par Gwendal Lars
le 10 novembre 2020

Huawei Sound X

A
note
6.3
10
prix
299 €
les plus
  • Puissance généreuse
  • Profondeur du grave
  • Aigu projeté mais peu agressif
  • Gestion des flux Hi‑Res Audio
  • Belle qualité de fabrication
les moins
  • Bloc secteur externe
  • Application embryonnaire à l’heure actuelle
  • Aucune connectique
présentation

Pour concevoir la Sound X, Huawei s’est associé avec le célèbre concepteur français d’équipements audio haut de gamme Devialet. La marque, outre ses productions Hi‑Fi conventionnelles de très haut niveau, s’était distinguée en proposant en 2014 son enceinte connectée Phantom (avant de récidiver en 2018 avec la Phantom Reactor, version compacte de la première). 

 

Huawei Sound X, le fond en filiation directe de la Devialet Phantom

L’enceinte Phantom se différenciait des autres produits commercialisés par la concurrence par une section basse à l’architecture innovante. Basée sur deux boomers dotés d’une membrane se résumant à une coque rigide associée à un « moteur » à élongation extrême, cette section offrait à la Phantom une profondeur dans le grave assez incroyable pour un équipement de ce gabarit. Il semble que ce soit essentiellement cette section qui ait intéressé Huawei, associé à la technologie SAM (Speaker Active Matching) permettant d’optimiser finement le signal fourni par l'amplificateur aux enceintes selon leurs qualités et capacités, le tout en temps réel.

 

La Sound X reprend donc le même concept. Elle possède ainsi deux boomers logés au fond d’« ouïes » placées latéralement. Bien que d’un diamètre très inférieur à ceux de la Phantom, ces haut‑parleurs (cf. photo ci‑dessous) n’en disposent pas moins d’une très forte élongation puisqu’elle atteint 20 mm (10 mm de part et d’autre de la position de repos de la « membrane »). Ils sont pilotés par un amplificateur numérique Class D d’une puissance de 60 watts.

 

 

La section médium/aigu, pour sa part rappelle plutôt la structure de l’enceinte HomePod signée Apple. Elle s’articule autour de six haut‑parleurs large bande de petit diamètre, contre sept sur la HomePod, assurant une diffusion omnidirectionnelle du son. Ils prennent place à la base de l’enceinte. Un amplificateur, également Class D, de 30 W les pilote.

 

Huawei Sound X, la forme inspirée de la HomePod Apple

En somme, la Sound X pourrait être issue des amours tapageuses d’une Phantom et d’une HomePod. Même son design incite à ce rapprochement. Si sa forme globale rappelle celle de la HomePod, sa partie supérieure adopte la finition brillante, rappelant un piano laqué noir, de la Phantom. Sa base, en revanche, adopte un aspect « toilé » qui n’est pas sans évoquer la HomePod. Cette toile vient masquer le jeu de six haut‑parleurs large bande en charge de la restitution omnidirectionnelle du médium/aigu.

 

 

La face supérieure de la Sound X regroupe l’ensemble des commandes sous forme de zones sensitives. Elles restent assez limitées puisqu’elles se résument à un réglage de volume, une mise hors service du micro et à une touche dite multifonction dont l’un des principaux usages est de gérer l’appairage Bluetooth et le lancer le dialogue d’initialisation par l’intermédiaire de l’application. Enfin, le fait de plaquer sa main sur la totalité de ces zones sensitives provoque le passage en mode Mute de l’enceinte. Une fonctionnalité intéressante qui permet de couper le son d’un geste rapide en cas d’urgence. Ce panneau de commande est cerclé d’un anneau luminescent de couleur variable qui, par ses changements de teinte indique, entre autres, le niveau du réglage de volume, une tentative de jumelage ou le verrouillage du micro.

 

 

Huawei Sound X, non à la connectique

Par ailleurs, la connectique de la Sound X brille par son absence. Ne cherchez ni entrée auxiliaire, ni entrée optique ou même port Ethernet, elle en est totalement dépourvue. Visiblement Huawei mise sur le « tout connecté » que ce soit par l’intermédiaire du Bluetooth ou en Wi‑Fi. Le seul connecteur que porte la Sound X se résume à une petite prise coaxiale destinée à son alimentation électrique. Elle est logée sous l’enceinte et assure le raccordement de son bloc d’alimentation. Il délivre 24 V sous 2,7 A, soit près de 65 voltampères. Bien qu’il soit assez peu encombrant, nous aurions préféré que cette alimentation soit intégrée à l’enceinte, ce qui évite l’amoncellement de blocs secteurs à proximité des prises électriques de l’installation.

 

 

Enfin, grâce à la présence de son micro, la Sound X fait aussi office de kit mains libres. Elle devrait aussi être compatible avec certains assistants vocaux mais, comme nous le verrons plus loin, en l’état actuel de l’application au moment de notre test, nous n’avons pas pu tester cette fonctionnalité.

spécifications
  • référence Huawei Sound X
  • amplification Class D
  • enceinte deux voies
  • haut-parleurs 6 x tweeters 40 mm + 2 boomers 90 mm
  • puissance 6 x 5 W (tweeter) + 2 x 30 W (boomer)
  • connectivité Wi-Fi ac, UPnP (DLNA), Bluetooth 5.0 assisté par NFC
  • dimensions 165 (diamètre) x 203 mm
  • poids 3,5 kg
concurrence

Bose dispose de son Home Speaker 500 (449 €). Pour son assistant vocal, la marque a opté pour Alexa. S’insérant dans l’écosystème de la marque, il peut aussi se transformer en satellite de sons d’ambiance en association avec une barre de son.

 

Sonos a aussi pour Alexa en tant qu’assistant vocal (ou Google Assistant selon le choix de l’utilisateur). La petite Play One, proposée à 229 € s’en dote donc. Elle reste bien entendu compatible avec l’écosystème multiroom de la marque.

 

Pour son Home Pod, à 349 €, Apple reste fidèle à Siri. Si le taux de reconnaissance est parfois en retrait, Apple a, en revanche, misé sur la qualité de restitution sonore en tentant de corriger automatiquement les imperfections d’acoustique de la pièce.

 

L’enceinte VC‑GX30 que propose Onkyo à 249 € a aussi fait le choix de Google Assistant. Elle base son utilisation en mode multiroom sur ChromeCast.

concurrence
  • référence Huawei Sound X
  • amplification Class D
  • enceinte deux voies
  • haut-parleurs 6 x tweeters 40 mm + 2 boomers 90 mm
  • puissance 6 x 5 W (tweeter) + 2 x 30 W (boomer)
  • connectivité Wi-Fi ac, UPnP (DLNA), Bluetooth 5.0 assisté par NFC
  • dimensions 165 (diamètre) x 203 mm
  • poids 3,5 kg
verdict technique

Une spécificité un peu déroutante de la Sound X est donc son absence totale de connectique : ni traditionnelle entrée Aux, ni entrée optique, ni même de port Ethernet. Seules les fonctionnalités réseau sont de mise. Impossible donc d’éliminer l’émission d’ondes qu’elles engendrent, n’en déplaise aux électrosensibles. 

 

Application AI Life très limitée

Pour obtenir du son, il faut donc se tourner vers la liaison Bluetooth ou alors Wi‑Fi après avoir installé l’application AI Life (exclusivement via la boutique Huawei App Gallery ou Android pour le moment). Respectueux des conseils de Huawei, nous avons donc téléchargé et installé cette application sur une tablette de la marque depuis la Huawei AppGalery. Disponible aussi sur le Play Store de Google, elle ne propose pas plus de fonctionnalités que le protocole UPnP (cf. plus bas) et le Bluetooth. Rappelons qu’un certain « froid » existe toujours entre le géant chinois et l’administration américaine interdisant l’accès du constructeur chinois aux technologies, logiciels et applications des Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) américaines.

 

 

Terminal musical UPnP (DLNA) via Wi-Fi

À la date ou nous avons réalisé nos tests, cette application n’était, nous semble‑t‑il, pas totalement aboutie. Huawei nous a d’ailleurs confirmé que de nombreuses mises à jour et améliorations étaient prévues d’ici la fin de l’année. Néanmoins, elle offre la possibilité de configurer la Sound X afin qu’elle accède au réseau Wi‑Fi de l’habitation. Elle devient alors un terminal de diffusion de musique compatible avec les services UPnP (DLNA), soit seulement Tidal et Qobuz (mais pas Amazon Music, Apple Music, Spotify…), et les lecteurs idoines, par exemple un disque dur Nas où sont stockés les fichiers musicaux (jusqu'en Hi‑Res Audio). De même, AirPlay et Chromecast ne sont pas au programme. L’application fait aussi office de télécommande en proposant un réglage de volume d’écoute ainsi que le niveau de grave. En revanche, elle n’intègre ni lecteur, ni menu d’accès à des services de musique en streaming. Elle reste donc assez embryonnaire. 

 

Enceinte Bluetooth

Le plus simple, dans l’état actuel des choses, est donc d’utiliser la Sound X en Bluetooth. Ici, le jumelage avec un smartphone, ou tout autre équipement disposant du Bluetooth, est d’une grande simplicité. En effet, la Sound X propose même un couplage assisté par NFC. Il suffit de plaquer l’équipement « source » quelques secondes sur la zone NFC de l’enceinte pour que le couplage des deux appareils se fasse automatiquement. À noter qu’un jumelage classique est également possible pour les appareils ne gérant pas le NFC. Pour cela, il faut maintenir le poussoir multifonction de la Sound X enfoncé jusqu’à l’émission d’un signal sonore pour qu’elle devienne visible dans la liste des périphériques Bluetooth disponible. Il suffit ensuite de la sélectionner pour que le couplage se réalise.

 

 

Exceptionnel rendu des fréquences graves

En ce qui concerne la qualité de la restitution sonore, la Sound X n’a pas grand‑chose à envier en termes de présence à bien des modèles plus imposants, voire beaucoup plus chers. C’est dans le grave que l’apport de la technologie Devialet est le plus tangible. Ce registre dispose d’une ampleur et d’une profondeur assez incroyable pour une enceinte de ce gabarit. Par moments, on dirait presque qu’elle est assistée par un caisson de grave alors qu’il n’en est rien.

 

 

C’est sur les musiques les plus actuelles, notamment l’électro, que ce comportement s’exprime le mieux. Le reggae bénéficie aussi de ce tempérament assez flatteur dans le grave. Il permet à sa basse électrique de s’exprimer pleinement. Néanmoins, comme la Sound X fait appel à deux transducteurs actifs et ne fait appel à aucun radiateur passif, le grave reste plutôt franc et vif. La Sound X ne donne jamais dans la mollesse et respecte très correctement la franchise des attaques, tout comme les percussions. C’est vraiment bien tenu, l’écoute de Take Five de Dave Brubeck a parfaitement confirmé ce comportement.

 

Médiums et aigus, de l'équilibre dans le déséquilibre

En ce qui concerne le registre médium/aigu, les six petits haut‑parleurs large bande offrent effectivement une très bonne dispersion du message sonore au sein de la pièce (cf. photo ci‑dessous). Bien que monophonique, la restitution bénéficie donc d’un certain relief. Nous aurions souhaité coupler deux Sound X pour bénéficier d’une véritable écoute stéréophonique mais, bien que prévue par Huawei, cette option n‘est pas encore disponible sur l’application.

 

 

Concernant le rendu des moyennes et haute fréquences, une unique analyse de la courbe de la réponse en fréquence laisse augurer d’une écoute déséquilibrée avec des aigus brillants. Si c’est effectivement le cas, l’écoute se révèle surprenamment bonne. Comme quoi, une fois encore, l’analyse des courbes ne fait pas tout. C’est là le paradoxe de l’enceinte Huawei Sound X : projeté, le haut du spectre parvient de cette façon à « exister » aux côtés des fréquences graves et bas‑médiums très présentes et a ré‑équilibrer l’ensemble. Comme déjà précisé, ça passe sans souci avec des musiques électro, un peu moins avec du classique par exemple. Dans ce dernier cas, il faut veiller à ne pas trop forcer le volume, l’écoute pouvant devenir fatigante à cause d’un manque de précision et de certaines distorsions qui se font jour à partir de 3,5 kilohertz.

 

 

Conclusion

Quoi qu’il en soit, la Sound X dispose donc d’atouts certains en matière de restitution sonore. Si, à ce jour, l’application « bride » encore ses possibilités, l’apparition de mises à jour devrait en faire un produit qui ne manquera pas de séduire un public désireux de disposer d’un équipement capable de lui offrir une restitution ample, profonde et pleine de vie sous un volume qui ne laisse pas supposer de telles performances.

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