Amplificateur audio-vidéo

Onkyo TX-NR646

Par Gwendal Lars - Publié le 05/08/15
Mustav
Prix indicatif : 699 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby Atmos et DTS:X
Paramétrage automatique par micro : oui
HDMI : 8 entrées (v2.0, dont 1 frontale)
Puissance : 7 x 160 W
Dim. (L x H x P) : 435 x 173,5 x 329 mm
Poids : 9,8 kg
689,39 €
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L’essentiel
Successeur du TX-NR636, l'Onkyo TX‑NR646 en reprend l’essentiel. Déjà, pour ce qui concerne son aspect général et le design de son coffret, il n’est pas évident de le distinguer d’un simple coup d’œil de son prédécesseur. Seul petit détail qui différentie d’emblée ces deux produits, et qui n’échappera pas aux regards experts les plus avertis : la disparition, regrettable, du port USB en façade. Pour se connecter simplement, les appareils nomades devront donc passer par la liaison Bluetooth, du moins pour ce qui est de l’audio car, pour la vidéo, un port HDMI frontal est heureusement préservé.

Sur la face arrière, en revanche, la connectique a été enrichie. Elle récupère, entre autre, le port USB ayant disparu de la façade. De même, elle dispose d’un septième port HDMI, l’analogique se dote d’une entrée audio sur RCA supplémentaire et l’audio numérique échange une de ses deux entrées coaxiales contre une seconde entrée optique.

Cependant, c’est au niveau des traitements numériques et du décodage des flux les plus actuels qu’Onkyo a concentré ses efforts pour faire de son dernier‑né un équipement très performant en ce qui concerne l’audio, qu’il s’agisse de restitution conventionnelle ou des derniers formats multicanaux. En premier lieu, le TX‑NR646 accepte les nouveaux standards audio multidimentionnels DTS:X et Dolby Atmos. Cette polyvalence est d’ailleurs perceptible au niveau des borniers de raccordement des différentes enceintes. En effet, si le groupement des sorties dédié à une restitution 5.1 est des plus conventionnelles, celui des deux voies additionnelles, destinées à une reproduction 7.1, porte la mention « Back or Height ». Ainsi, en fonction du mode de restitution retenu, elles diffuseront soit les canaux d’ambiance arrière, en 7.1, soit les objets sonores hauteur du Dolby Atmos ou du‑DTS:X. À noter, enfin, que ces mêmes sorties peuvent aussi être dédiées à une gestion bi‑amplification des enceintes frontales si une configuration 5.1 est jugée suffisante et que des performances optimisées sont recherchées en écoute stéréophonique conventionnelle.

Dans le même esprit de recherche de finesse de restitution, Onkyo a offert au TX‑NR646 un nouveau convertisseur de haute qualité. En effet, jusqu’ici présent sur les équipements les plus haut de gamme de la marque, le convertisseur numérique analogique Asahi Kasei AK4458 (en photo ci‑dessous) s’invite au cœur de ce nouvel amplificateur. Outre le fait qu’il travaille en 384 kHz/32 bits, ce convertisseur bénéficie de technologie de filtrage à très faible niveau de distorsion. Le TX‑NR646 sera ainsi en mesure d’exploiter pleinement les ressources et les subtilités de flux audio Hi-Res, notamment ceux encodés en 192 kHz/24 bits. Il est en effet compatible non seulement avec les flux 24 bits, tant en 96 kHz qu’en 192 kHz, mais aussi avec les flux DSD, tant 2,8 MHz que 5,6 mégahertz. Un domaine où les moyens d’accès ne manquent pas pour ce nouveau venu puisqu’il intègre, outre une connexion Ethernet conventionnelle, un transmetteur Wi‑Fi compatible AirPlay. Le TX‑NR646 pourra ainsi, va sa fonction passerelle audio UPnP (DLNA), exploiter les fichiers audio Hi‑Res stockés sur les ordinateurs et disques durs Nas reliés au réseau domestique ou, par son intermédiaire, se connecter au Net et bénéficier de services en lignes tels que ceux que propose Deezer ou Spotify. De plus, via Tunein, une multitude de Webradios sont accessibles. Les Smartphones et autres tablettes bénéficieront pour leur part d’un accès Bluetooth. Enfin, pour en finir avec les sources audio pures, signalons enfin la présence d’une entrée « Phono ». Conçue pour les cellules à aimant mobile (MM), elle offre la possibilité de connecter une platine vinyle directement au TX‑NR646. Un type d’entrée qui se fait de plus en plus rare sur les amplificateurs audio‑vidéo, au grand dam des inconditionnels du « son vinyle » qui doivent souvent adjoindre un préamplificateur spécifique à leur équipement.

Côté amplification de puissance, Onkyo reste fidèle à sa structure « HCPS » (High Current Power Supply). Rappelons que sous cette appellation se cache essentiellement une alimentation capable de délivrer des pics de courant instantanés importants. Elle s’articule autour d’un transformateur à circuit magnétique « E-I » généreusement calibré, associé à des condensateurs de très forte valeur (2 x 8 200 µF). Des conducteurs en cuivre de très forte section convoient les tensions d’alimentation jusqu’aux modules de puissance. Les étages de sortie, basés sur des push‑pulls de transistors largement dimensionnés exploitent cette réserve d’énergie pour appliquer aux enceintes un courant de forte intensité. Cette particularité permet notamment de piloter parfaitement les déplacements de leur membrane lors des pics de dynamique lorsque des appels de courant conséquent sont nécessaires pour leur imprimer une violente accélération ou, à l’opposé, les freiner.

Enfin, côté vidéo, il est clair qu’Onkyo a préféré consacrer l’essentiel de son budget de fabrication à l’audio plutôt qu’à cette section. En effet, si tous les ports HDMI 2.0a (compatibles HDR donc) du TX‑NR646 sont compatibles Ultra HD et 4K 60Hz, trois certifiés HDCP 2.2 (compatibles 4:4:4 et 12 bits) et trois HDCP 1.4 (compatibles 4:2:0 et 8 bits), aucun traitement particulier n’est appliqué à la vidéo. Exit donc le traditionnel [abc]Upscalling[/abc] Ultra HD/4K présent sur un bon nombre d’amplificateurs concurrents et sur son prédécesseur, l'Onkyo TX‑NR636 (scaler Marvel Qdeo). En revanche, le TX‑NR646 assure parfaitement sa fonction de sélecteur des sources HDMI.
Pour revenir sur ce sujet, il nous semble d’ailleurs que le choix d’Onkyo est assez judicieux. En effet, par nécessité d’affichage, tout (bon) téléviseur Ultra HD dispose d’un (bon) upscaller intégré. De même, la plupart des lecteurs Blu‑Ray un tant soit peu haut de gamme en est également pourvue. Enfin, très attendu, l'Ultra HD Blu‑Ray devrait finalement bientôt arriver en magasin et, dans ce cas, inutile de recourir à un upscaller… En somme, dans bien des cas, tout se résume à un « concours d’upscaller » qui pourra laisser l’utilisateur un peu dubitatif. Lequel retenir : TV, amplificateur ou lecteur ? Comparer objectivement la qualité de chacun n’est pas toujours évident. Quoi qu’il en soit, le mieux pour bénéficier pleinement de la qualité d’image que peut offrir un téléviseur Ultra HD étant de disposer d’une véritable source Ultra HD, il ne nous semble pas aberrant de supprimer l’upscaller de l’amplificateur audio‑vidéo si, dans le même temps, cela permet d’améliorer sa section audio (voir Verdict technique plus‑bas) ou de le proposer à un prix plus attractif à performances équivalentes.
Concurrence
Avec son modèle RX-A850, Yamaha présente un amplificateur compatible Dolby Atmos à un prix serré : 469 euros. Certes, s’il est un peu moins « musclé » que le TX‑NR646, il ne bénéficie pas moins d’une puissance de sortie de 7 x 100 W, ce qui est plus que suffisant pour un usage domestique.
Pioneer, dispose dans sa nouvelle gamme du VSX‑930 au prix indicatif de 699 €, donc au même tarif. Un peu moins puissant, 7 x 150 W, il propose cependant beaucoup de finesse dans sa restitution.
Marantz propose toujours le SR6009, un amplificateur A/V doté d’une connectique très complète. Un point qui, malheureusement « gonfle » son prix de vente. Au départ proposé à 990 €, il bénéficie désormais de certaines promotions.
Enfin, toujours pour un tarif identique à celui de l'Onkyo TX‑NR646, soit 699 €, la nouvelle gamme de Denon compte l’AVR‑X2200W. Lui aussi délivre 7 x 150 W et s’il fait également la part belle au HDMI et au dématérialisé, mais sa connectique est moins riche.
Fiche technique
Type : amplificateur 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby Atmos et DTS:X
Paramétrage automatique par micro : oui
Puissance : 7 x 160 W
Entrées : 8 entrées HDMI (v2.0), 2 entrées YUV (RCA), entrées audio et vidéo (7 audio et 3 vidéo), sans entrée multicanale, phono (MM), entrées numériques (2 optiques et 1 coaxiale)
Sorties : 2 sorties HDMI (v2.0)
Autres : 1 port USB Host, 1 port Ethernet, Wi‑Fi (b/g/n)
Prises de façade : 1 entrée HDMI, , 1 sortie casque
Multimédia : MP3, WMA, Ogg, Flac, Alac, DSD, AIFF, UPnP (DLNA), Bluetooth , NFC, Airplay, Webradios
Compatibilité audio : écoute au casque (stéréo), Dolby Pro Logic oui, Dolby Digital oui, DTS, Dolby Digital Plus, Dolby TrueHDDolby Atmos, , DTS‑HD, DTS:X
Traitement audio : Ciné Re‑EQ, gestion dynamique du volume (propriétaire Volume), égalisation automatique par micro (graphique), nombre de mesures au micro (multiple), égalisation manuelle (graphique), égalisation du caisson
Traitement vidéo : transparence au xvYCC, transparence au Deep Color, transparence au 1 080p/24, transcodage vidéo (vers HDMI), LipSync manuelle (jusqu'à 100 ms), Auto LipSync
Fonctions : OSD (français via HDMI), télécommande universelle (à apprentissage), CEC, ARC
Consommation : 630 W (0,15 W en veille)
Finition : noir ou argent
Dim. (L x H x P) : 435 x 173,5 x 329 mm
Poids : 9,8 kg
ph image
Verdict technique
Comme ses prédécesseur, le TX-NR646 dispose du système d’auto‑calibrage AccuEQ propre à la marque. Mais le cru 2015 apporte quelques évolutions intéressantes comparée au millésime‑2014. Rappelons que ce dispositif assure non seulement les fonctions d’ajustage conventionnels indispensables à une bonne restitution en mode multicanal, notamment le réglage du retard appliqué à chaque voie, mais compense également les anomalies de comportement acoustique de la pièce d’écoute. Lors de sa première mise sous tension, le TX‑NR646 demande de lui préciser la configuration générale de l’installation puis préconise de connecter le micro de calibrage afin de lancer la séquence de mesures du système‑AccuEQ qui, cette année, gère donc les frontales et le caisson de basses. Bon point, il prend même en compte les éventuelles enceintes Atmos. De plus, il offre la possibilité d'exclure, si tel est la volonté de l'utilisateur, les frontales du calibrage. Enfin, il permet de régler manuellement la correction acoustique sur cinq bandes de fréquences (parmi quinze), un progrès très appréciable par rapport au modèle précédent même si ces réglages s'effectuent avec un facteur Q fixe.
Si ce dialogue entre l’amplificateur et son possesseur se fait par l’intermédiaire d’un OSD un peu austère, aux graphismes assez minimalistes, il a l’avantage d’être clair, simple et plutôt convivial à utiliser. À noter, naviguer au sein de cet OSD peut se faire directement depuis la façade de l’amplificateur. Pour cela elle porte un bouton multidirectionnel, une sorte de joystick, proposant de se déplacer en hauteur ou horizontalement au sein des diverses options affichées.

Lors de la configuration de l’amplificateur, diverses options sont proposées en ce qui concerne la taille de chaque enceinte. Une fonction assez conventionnelle mais qu’il ne faut pas négliger afin d’adapter au mieux le comportement de l’amplificateur à celui des enceintes. En effet, pour éviter d’affoler inutilement les membranes de petits coffrets type bibliothèque, par exemple, un filtre passe‑haut est activé. Il limite l’envoi de basses aux enceintes et les répercute sur le caisson. Seul problème, sa présence restera indispensable même en écoute stéréophonique pour une restitution équilibrée et bien assise. Inversement, si de grandes enceintes sont retenues, aucun filtrage n’est appliqué. Les enceintes fonctionnent alors en pleine bande passante, ce qui est toujours préférable pour une écoute en stéréo conventionnelle. Enfin, il faudra bien évidemment préciser la localisation des enceintes, notamment lors d’une disposition pour une écoute en Dolby Atmos. Dans ce cas, ce sont les canaux normalement réservés à la restitution des sons d’ambiance arrière qui sont mis à contribution pour reproduire les canaux « haut ». On pourra juste regretter que le TX‑NR646 ne dispose pas de deux sorties distinctes (haut ou arrière) avec commutation automatique lors de la reconnaissance de flux Dolby Atmos, même si une telle possibilité impliquerait la présence d’au moins neuf enceintes dans la pièce.

Pour évaluer l’apport du nouveau convertisseur qui est au cœur de la chaine de traitement du TX‑NR646, nous avons réalisé des écoutes en stéréophonie conventionnelle à partir de fichiers audio Hi‑Res. Nous avons aussi pris soin de passer en mode « Direct Audio » afin d’éliminer tout traitement autre que le décodage indispensable à la restitution du signal sonore. Et ce fut une sacrée belle et agréable surprise. Ce nouveau convertisseur AKM apporte indéniablement au TX‑NR646 une musicalité améliorée avec une restitution douée de beaucoup de finesse et de détails. Par ailleurs, mais ici on retrouve un comportement proche de celui de ses prédécesseurs, le TX‑NR646 offre des attaques franches et, grâce à sa réserve de puissance et sa capacité à délivrer des courants instantanés très intenses, il dispose d’une belle dynamique tout en préservant une certaine douceur à la restitution. Un comportement qui semble également se retrouver sur la gestion du bas du spectre. En effet, si le TX‑NR646 descend très bas dans le grave avec une belle aisance (merci l'AccueEQ‑2015), il le fait aussi avec une certaine rondeur. Un comportement assez généralisé chez Onkyo qui surprend parfois les inconditionnels de « son live » et qui préfèrerait un grave plus percutant ou affirmé. Pour les restitutions stéréophoniques, le TX‑NR646 préférera donc les ambiances chaudes et enveloppantes au son, souvent cru, du Live.
En multicanal, ce phénomène est en revanche fortement gommé par la prise de son. La puissance dont dispose le TX‑NR646 lui permet alors de sonoriser les scène d’action les plus musclées avec beaucoup de réalisme.

Enfin, en ce qui concerne la vidéo, rien à dire. Le petit dernier d’Onkyo joue parfaitement son rôle de sélecteur de source. Le choix qu’à fait la marque de proscrire tout traitement vidéo pour favoriser la qualité de restitution sonore, ce qui est tout de même la fonction première d’un amplificateur même s’il se prétend audio‑vidéo, semble donc judicieux. Bravo Onkyo !
+ Les points forts
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Gestion du Dolby Atmos
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Gestion du DTS:X
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Puissance généreuse
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Belle réserve de dynamique
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Dac AKM Asahi Kasei AK4458 384 kHz/32 bits compatible flux audio Hi‑Res 192k Hz/24 bits
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Musicalité en hausse sensible
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Wi‑Fi double bande intégré
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Rapport qualité/prix
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Connectique bien fournie (dont entrée Phono et HDMI 2.0a)
- Les points faibles
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Pas de port USB Host frontal
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Pas d’Upscaling vidéo (à relativiser, cf. test)
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OSD peu attrayant
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