Enceinte

B&W 606

Par Gwendal Lars - Publié le 03/12/18
Mustav
Prix indicatif : 749 € TTC
Note AVCesar.com
Système : 2.0
Satellites : 606 (749 € la paire)
Dim./Poids : 345 x 190 x 300 mm/6,75 kg
379,99 €
Amazon.fr
L’essentiel

Dernière‑née de la gamme 600, la petite enceinte 606 met le savoir-faire de Bowers & Wilkins à la portée de tous. Proposées sous la barre des 750 € la paire, ces enceintes polyvalentes feront aussi bien office de voies principales au sein d’une installation Hi‑Fi dédiée à une pièce de taille moyenne que de satellite de sons d’ambiances (surrounds) sur une installation Home Cinéma de qualité. Au même titre que ses grandes sœurs B&W 603 et B&W 607, la 606 hérite en effet de l’expérience acquise par la marque lors de la conception de ses modèles phares, comme la Nautilus, ou ses produits les plus évolués tels que les enceintes de la gamme 800. La gamme 600, se voulant plus abordable, exploite les mêmes solutions acoustiques en utilisant toutefois des matériaux de base moins coûteux pour leur réalisation.

 

 

Tweeter à charge Nautilus

La meilleure illustration de cette démarche, c’est le tweeter de la 606. Si, comme pour ceux de la gamme 800, il est associé à une charge Nautilus, son dôme abandonne le diamant pour un matériau nettement moins onéreux : l’aluminium.

 

 

En revanche, même si opter pour l’aluminium peut sembler être un choix banal, B&W n’a pas manqué d’offrir à son tweeter une structure bien particulière. Outre le fait dêtre couplé à une charge Nautilus dédiée à amortir totalement l’onde arrière du dôme, ce dernier adopte une structure dite « double dôme découplé ». Cette solution offre à l’équipage mobile du tweeter un bon rapport masse/rigidité. Il est ainsi capable de répondre aux moindres sollicitations comme aux impulsions les plus rapides avec une excellente réactivité et sans déformations génératrices d’ondes de surface indésirables. Autre point important pour la fluidité de l’aigu, ce choix permet de repousser la fréquence de résonance du tweeter à 38 kHz, donc au‑delà du spectre audible, ce qui procure à l’aigu une transparence et une clarté exemplaire.

 

 

Médium-boomer à membrane Continuum

Pour la restitution du grave, B&W a opté pour un médiumboomer à fort débattement de 165 mm de diamètre. Si la marque a accordé beaucoup de soin à la section aigu de la 606, la section grave n’est pas en reste. Bien que les fréquences mises en jeu soient ici beaucoup plus basses, les problèmes restent similaires qu’il s’agit de rigidité, de masse ou d’amortissement des ondes acoustiques indésirables. Tout comme dans le cas du tweeter, le cône du médium‑boomer est soumis à de fortes accélérations associées à de forts débattements durant la restitution de la musique. Ces accélérations sont issues des forces que génère le « moteur » du haut‑parleur ou, plus précisément, sa bobine.

 

 

Elles ne s’exercent donc qu’au centre de la membrane. Sur un haut‑parleur idéal, le cône devrait donc se déplacer sans déformation, depuis son centre jusqu’à la suspension périphérique, tel un piston. Mais, ici encore, des ondulations de la membrane tendent à se former à la surface du cône. En exagérant le phénomène, il rappelle des ronds dans l’eau. Un tel comportement engendre de la distorsion. Il est donc important de le combattre et de s’opposer à son apparition. L’idée la plus simple est de réaliser un cône aussi rigide que possible. Malheureusement, un tel choix revient souvent à accroître la masse du cône. Un autre problème survient alors : son inertie augmentant, le haut‑parleur présente moins de vivacité dans les transitoires.

 

Par ailleurs, toujours en raison d’une inertie accrue, des phénomènes de résonance peuvent apparaître. Ils tendent à « colorer » la restitution en accentuant certaines plages de fréquences. Il faut donc trouver le meilleur compromis entre rigidité et masse du cône et retenir pour sa construction un matériau associant une bonne tenue mécanique à une faible densité. Le choix de ce matériau est déterminant vis‑à‑vis du comportement et de la signature sonore de chaque haut‑parleur. Par exemple, les cônes papier ou fibre de bois offrent à l’écoute une certaine douceur tandis que les membranes en fibre tissée disposeront d’un tempérament plus rapide associé à un certain mordant sur les attaques qui peut parfois tourner à l’agressivité.

 

 

Pour la 606, Bowers & Wilkins a opté pour un nouveau matériau. Baptisé FST Continuum, il est également utilisé pour la réalisation du haut‑parleur de médium des enceintes colonnes de la série 800. Bien que la marque tienne sa composition secrète, son aspect métallique évoque du Mylar tissé (cf. photo ci‑dessus). Cependant il est difficile d’en dire plus sur sa composition exacte. Par ailleurs, il dispose d’une très grande stabilité dans le temps. Un point qu’il faut effectivement prendre en compte, les vibrations et autres sollicitations mécaniques mettant bien des matériaux à rude épreuve. 

 

Charge bass-reflex

Reste que, même les meilleurs haut‑parleurs doivent être associés à des charges acoustiques adaptées pour pouvoir s’exprimer pleinement. Comme nous l’avons vu, le tweeter dispose de sa propre charge, fruit d’études approfondies.

 

 

Il en est de même pour le médium‑boomer. Ici, c’est l’intégralité du volume interne de l’ébénisterie de l’enceinte qui lui est dédiée. Très conventionnelle, cette charge est de type bass‑reflex. Un large évent, doté d’une texture chargée d’éliminer les bruits d’air, la décompresse. Il débouche à l’arrière des 606 (cf. photo ci‑dessous). Il ne sera donc pas possible de les plaquer contre un mur, sous peine de dégrader fortement leur comportement dans le grave. Comme de tradition chez B&W, des mousses sont fournies (cf. photo ci‑dessus) pour pouvoir obstruer partiellement, ou totalement, l’évent en fonction des spécificités acoustiques de la pièce d’écoute ou de la disposition des 606 par rapport aux murs et angles.

 

Concurrence

Les Rega RX1 (1 079 € la paire) seront parfaites dès qu’un problème d’encombrement se pose. Leurs dimensions réduites leur permettent de se loger partout sur pied ou directement posées sur des rayonnages. Il faudra toutefois veiller à ne pas obstruer leur évent logé sur leur face arrière.

 

Davis dispose dans sa gamme des Acoustics Olympia One Master (749 €). En dépit de leur boomer de diamètre modeste, 130 mm, elles disposent d’un comportement satisfaisant dans le grave. Elles s’utiliseront tant comme satellite Home Cinéma que comme enceintes principales.

 

Tannoy reste fidèle à son architecture coaxiale sur les petites Revolution XT Mini proposée à 449 euros. Une spécificité qui offre à l’image stéréophonique une précision et un relief impressionnants. 

Verdict technique

La mise en service des B&W 606 ne présente pas de difficultés particulières. Leurs larges borniers acceptent les fiches banane ou les fourchettes ou même, directement, les câbles de forte section. Il est possible de les piloter en bi‑câblage, voire en bi‑amplification.

 

 

Mousses et emplacement…

Les petites 606 disposent d’un tempérament qui respire le naturel et la fluidité. Si le grave descend avec beaucoup d’aisance vers les basses les plus extrêmes, il reste propre et bien charpenté. Jamais envahissant, il se garde de « polluer » la franchise du message sonore. Il est intéressant d’effectuer différents essais en utilisant, ou non, les mousses d’occultation d’évent. Elles proposent soit une obstruction partielle, soit une obstruction totale. Elles proposent donc de modifier le comportement dans le grave des 606 en fonction de leur localisation au sein de la pièce d’écoute : angle de mur, proximité d’une cloison, etc. Une fois ce point réglé, la transition vers le médium se fait avec une très grande douceur. Aucun « trou » n’est décelable et, sur cette portion du spectre, le comportement des 606 est encore irréprochable.

 

 

L’aigu, enfin, bénéficie de toute la pureté qu’apporte la charge acoustique type « Nautilus » associée au tweeter. Autant de spécificités qui garantissent aux 606 beaucoup de naturel quel que soit le type de musique. Une aisance que nous avons pu vérifier lors de nos différentes écoutes.

 

Séances d'écoutes

Les enregistrements les plus dépouillés sont souvent les plus difficiles à reproduire avec naturel. Lors de nos essais nous avons donc soumis les B&W 606 à la restitution de Dans ma Rue de Zaz. Seul un piano accompagne la chanteuse. Les 606 ont su offrir à sa voix une très belle présence, associant un phrasé ciselé à un grand respect de son timbre tout en laissant le piano habiller cette atmosphère chargée d’émotion. Ces enceintes ont aussi su déjouer les pièges de Fever d’Elvis Presley. Ici c’est toute la rondeur du jeu de la contrebasse associée à la chaleur de la voix du chanteur qu’ont su pleinement exploiter les 606. Enfin, elles font aussi preuve d’une belle rapidité dès qu’il s’agit de restituer sans la moindre traîne les claquements de doigt.

 

 

L’image stéréophonique qu’elles délivrent est également ample et précise. Une aptitude mise en évidence par l’écoute de Requiem pour un con (version remix 91) de Serges Gainsbourg. La voix du chanteur trône au centre et en avant‑plan de la scène tandis que les cœurs semblent venir de très loin, du plus profond de la scène sonore tout en bénéficiant, en dépit de cette position reculée, d’une présence parfaite.

 

Enceintes polyvalentes

Mais les B&W 606 sont aussi capables d’affronter un registre plus classique. La dynamique et l’impact dont elles font preuve, en dépit du diamètre modeste de leur boomer, leur permettent de répondre à bien des situations. Un comportement illustré par l’écoute de notre habituelle plage de test : Three pièces for Blues and Symphony Orchestra de William Russo exécuté par l’orchestre symphonique de San Francisco sous la direction de Seiji Osawa. Restituer la réverbération qu’induit la salle de l’opéra de San Francisco sans brouiller le message n’est pas à la portée de toute enceinte, loin de là. Les B&W 606 relèvent le défi pour offrir à cette prestation une ampleur et un relief digne de systèmes (très) nettement plus coûteux.

 

 

Enfin, les styles musicaux les plus récents ne rebutent pas non plus ces enceintes. L’écoute de plages de reggae, comme Dis‑Le de Baz Baz ou Rafales de Bernard Lavilliers, nous a aussi prouvé que les B&W 606 savaient faire « déferler les basses » sans souci lorsque l’œuvre l’exige. De même, elles se sont pliées avec bienveillance aux exigences de la restitution de musiques électro. Un style musical qui n’hésite pas à explorer les extrémités du spectre audible. Une épreuve où bien des enceintes, pourtant adaptées à la restitution du jazz ou des orchestres symphoniques, marquent le pas.

 

Conclusion

Au final, les B&W 606 quoique « petites » en termes de gabarit n’en sont pas moins sacrément « costaudes » au niveau des performances. Polyvalentes, extrêmement fidèles et capables d’impressionner son auditoire avec de belles descentes dans le bas du spectre, elles associent à toutes ses qualités un tarif incroyable car parfaitement contenu. Bref, des ingrédients d’extrême qualité encore magnifiés par une recette parfaitement maîtrisée qui imposent d’emblée les B&W 606 comme un must dans leur catégorie. Et comme le prix est inversement proportionnel à leurs capacités, ces enceintes s’avèrent hautement, voire suprêmement, recommandables.

+ Les points forts
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Finesse de la restitution et relief de l’image sonore
»  
Restitution très équilibrée
»  
Belle dynamique
»  
Profondeur du grave
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Précision de l’aigu
»  
Possibilité de bi‑câblage ou bi‑amplification
»  
Bornes largement dimensionnées
- Les points faibles
»  
Évent arrière
»  
Design assez banal (surtout avec les toiles de protection)
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