps, susceptible de faire douter les plus fervents supporters de la technologie Oled. Car, désormais, autant l'Oled peut s'enorgueillir de surclasser le LCD sur certains points, autant la réciproque est vraie sur d'autres critères. Et le premier nommé n'est pas prèsde chatouiller le second dans le domaine du Color Volume par exemple : 99% du DCI‑P3 à 1 000 nits. Sur une même scène lumineuse, n'importe quel TV Oled paraîtra fade à coté du Samsung 65QEQ9F 2018.

 

Comment ne pas, non plus, rappeler un taux de contraste dynamique record de 20 000:1 et un pic lumineux très puissant capable d'atteindre 1 700 nits en statique avec une mire HDR de 10% et plus de 3 300 nits sur des mesures instantanées et très localisées ! Bref, des performances qui font de ce diffuseur un des spécimens les plus complets, et sans doute le plus abouti à l'heure d'écrire ces lignes, pour profiter pleinement de la technologie Ultra HD HDR.

Nous avons pris de véritables claques visuelles en regardant le film Valérian et la Cité des mille planètes en version UHD HDR (version import pour un véritable festival de couleurs). Évidemment, la technologie OLED reste encore au‑dessus en termes de lisibilité et contraste dans les scènes sombres, et pour encore un moment sans doute. Mais le Q9F 2018 dispose de suffisamment de zones Local Dimming associées à une gestion du rétroéclairage performante pour éliminer tout problème de Blooming et offrir des scènes sombres avec un noir d'une profondeur abyssale !

 

 

Par ailleurs, il faut aussi saluer les progrès considérables du fabricant concernant la justesse colorimétrique en sortie de carton, nettement meilleure aux spécimens des années précédentes, permettant à tout utilisateur de profiter de son TV de très bonnes conditions sans réglage compliqué. Et s'il reste évidemment quelques points perfectibles, notamment au niveau de la mise à l'échelle Ultra HD ou du système de gradation, pour réduire encore un peu plus la postérisation, ou quelques améliorations concernant la courbe de transfert EOTF, tout peut être traité « logiciellement » via des mises à jour Firmwares.

Pour le reste, on retrouve les grandes qualités qui ont contribué à la renommée et au succès des TV Samsung, à savoir une ergonomie exemplaire, des fonctionnalités à foison (mode Ambiant, fonction SmartThings) et un OS Tizen parfaitement stable, fun et simple à utiliser, malgré une multitude d'applications en tout genre qui transforme votre TV en véritable plateforme de divertissement à domicile. À signaler encore de nombreuses possibilités pour réduire au maximum l'utilisation de câbles avec notamment le boîtier One Connect sur lequel est déportée une bonne partie de l’électronique, toute la connectique et même l'alimentation via un seul câble ultrafin.

 

Bref, le Samsung QE65Q9F 2018 s'affirme comme une synthèse des meilleures technologies TV du moment, même sans l'Oled, et se positionne parmi les favoris pour le prix du TV de l'année 2018.

+ Les points forts
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Balance des Blancs parfaite en sortie de carton
»  
Meilleur rendu colorimétrique
»  
Gamut Rec.2020 couvert à 79%
»  
Puissant contraste dynamique à 20 000:1 !
»  
Rendu HDR10 exceptionnel !
»  
Parfaite fluidité et homogénéité
»  
Input Lag réduit (21 ms)
»  
Design sobre et excellente finition
»  
Smart Hub très complet, réactif et stable
»  
Local Dimming très performant (512 zones)
- Les points faibles
»  
Upscaling UHD perfectible (un poil)
»  
»  
Dalle directive
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