- Équilibre tonal de l’écoute
- Finesse de l’aigu
- Naturel du médium
- Remarquable assise
- Ampleur de la restitution
- Très belle image stéréophonique
- Faible encombrement
- Élégance de l’ébénisterie
- Qualité de fabrication et des finitions
- Évent en face arrière
- Rendement modeste
Élégance des lignes et élégance du son, on pourrait presque résumer ainsi les Yamaha NS‑600A. Ces petites enceintes au format bibliothèque, que nous propose le constructeur japonais, héritent directement des solutions techniques mises en œuvre sur leurs grandes sœurs les NS‑2000A. Cependant, derrière leur allure ultra‑conventionnelle, tant en ce qui concerne leur finition que leur architecture deux voies, les NS‑600A cachent bien leur jeu. Certes, leur finition noire laquée piano, directement dérivée de celle des plus beaux instruments de musique que propose la marque aux trois diapasons, reste de la plus grande sobriété. De même, leur architecture deux voies peut paraître, elle aussi, bien banale. Mais, derrière cette apparente humilité se cachent des choix technologiques particulièrement innovants, bien qu’ils ne soient pas immédiatement visibles.

Enceintes Yamaha NS‑600A : zylon et fibre d’épicéa pour les membranes
Comme sur toute configuration deux voies, la restitution de l’aigu est confiée à un tweeter doté d’un dôme, ici de 30 mm de diamètre. Sa taille généreuse lui permet de prendre la main à une fréquence relativement basse. Ainsi, la fréquence de transition entre les deux sections a été fixée à 2,6 kilohertz. À noter, le dôme est réalisé à partir d’un nouveau matériau, basé sur une subtile association de Zylon et de fibre d’épicéa. Baptisé Harmonious Diaphragm, ce choix technologique lui confère un excellent comportement vibratoire associé à une faible masse. Cette dernière spécificité dote les NS‑600A d’une réponse en fréquence dans l’aigu s’étendant jusqu’à 65 kHz, une valeur peu courante, même sur les équipements les plus qualitatifs.

Yamaha NS‑600A, charge acoustique innovante pour le tweeter
Mais pour aller encore plus loin et offrir aux enceintes Yamaha NS‑600A une restitution limpide et transparente de l’aigu, Yamaha a associé au tweeter de ces enceintes (cf. photo de droite ci‑dessous) une chambre de suppression des résonances indésirables (cf. photo ci‑dessus). Elle met en œuvre un jeu de tubulures calibrées dont la géométrie a pour fonction d’éliminer l’onde arrière que génère le dôme du tweeter. La restitution se trouve débarrassée de tout artéfact et retrouve ainsi toute sa pureté originelle et la richesse de ses moindres détails.


Yamaha NS‑600A, coupelle et fort débattement pour le boomer
À noter, la section de restitution du grave des NS‑600A bénéficie elle aussi de solutions peu conventionnelles. Elle est animée par un boomer 130 mm de diamètre à fort débattement. Il se dote d’une membrane en forme de coupelle réalisée dans le même matériau que le dôme du tweeter. Ici, c’est la franchise des attaques ainsi que le comportement du haut‑parleur lors des régimes transitoires qui se trouvent optimisés. La restitution gagne ainsi en spontanéité. Enfin, si le boomer est associé de manière assez conventionnelle à une charge bass‑reflex décompressée par un évent débouchant à l’arrière des enceintes, son amortissement interne à lui aussi de quoi surprendre. Sur les enceintes conventionnelles, une importante quantité de matériau absorbant, tel que la laine de verre, est utilisé pour tapisser les parois internes de la charge bass‑reflex et amortir ainsi les résonances parasites. Cependant, si cette solution est efficace pour s’opposer à la formation d’ondes stationnaires conduisant à une coloration du message sonore, elle tend aussi à étouffer une partie du message sonore.

Yamaha NS‑600A, charge bass‑reflex repensée
Pour l’amortissement de ses charges acoustiques, Yamaha a donc opté pour une solution particulièrement innovante. Ici, l’élimination des ondes stationnaires est, pour l’essentiel, confiée à un jeu de « tubes absorbeurs » (cf. photo ci‑dessus). Une solution qui permet de réduire considérablement la quantité de matériau absorbant au sein de la charge bass‑reflex. Autre détail, assez peu visible si l’on n’y prête pas attention, l’ébénisterie des NS‑600A est légèrement plus étroite à l’arrière qu’en façade : 185 mm contre 207 millimètres. Cette particularité a pour effet de rompre le parallélisme des flancs des enceintes. Elles adoptent, en fait, une forme de pyramide tronquée. Une spécificité qui, ici encore s’oppose à la formation d’ondes stationnaires au sein de la charge bass‑reflex.

Yamaha NS‑600A, solutions issues des instruments de musique
Reste que pour que la restitution qu’offrent les Yamaha NS‑600A soit en adéquation avec les efforts réalisés pour leur offrir un comportement neutre et naturel, encore faut‑il les doter d’une ébénisterie de qualité. Elle doit être neutre sur le plan acoustique et d’une grande rigidité afin de limiter l’apparition de vibrations indésirables. Un domaine que maîtrise parfaitement Yamaha puisqu’il est identique à celui de la conception d’instruments de musique. De nombreuses études mettant en œuvre des vibromètres laser, identiques à ceux exploités pour la conception de caisses de résonance d’instruments de musique, ont donc été menées. Elles ont permis de déterminer avec précision les zones critiques à équiper d’éléments de rigidification spécifiques et de les équiper de renforts appropriés.
- référence Yamaha NS-600A
- type 2.0
- bibliothèques NS-600A (2590 € la paire)
- bande passante 47 à 65000 Hz
- puissance 120 W
- efficacité 85,5 dB
- boomer 13 cm
- tweeter 3 mm
- dimensions l. 207 x h. 383 x p. 329mm
- poids 9,9kg
Dali dispose dans sa gamme la Rubicon 2, une enceinte bibliothèque proposée à 2 590 € la paire. Dotée d’une réponse en fréquence s’étendant de 50 Hz à 26 kHz, elle se base sur une structure deux voies.
Sonus Faber propose la Sonetto II G2 au prix de 2 749 euros. Ces enceintes bibliothèque deux voies exploitent un boomer 165 mm associé à un tweeter à dôme 28 millimètres.
Les inconditionnels d’architecture coaxiale ne manqueront pas d’être séduits par les Autograph Mini-OW au design singulier que propose Tannoy au tarif de 2 200 euros.
Le constructeur français Athom dispose également dans sa gamme de la GT1-HD. Proposée à 2 700 €, elle se base sur une configuration deux voies bass-reflex. Elles ont séduit de nombreux inconditionnels de Hi-Fi par leur naturel, leur respect des timbres et leur formidable tenue en puissance.
- référence Yamaha NS-600A
- type 2.0
- bibliothèques NS-600A (2590 € la paire)
- bande passante 47 à 65000 Hz
- puissance 120 W
- efficacité 85,5 dB
- boomer 13 cm
- tweeter 3 mm
- dimensions l. 207 x h. 383 x p. 329mm
- poids 9,9kg
La mise en service des Yamaha NS‑600A ne pose guère de problème. Les larges bornes à vis qui les équipent, de très belle qualité, acceptent sans souci tant les fiches banane que les câbles de forte section. Comme les petites NS‑600A ne disposent que d’une unique paire de bornes, leur raccordement se fait en mono câblage. Aucun risque, dans ce cas, de tenter des configurations hasardeuses, type bi‑câblage. Deux câbles de forte section ont donc suffi pour les connecter à l’amplificateur qui avait pour mission de les piloter. Cette simplification de câblage n’est pas, de notre point de vue, une aberration. En effet, gérer correctement un bi‑câblage, voire une bi‑ampification, est moins simple qu’il y paraît et les résultats peuvent parfois s’avérer très décevants.

Yamaha NS‑600A, attention au positionnement
En ce qui concerne leur positionnement, le fait qu’elles disposent d’un évent arrière modifie, comme toujours, leur comportement dans le grave en fonction de la proximité des angles de la pièce d’écoute (cf. photo ci‑dessus). Il faut éviter de les plaquer contre un mur, encore plus de les « coincer » entre les livres d’une bibliothèque richement garnie, ce qui aurait pour effet d’impacter considérablement la restitution du grave. À l’opposé, les placer en coin de pièce conduirait à une restitution envahissante du grave.

Yamaha NS‑600A, très belle assise
L’un des points plus surprenants des NS‑600A est la remarquable assise qu’elles offrent à la restitution. Le grave est d’une belle profondeur de la part d’enceintes d’aussi petit gabarit. Pour le reste du spectre, leur comportement est parfaitement équilibré. Ces enceintes disposent de beaucoup d’aisance dans le médium. Ce registre qu’elles gèrent avec beaucoup de subtilité, offre aux voix un naturel assez exceptionnel. De plus, elles disposent d’un détail dans l’aigu sachant allier précision, transparence et douceur. Le choix du dôme Harmonious Diaphragm pour le tweeter est probablement la clé de ce comportement. Même à niveau d’écoute soutenu, la restitution ne donne jamais dans l’agressif. Globalement l’écoute bénéficie d’une très belle finesse offrant une sensation de naturel que seuls les meilleurs maillons d’une chaîne sonore sont capables d’offrir.

Yamaha NS‑600A, bonne localisation spatiale des « objets sonores »
Un autre point fort des NS‑600A réside dans la précision de l’image stéréophonique qu’elles délivrent. Un point qui s’explique probablement par la qualité des composants que Yamaha a utilisés pour la réalisation de leur filtre.
Nous avons pu mettre en évidence cette ouverture de la scène sonore et son relief durant l’écoute de Requiem pour un con (version remix 91) de Serge Gainsbourg. La voix du chanteur trône au centre et en avant‑plan de l’image sonore tandis que les cœurs semblent venir de très loin tout en bénéficiant, en dépit de cette position reculée, d’une excellente présence. De même, sur nos plages tests en live, les applaudissements et claquements de mains qui accompagnent l’enregistrement en direct, remastérisé, de Johnny Rivers au Wisky a Go‑Go, sont restitués avec beaucoup de réalisme et se répartissent avec naturel sur l’espace stéréophonique. Une autre écoute réalisée sur l’enregistrement live de François Feldman à Bercy nous a permis de retrouver l’ambiance acoustique difficile de cette salle. À savoir, les NS‑600A tirent aussi leur épingle du jeu pour ce qui est de la restitution des musiques les plus actuelles et, notamment, de l’électro. Ici, pourtant, les extrémités du spectre audible ne sont pas épargnées et c’est avec beaucoup d’aisance que les NS‑600A ont affronté les basses, comme les aiguës, les plus extrêmes.

Yamaha NS‑600A, sensibilité modeste
Enfin, si le rendement des NS‑600A n’a rien d’exceptionnel, elles acceptent néanmoins d’assurer un niveau d’écoute élevé avec aisance et sans la moindre difficulté. Il ne faudra donc pas hésiter à leur offrir un amplificateur de qualité, doté d’une puissance généreuse pour tirer pleinement parti de leurs capacités de restitution. Correctement pilotées, elles offrent même une dynamique que ne laisse pas supposer leur gabarit. Dans la pratique, une puissance de 2 x 60 W à 2 x 100 W pour l’amplificateur chargé de les gérer est parfaite. C’est d’ailleurs la puissance des deux amplificateurs que nous avons utilisé lors de nos écoutes, Le premier de marque Cambridge Audio, le second d’origine Yamaha. Deux électroniques au tempérament différent qui ont su respecter les NS‑600A.

Au final, les enceintes Yamaha NS‑600A surprennent par la profondeur et la franchise des graves qu’elles sont capables de restituer en dépit de leurs dimensions réduites. Elles offrent à l’image sonore une belle ampleur associée à beaucoup de détails. Relativement sensibles à leur positionnement, il faudra choisir l'emplacement des NS‑600A avec soin : logées à proximité de l’angle d’une pièce, le grave peut devenir envahissant. Enfin, il ne faudra pas hésiter à les associer à un amplificateur capable de délivrer une puissance généreuse, au minimum 2 x 60 W pour compenser leur rendement assez modeste. Ainsi dotées, elles proposent une linéarité et une finesse des timbres exemplaire, sans distorsion au presque. De la pure Hi‑Fi, on adore !