par Alfred Trouvé
le 24 novembre 2015

Alcatel OneTouch Idol 3

A
note
5
10
prix
249 €
les plus
  • Design réversible très malin
  • Châssis très léger
  • Double haut‑parleur en façade signé JBL
  • Belles qualités en photo
les moins
  • Performances en dessous des attentes
  • Boutons physiques pas si bien positionnés
  • Quelques ralentissements dans l’interface
  • Trop d’applications additionnelles inutiles
présentation

Jusqu’à encore très récemment, Alcatel Onetouch, marque du groupe chinois TCL, se bornait à proposer des produits entrée de gamme économique, mais pas forcément innovant ou surprenant. À l’image d’un Wiko, par exemple, Alcatel Onetouch se voulait une marque qui démocratise les technologies, au détriment parfois des performances techniques revues à la baisse pour compenser l’effort consenti. Un bien pour un mal. Mais depuis un an et demi, quelque chose a changé chez Alcatel Onetouch. La marque a finalement pris le parti de monter certains produits en gamme et d’attaquer le segment très concurrentiel des smartphones proposés de 200 € à 300 euros. Avec l’Idol X, un premier pas vers l’ambition, le Hero, grande phablette assez étonnante, ou encore l’Idol Alpha, une vraie innovation dans le design, le fabricant s’affirme. Avec l’Idol 3, Alcatel Onetouch confirme.


L’Idol 3 est un smartphone réversible proposé en deux versions, 4,7'' soit 11,9 cm et 5,5'' soit 13,97 centimètres. C'est cette dernière que nous passons sur le gril aujourd'hui. Tournez‑lui la tête en bas et toutes les fonctions du téléphone s’inversent, même l’écouteur téléphonique. Le mobile est en effet pourvu de deux haut‑parleurs dont la conception a été partiellement confiée à JBL (via la technologie française Arkamys) et dont l’emplacement est particulièrement astucieux : ils sont positionnés dans les tranches argentées et sont pratiquement invisibles. Seul oubli des designers de la marque : les boutons sur les tranches ne sont, eux, pas réversibles et ne tombent plus idéalement sous les doigts.


Ce design et cette interface entièrement réversibles sont l’une des spécificités ergonomiques du mobile, l’autre étant son extrême légèreté une fois en main. En version 5,5'', l’Idol 3 ne pèse en effet que 140 grammes, alors que certains concurrents dépassent largement les 200 grammes. Le produit est également fin, puisque sa tranche mesure 7,4 mm d’épaisseur. Pour le reste, l’Idol 3 est moins original et rappellera à certain l’ergonomie du OnePlus One, notamment avec de face, avec des bordures argentées qui contournent la dalle tactile.

À l’intérieur, la plateforme n’est pas non plus originale. Derrière la dalle Full HD se trouvent un Snapdragon 615, un processeur Octo Core réalisé par Qualcomm et accompagné ici de 2 Go de mémoire vive, 16 Go de stockage interne (espace extensible par une carte micro‑SD), une batterie de 2 910 mAh, un capteur photo principal 13 Mpxls conçu par Sony, une webcam 8 Mpxls avec objectif grand‑angle et une connectivité complète (4G, Wi‑Fi, NFC, GPS). Nous verrons dans quelques instants que cette plateforme est non seulement loin d’être inédite, mais qu'elle n’a pas non plus bénéficié d’une intégration parfaite...


L’ensemble est animé par Android 5.0 Lollipop, ici dans une version customisée. Récemment, Alcatel Onetouch a en effet pris le parti de proposer une interface modifiée et non plus simplement la version « Vanilla » (celle offerte par Google aux développeurs). Le résultat est très intéressant. Trois détails ont attiré notre attention. D’abord, l’un des panneaux du bureau Android est dédié à un fil d’actualité personnalisé appelé OneTouch Stream. Il est très semblable à Google Now du Nexus Launcher de Google, le Magazine UX de Samsung ou encore Blinkfeed de HTC. Ensuite, certaines applications système ne s’ouvrent pas dans une fenêtre séparée du bureau, mais sous la forme d’un Widget, ce qui en rend l’usage plus pratique. Enfin, l’écran de verrouillage est garni de raccourcis inédits : calculatrice, lecteur QR Code, baladeur musical, etc. Était‑il nécessaire de rajouter un second raccourci vers l’appareil photo ? L’interface n’est pas toujours parfaite, mais elle fonctionne bien.

spécifications
  • référence Alcatel OneTouch Idol 3
  • type Smartphone
  • écran 5,5
  • résolution 1 920 x 1 080 px
  • stockage 16 Go
  • caméra 13 Mpixels
  • batterie 2 910 mAh
  • RAM 2 000, processeur vidéo intégré Go
  • processeur Qualcomm Snapdragon 615 (ARM, 1,5 Ghz, 4 cœurs, 2 000 Mo RAM)
  • écran LCD (tactile capacitif, 1 920 x 1 080 pixels)
  • stockage 16 Go
  • caméra 13 Mpixels
  • selfie caméra 8 Mpixels
  • réseau 4G, Wi-Fi b/g/n, Bluetooth 4.0 + EDR, NFC
  • connectique sortie audio, port USB Host et OTG, lecteur de carte MicroSD
  • compatibilité MP3, WMA, AAC, Ogg (via app. tiers), Flac (via app. tiers), résolution maximum Full HD (1080 lignes), Divx, WMV (via app. tiers), Mpeg2 (via app. tiers), Mpeg4
  • fonctions magasin d'applications universel, UPnP , tuner (FM), PAL 50 Hz, NTSC 60 Hz
  • finition coque polycarbonate (coloris or, argent et gris)
  • dimensions l. 152,7 x h. 75,1 x p. 7,4mm
  • poids 141kg
concurrence

L’Idol 3 est proposé en deux versions. La première dispose d’un écran 4,7'' (11,93 cm) et est proposée à 199 euros. La seconde est équipée d’une dalle 5,5'' (13,97 cm) pouces et est commercialisée à 249 euros. Ce téléphone s’avère donc être, sur le papier au moins, une excellente affaire. D’autant que les concurrents se positionnent généralement au même prix avec des configurations bien moins intéressantes.


Face à l’Idol 3, on trouve donc de très nombreux mobiles entre 200 € et 250 € hors subvention opérateur. Parmi les grands noms, citons le Xperia M4 Aqua de Sony, le ZenFone 2 (ZE500CL) d’Asus, le Moto G de Motorola (qui vient de connaître sa troisième itération), le Desire 820 de HTC, le OnePlus One (version 16 Go), le Honor 6 Plus, mais aussi le très bon Archos 50 Diamond, porte‑étendard inattendu du rapport qualité‑prix à 200 euros.

concurrence
  • référence Alcatel OneTouch Idol 3
  • type Smartphone
  • écran 5,5
  • résolution 1 920 x 1 080 px
  • stockage 16 Go
  • caméra 13 Mpixels
  • batterie 2 910 mAh
  • RAM 2 000, processeur vidéo intégré Go
  • processeur Qualcomm Snapdragon 615 (ARM, 1,5 Ghz, 4 cœurs, 2 000 Mo RAM)
  • écran LCD (tactile capacitif, 1 920 x 1 080 pixels)
  • stockage 16 Go
  • caméra 13 Mpixels
  • selfie caméra 8 Mpixels
  • réseau 4G, Wi-Fi b/g/n, Bluetooth 4.0 + EDR, NFC
  • connectique sortie audio, port USB Host et OTG, lecteur de carte MicroSD
  • compatibilité MP3, WMA, AAC, Ogg (via app. tiers), Flac (via app. tiers), résolution maximum Full HD (1080 lignes), Divx, WMV (via app. tiers), Mpeg2 (via app. tiers), Mpeg4
  • fonctions magasin d'applications universel, UPnP , tuner (FM), PAL 50 Hz, NTSC 60 Hz
  • finition coque polycarbonate (coloris or, argent et gris)
  • dimensions l. 152,7 x h. 75,1 x p. 7,4mm
  • poids 141kg
verdict technique

Si l’offre entrée de gamme « premium » (c’est‑à‑dire les téléphones plutôt économiques, mais tout de même qualitatifs) s’est largement étoffée depuis l’arrivée du premier Moto G de Motorola en 2013 (lequel a ouvert la voie à un segment de marché où se positionne aujourd’hui l’Idol 3), elle ne s’est pas pour autant toujours améliorée. Sous de faux airs d’accessibilité des technologies (la 4G, les écrans Full HD, les stylets tactiles, les appareils photo rivalisant de mégapixels à l’arrière comme à l’avant, l’étanchéité, etc.), certains constructeurs n’ont pas hésité à abaisser le niveau technologique des plateformes pour baisser les coûts de fabrication (ou au moins arriver à un certain équilibre économique). Et c’est curieusement le cas de l’Idol 3.

En effet, derrière son design inédit se cache un smartphone qui peine à briller techniquement. Ce téléphone d’Alcatel Onetouch, très innovant au demeurant, souhaite faire oublier certains défauts techniques derrière de beaux atours. Nous pensons naturellement au design réversible, mais pas uniquement. L’écran Full HD, l’interface au‑dessus d’Android, le capteur photo Sony dont les résultats sont fort probants. Bref, le smartphone parvient à tirer son épingle du jeu quand il s’agit de flatter le regard de l’utilisateur.


Cependant, nous avons été déçus pas quelques petits défauts, notamment la contre‑performance de sa plateforme technique. Le Snapdragon 615, que vous retrouvez par ailleurs dans de nombreux modèles concurrents (Samsung Galaxy A7, Archos 50 Diamond, Oppo R5, Sony Xperia M4 Aqua, HTC Desire 820, etc.), est ici ralenti et n’offre pas son plein potentiel. Une information affirmée par la majorité des benchmarks les plus usuels (CPU‑Z, AnTuTu, Basemark, 3DMark, etc.) et confirmée par les quelques ralentissements que nous avons expérimentés lors de nos tests techniques. L’Idol 3 se sort de nombreuses situations où il est sollicité, mais pas avec facilité, alors que son processeur en est clairement capable (au moins chez certains concurrents). Selon nous, le choix de l’écran 1 080p est ici contre‑productif et semble freiner l’expérience globale.


La seconde déception émane de l’interface. Si celle‑ci propose de vraies nouveautés d’usage et de prise en main (notamment les icônes qui ouvrent des Widgets et non des applications), l’effervescence des applications additionnelles nous rappelle les heures les plus sombres de l’interface Touchwiz de Samsung. Début 2014, le géant coréen noyait les acheteurs de son Galaxy S5 sous un monticule de logiciels (dont la majorité était marketing) qui alourdissait la navigation et grevait l’espace de stockage disponible. Deux conséquences subies aujourd’hui par l’Idol 3. Un an plus tard, avec le Galaxy S6, Samsung présentait la plus légère des versions de Touchwiz, initiative qui a été très bien accueillie par la critique.


L’Idol 3 reste dans l’ensemble fonctionnel, même dans les usages multimédias (vidéo, photo, jeu, musique), malgré ces deux défauts. D’autant qu’il s’appuie sur de vraies belles qualités (ergonomie, poids, chipset audio, écran, capteur et application photo) et une bonne complétude dans sa connectivité (le capteur NFC par exemple n’est pas très courant sous la barre des 250 €). Cependant, la concurrence est telle sur le segment de prix entre 200 € et 300 € (soit 250 € en moyenne), qu’il est difficile de passer outre, notamment si vous êtes ne serait‑ce qu’un peu exigeant vis‑à‑vis de votre smartphone. En revanche, si vous n’êtes pas à la recherche d’un mobile surpuissant, que vous ne faites pas partie des « gamers », que vous préfériez les mobiles astucieux et que vos usages courants comprennent les réseaux sociaux, la messagerie, la photographie, la musique et le visionnage de vidéo, l’Idol 3 pourrait bien être une option très envisageable.

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