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Technics C700 Serie

Par Gwendal Lars - Publié le 21/03/16
Mustav
Prix indicatif : 3 497 € TTC
Note AVCesar.com
Type : Système stéréo à éléments séparés

Technics SU-C700 :
ampli 2 x 70 W sous 4 ohms (2 x 45 W sous 8 ohms)
Réponse en fréquence : 20 Hz à 90 kHz
Flux gérés : DSD 2,8/5,6/11,2 MHz, PCM jusqu’à 32 bits 192 kHz (sur entrée USB DAC), PCM jusqu’à 24 bits/192 kHz (sur coaxiales ou optiques)
Entrées  : 1 « ligne » sur RCA, 1 Phono (MM), 1 optique, 3 coaxiales, 1 USB‑B (ordinateur)
Sorties  : 2 paires de bornes connexion enceintes, casque (en façade)
Consommation  : 73 W (0,3 W en veille)
Dimensions  : 340 x 132 x 325 mm/8,3 kg

Technics ST-C700 :
lecteur réseau
Fonctionnalités  : AirPlay, DLNA, Bluetooth APT‑X/NFC, tuner FM et DAB/DAB+
Fichiers lus : DSD 2,8/5,6 MHz, Alac (96 kHz/24 bits), AIFF/Flac/Wav (192 kHz/24 bits), AAC/WMA/ MP3 (320 kbps)
Réponse en fréquence : 2 Hz à 90 kHz à -3dB
Rapport signal/bruit : 112 dB
Distorsion harmonique totale  : 0,00012%
Sorties  : 1 RCA stéréo, 1 optique, 1 coaxiale
Entrées  : USB‑B, Ethernet RJ‑45, antenne FM/DAB
Consommation : 26 W (0,2 W en veille)
Dimensions/Poids : 340 x 78 x 295 mm/4 kg

Technics SB-C700 :
enceintes bibliothèques
Type : 2 voies, charge bass reflex
Haut-parleur : boomer 160 mm à membrane plane, tweeter 19 mm structure coaxiale
Fréquence de raccordement : 2,5 kHz
Réponse en fréquence : 40 Hz à 100 kHz (à -16dB)
Sensibilité  : 85 dB (2,83 V à 1 m)
Puissance admissible : 50 W (100 W max)
Impédance : 4 ohms
Dimensions/Poids : 220 x 336 x 286 mm/8,5 kg
1312,90 €
Amazon.fr
L’essentiel
Le plus délicat, lorsque l’on souhaite s’équiper d’un nouveau système audio, c'est d’opter pour des associations cohérentes. Ne perdons pas de vue que, en Hi‑Res Audio comme en Hi‑Fi conventionnelle, c’est toujours l’élément le moins performant qui limite la qualité globale d’un équipement. Avec son ensemble C700, Technics met donc fin à toute interrogation. On peut même considérer qu’il s’agit ici d’une déclinaison, en version beaucoup moins coûteuse, du système Série R1, fleuron de la marque, que Technics avait présenté à la rentrée 2014 pour annoncer son retour sur le marché de l'électronique grand public et plus particulièrement du marché audio.

Il est ainsi possible de composer la chaîne de son choix autour de quatre éléments : une paire d’enceintes SB‑C700, un amplificateur intégré SU‑C700, un lecteur réseau ST‑C700 et un lecteur CD audio SL C700. Curieusement, alors que le constructeur japonais était l’un des acteurs majeurs dans ce domaine, aucune platine vinyle n’est encore proposée à ce jour. Toutefois, lors de la convention Panasonic/Technics qui s'est tenu fin février à Francfort, la marque a dévoilé la SL‑1200GAE Special Edition prévue dans les magasins dès l’été 2016. Une platine résolument orientée haut de gamme dont le prix n’a pas encore été fixé, mais qui devrait être élevé (à la rédaction, on subodore un tarif aux alentours de 4 000 €). D’autant plus que cette première production se limitera à 1 200 exemplaires dûment numérotés. À savoir, une version moins exclusive devrait rapidement suivre, à un prix indicatif plus abordable bien sûr.
Pour notre part, lors de nos tests, nous avons fait l’impasse sur le lecteur CD audio. En effet, l’audio Hi‑Res passant essentiellement par les supports dématérialisés, nous avons préféré nous orienter vers le lecteur réseau qui fait aussi office de lecteur de clés USB et de Dac (convertisseur numérique‑analogique). Il propose ainsi de bénéficier de la qualité optimale des fichiers musicaux dématérialisés, stockés sur ces nouveaux supports ou mémorisés sur un ordinateur.

Les petites enceintes bibliothèques SB‑C700 sont incontestablement les éléments les plus représentatifs de cet ensemble. En effet, elles s’articulent autour de haut‑parleur à membrane plane qui avait fait le succès de Technics lors de ses plus belles années. En fait, si comme pour tous les haut‑parleurs un cône prend place entre la suspension périphérique et la bobine mobile, il n’a pas ici vocation à faire vibrer l’air. Cette mission est confiée à un disque dont il est solidaire. Réalisé en fibre de carbone et nid d’abeille aluminium, ce disque frontal dispose donc d’une très grande rigidité associée à une faible masse. Outre le fait que sa surface plane lui offre un fonctionnement « en piston », favorable à l’élimination d’interférences de surface, il peut subir de très fortes accélérations sans déformation. Des spécificités bénéfiques à un bon comportement, notamment en mode impulsionnel ou lors des transitoires, et à une diminution de la distorsion.
Autre point important. Ce transducteur adopte une architecture coaxiale. C’est‑à‑dire que, contrairement aux agencements conventionnels ou le tweeter prend place à côté du boomer, il siège ici au centre du haut‑parleur principal. Cette solution garantit un excellent respect des phases entre le grave et l’aigu. En effet, les deux transducteurs ainsi associés se comportent comme une source sonore ponctuelle unique que l’on peut ramener au centre de l’ensemble, en fait au centre du tweeter. Ce respect des phases et ce comportement en source ponctuelle favorisent la restitution d’un espace stéréophonique précis et détaillé.

Enfin, Technics a soigné l’ébénisterie de ses enceintes. La charge bass‑reflex est constituée de MDF épais et comporte des renforts internes pour accroître encore sa rigidité. Dans le même esprit, l’évent se dote d’un profil travaillé afin d’éliminer tout bruit d’air lors de la restitution des basses les plus profondes. On pourra juste regretter que celui‑ci débouche à l’arrière des enceintes, ce qui les rend un peu plus sensible à leur positionnement par rapport aux murs de la pièce que si elles disposaient d’un évent frontal.

L’amplificateur SU‑C700 reprend lui aussi certaines spécificités des anciens équipements tout en leur ajoutant plusieurs innovations. Elément le plus visible de l’« héritage Technics » : les deux VU‑mètres présents en façade. Précisons immédiatement que leur fonction est essentiellement esthétique. Comme ils sont dotés d’une échelle ultra‑logarithmique, leurs petites aiguilles s’agitent frénétiquement dès les faibles niveaux d’écoute et il est bien difficile de savoir d'après leur seule lecture à quel pourcentage de ses capacités l’amplificateur est exploité. Pas très utile, donc, mais très joli tout de même. Pour les reprises du passé, signalons la configuration du générateur d’horloge associé aux Dac. Sur ses anciens modèles, Technics utilisait une alimentation par pile pour alimenter ses préamplificateurs analogiques et leur offrir ainsi un niveau de bruit particulièrement faible. Une version perfectionnée est maintenant appliquée à l’alimentation des circuits d’horloge. Elle garantit une très grande stabilité de leur tension d’alimentation associée à un faible bruit ce qui a pour effet de réduire leur jitter et donc, ici encore, de réduire le bruit de fond résiduel lors de la conversion numérique‑analogique. Cependant, s’il puise dans les bonnes idées du passé, le C700 reprend aussi les innovations échafaudées sur son grand frère, le SE‑R1. C’est notamment le cas du système Jeno (Jitter Elimination and Noise Shaping Optimisation). Ici encore, comme son nom l’indique, ce dispositif a pour fonction d’éliminer le jitter au niveau de la conversion finale dédiée au pilotage des étages de puissance. En effet, sur les amplificateurs numériques, le jitter est l’une des sources majeures d’apparition de distorsion. Le réduire le plus possible garantit une préservation de la qualité du signal. De plus, grâce à des convertisseurs haute précision, ce dispositif est efficace tant sur le bas du spectre que sur les fréquences les plus hautes. Plus fort encore, le SU‑C700 est capable de s’adapter au comportement des enceintes qu’il a pour mission de gérer. Son dispositif LAPC (Load Adaptative Phase Calibration) met à profit un algorithme de traitement du signal pour optimiser la réponse amplitude/phase du système. Cette opération a pour effet de linéariser la réponse globale du couple amplificateur/enceintes pour une restitution plus fidèle. Et ça fonctionne plutôt bien, nous avons eu l'occasion de le vérifier avec plusieurs types d'enceintes, même avec des spécimens difficiles, soit à faible rendement.

Le lecteur réseau ST‑C700 bénéficie également des dernières innovations de Technics en matière de traitement numérique et de conversion. En premier lieu, comme beaucoup de Dac, il réalise un suréchantillonnage de toute source audio numérique en signal Hi‑Res 192 kHz/24 bits. Une fonctionnalité baptisée High Re‑master. Pour limiter l’apparition de bruit de fond, ses circuits clés sont alimentés par une pile virtuelle. On retrouve donc le même type de démarche que sur l’amplificateur. Cependant, ici, pour limiter encore le nombre de sources de perturbations électromagnétiques, les circuits temporairement inexploités sont automatiquement mis hors tension. Il peut s’agir du port USB, de la liaison réseau, des interfaces numériques ou de l’afficheur en fonction de la source exploitée. À noter, les informations que présente ce dernier sont assez limitées et la navigation depuis la télécommande ne présente pas la meilleure des ergonomies. Pour pallier ce petit point faible, Technics propose une application, nommée Technics Music App, compatible iOS et Android téléchargeable gratuitement tant sur l’AppSore que sur Google Play.
Enfin, outre ses compatibilités AirPlay/DLNA, le ST‑C700 dispose également d’un transmetteur Bluetooth APT‑X intégré et d’un tuner FM/DAB/DAB+. Ces accès viennent donc compléter la, déjà, vaste palette de sources disponibles.
Concurrence
Avec le système C700, Technics se démarque très nettement de la concurrence. Si, en éléments indépendants, il est facile de trouver un Dac ou un amplificateur Hi‑Res, les enceintes bibliothèques restent rares. Il faudra donc souvent « panacher » plusieurs constructeurs pour arriver à la configuration souhaitée. En somme, assez peu de packs, ou de propositions de ce type sont disponibles sur le marché.

Signalons cependant que Sony s’engage aussi dans les composants séparés audio Hi‑Res en proposant, entre autres, son amplificateur orienté audiophile TA‑A1ES (1 599 €) et son lecteur réseau HAP‑Z1ES (1 599 €). Pour les enceintes, en format bibliothèque les petites SS‑HA1 (599 €) pourront convenir, même si leurs performances ne permettent pas à ces éléments de s’exprimer pleinement.
On retrouve le même type de situation chez Pioneer qui, pour les électroniques propose son lecteur réseau N70 (1 290 €) et l’amplificateur A‑70 (1 599 €), mais de dispose pas d’enceintes bibliothèques en adéquation avec les excellentes performances de ses produits.
Verdict technique
L’interconnexion des différents éléments ne pose guère de problème. En effet, lors de nos essais, nous avons privilégié les entrées optiques et coaxiales sur l’amplificateur ce qui réduit encore les risques d’erreur lors du câblage de l’installation. Côté enceintes, nous nous sommes empressés de remplacer les fils fournis d’origine par des câbles de section plus conséquente. En effet, si ceux accompagnant la paire d’enceinte permettent de vérifier que l’installation fonctionne correctement, leur section est en revanche trop faible et ne permet pas au système de s’exprimer pleinement. Ce remplacement réalisé, le comportement des petites enceintes SB‑C700 est assez surprenant. En dépit de leur format modeste, elles descendent remarquablement bien dans le grave, ce qui offre à la restitution une excellente assise. Il est clair que Technics a particulièrement travaillé ses boomers, tout comme la charge acoustique qui leur est associée. Par exemple, elles restituent avec beaucoup d’aisance les basses profondes de Rafales de Bernard Lavillier tout comme celles de l’intro de I will remember de Toto. Un autre aspect qui influe considérablement sur la sensation de naturel de l’écoute est lié à l’architecture coaxiale des transducteurs. Elle offre à la scène stéréophonique une excellente précision de localisation de chaque source sonore au sein de l’espace d’écoute, tant en largeur qu’en profondeur. L’image sonore dispose ainsi d’un relief digne des systèmes de restitution les plus évolués. Nous avons également apprécié l’équilibre tonal. Les écoutes faites sur des orchestres symphoniques, entre autres, retrouvent à la fois équilibre, ampleur et précision. À noter, si l’aigu est fin et détaillé, il sait rester sage et naturel. Un comportement particulièrement perceptible sur les percussions et qu’a parfaitement illustré une écoute de l’incontournable Take Five de Dave Brubeck.

En dépit de sa puissance relativement modeste, l’amplificateur dispose d’une belle dynamique. Ce système est ainsi même adapté aux écoutes dans des pièces relativement vastes pour peu qu’elles se fassent à niveau raisonnable. Certes, il ne faudra pas demander au C700 de restituer du Wagner à Bercy, mais il nous a surpris par son comportement, notamment par rapport à l’encombrement des différents éléments. Pour être plus clair, la grande force du C700 réside dans sa finesse et sa fidélité de restitution. Surtout sur les dynamiques intermédiaires où sa réserve de puissance, limitée mais conséquente, fait merveille. Enfin, on le répète, si les petits VU‑mètres de l’amplificateur accentuent le côté « High End », voire professionnel, de l’installation, leur fonction reste essentiellement décorative. Très amortis, ils ne donnent qu’une idée très approximative de la dynamique de l’enregistrement. En revanche, il faut reconnaître que voir « frétiller » les petites aiguilles au rythme de la musique est assez plaisant.

Côté source, c’est le lecteur réseau ST‑C700 que nous avons le plus sollicité pour exploiter soit les contenus d’une clé USB, soit les fichiers musicaux stockés sur un ordinateur en passant par le port USB type B. Dans ce cas, le lecteur réseau se comporte comme un Dac externe. Nous n’avons pas relevé de souci au niveau de la lecture des fichiers audio Hi‑Res, tant en PCM qu’en DSD. Pour plus de convivialité, nous avons également téléchargé l’application Technics Music App. En effet, la navigation depuis l’afficheur et la télécommande, bien que parfaitement possible, reste assez austère.

Signalons que si le SC‑T700 dispose d’une liaison Bluetooth APT‑X capable d’offrir à la transmission des flux audio numériques une « qualité CD », elle n’est en revanche pas appropriée à celle des flux audio Hi‑Res Audio. De même, afin d’éviter toute irrégularité de débit ou rupture de la transmission, nous avons préféré connecter le lecteur réseau en Ethernet, vis sa prise RJ‑45, plutôt qu’en Wi‑Fi. Cette dernière liaison sans‑fil nous a néanmoins permis de lire sans souci les contenus de la tablette sur laquelle nous avions installé l’application. Pour peu que la liaison Wi‑Fi soit de bonne qualité, ce qui n’est malheureusement qu’assez rarement le cas, le système fonctionne donc parfaitement. Enfin, nous avons pu constater que la section tuner DAB+ du lecteur réseau disposait d’une sensibilité tout à fait satisfaisante. Il a suffi de lui connecter le fil fourni, faisant office d’antenne, pour que le tuner DAB+ capte sans problème les stations disponibles.

Pour son grand retour, Technics nous propose donc ici une installation très cohérente qui, pour un budget total sous la barre de 3 500 €, propose un service très complet. Certes, ce prix peut paraître relativement élevé, mais il faut bien voir qu’il s’agit d’une configuration complète et de très haut niveau. Souvent, l’achat d’éléments séparés vient estomper le coût global d’un système. Ici nous sommes en présence d’une prestation de haute qualité, tant en termes de restitution qu’en ce qui concerne le design ou la qualité de fabrication. Et l'encombrement réduit des enceintes bibliothèques permet de caser ce système n'importe où ou presque, sans craindre les foudres de madame. Une solution qui s’avère ainsi très séduisante pour un budget largement inférieur à celui de sa grande sœur R1 qui s’envole à 39 997 € pour les mêmes fonctionnalités (Amplificateur SE‑R1, lecteur réseau SU‑R1 et paire d’enceintes SB‑R1). Sans compter que le marque confirme ainsi son retour sous le feu des projecteurs, pour le plus grand bonheur des mélomanes.
+ Les points forts
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Assise des petites enceintes
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Détails et dynamique de la restitution
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Configuration coaxiale des haut‑parleurs pour une très grande précision de l’espace stéréophonique
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Lecture des flux Hi‑Res Audio
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Entrée phono sur l’amplificateur
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Technologie Jeno anti‑jitter pour réduire la distorsion et le bruit numérique
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Tuner DAB/DAB+
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Qualité de conception et de fabrication
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Télécommande commune aux deux appareils
- Les points faibles
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Connectique limitée sur l’amplificateur
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Event arrière sur les enceintes
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Navigation assez peu conviviale sur le lecteur réseau
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