Lecteur multimédia

Archisoft Zappiti Player

Par Jacques Guiot - Publié le 11/10/13
Mustav
Prix indicatif : 299 € TTC
Note AVCesar.com
Type : passerelle multimédia
Réseau : UPnP (DLNA)
Sortie HDMI : v 1.4
Dimensions (L x H x P) : 430 x 252 x 55 mm
Poids : 2,45 kg
L’essentiel
À notre grand étonnement, le marché du lecteur multimédia est relativement calme depuis de nombreux mois. En effet, peu de modèles compatibles 3D ont vu le jour depuis l'arrivée du relief dans les foyers. Sans doute les marques réfléchissent‑elles à deux fois avant de proposer un nouveau modèle, au regard des capacités de lecture multimédia de plus en plus complètes des lecteurs Blu‑Ray, ou même des téléviseurs. Cependant, aussi puissants soient‑ils, ces matériels souffrent encore de certaines limitations rédhibitoires pour les plus avertis, notamment l'absence de prise en charge du signal 24p.
Heureusement, de rares lecteurs multimédias 3D Ready forts intéressants ont tout de même vu le jour, à l'instar du Zappiti Player présenté aujourd'hui. Comme vous allez le constater plus avant dans ce test, ce genre d'appareils pousse très loin l'expérience multimédia : très peu de formats lui résistent et surtout, il propose souvent un système de pochettes pour une convivialité et un confort accrus, sans parler d'une ergonomie beaucoup plus instinctive. Ce dernier point est d'ailleurs, comme vous allez le découvrir, l'un des gros atouts du Zappiti Player. Encore faut‑il que la stabilité, la réactivité et les performances soient au rendez‑vous. C'est bien sûr ce que nous avons particulièrement étudié lors de ce banc d'essai...

Le Zappiti Player se distingue d'emblée par son design. Il se présente comme une platine de taille et de volume équivalente à ceux d'un lecteur Blu‑Ray classique, avec une esthétique globale très sobre. Son châssis est en aluminium et sa façade en PVC dur imitation aluminium brossé, le tout rehaussé d'un joli petit écran au centre pour afficher les informations de lecture et les chemins des dossiers. Ce dernier permet, dans le cadre d'une utilisation uniquement musicale par exemple, de naviguer dans les répertoires sans allumer le TV. La façade propose également des touches de contrôle de lecture, un port USB 2.0 pour connecter un disque dur externe ou une clé idoine, un lecteur de cartes mémoire SD, une sortie casque mini‑Jack 3,5 mm et, surtout, un rack HDD 3,5" extractible à chaud. Vous pouvez donc « charger » le lecteur allumé.
Petit tour à l'arrière pour y découvrir une connectique complète. Elle rassemble un port Ethernet Gigabit, deux autres ports USB 2.0, une sortie HDMI 1.4 compatible CEC, xvYCC, Deep Color et 1 080p/24, une sortie Composite, une YUV, une coaxiale, une optique et une stéréo RCA. Précision, on trouve également un port pour l'antenne Wi‑Fi (fournie), un interrupteur et un cordon détachable. Il manque juste un port USB 3.0 et peut‑être une deuxième sortie HDMI plus un port Sata pour être parfait, mais c'est déjà très complet !
Le packaging est lui aussi assez complet avec un câble HDMI et Ethernet, l'antenne Wi‑Fi donc, et une télécommande très ergonomique. Nous aurions aimé trouver sur cette dernière des touches rétroéclairées, mais elles sont seulement phosphorescentes. C'est mieux que rien. Cette zappette permet de contrôler absolument toutes les fonctionnalités du Zappiti Player, à travers plusieurs dizaines de manipulations et des raccourcis très pratiques. Vous pouvez par exemple changer les pistes audio et les sous‑titres, repositionner les sous‑titres (même sur les Iso Blu‑Ray), changer leur couleur ou leur grosseur, appliquer des zooms divers, avancer pas à pas ou faire des sauts dans un film… Bref, il serait trop long ici de décrire toutes les possibilités offertes, mais, croyez‑nous, elles sont nombreuses.

Au lancement du Zappiti Player, on découvre une interface vraiment bien structurée, complète, offrant de nombreux réglages son et image, des applications comme Facebook, Twitter ou AccuWeather, Shoutcast, des minis jeux, des Webradios, un navigateur internet, etc. Par contre, si cet OSD est réactif et ergonomique, il reste tout de même un peu en retard sur son temps. Il n'est pas vraiment fun, ne propose aucune animation Flash, ni de graphismes 3D.
Par contre, tous les réglages possibles et imaginables sont disponibles, si ce n'est une sortie vidéo directe sans mise à l'échelle. Pour le reste, on peut choisir le codage couleur (8 bits, 10 bits ou 12 bits), le dématriçage couleur, un réglage 24 Hz, 50 Hz ou 60 Hz ou plus simplement activer l'Autoframerate, ou encore sélectionner, ou non, la sortie 3D (en présence d'un Iso BD 3D). Pour les réglages audio, on peut configurer la sortie HDMI en bitstream ou opter pour un décodage LPCM 7.1, appliquer un downmix stéréo, ou encore limiter la fréquence d'échantillonnage à 96 kHz ou 48 kHz si le récepteur est limité dans ce domaine. Une nouvelle fois, il serait trop long d'énumérer l'intégralité des possibilités proposées. Mais tout est là pour profiter du meilleur transfert audio et vidéo possible, adapté à toutes les situations.

L'OSD, on le répète, n'est donc pas des plus attractifs, mais il faut le reconnaître, une fois tout réglé, nul besoin d'y revenir. Et c'est là qu'intervient le fameux système de jaquettes « made in Zappiti ». En effet, il est possible de paramétrer le lecteur pour que l'interface Zappiti se lance directement à l'allumage. On tombe donc d'office sur ce système de bibliothèques de fichiers sous forme de pochettes, l'un des plus complets et réussis de sa génération et, surtout, l'un des plus simples à paramétrer.
Au préalable, il faut tout de même organiser sa vidéothèque depuis un ordinateur (uniquement à partir d'un PC) pour créer les répertoires adéquats et lancer un scan des fichiers afin de télécharger les infos, synopsis, jaquettes et « fanarts » (Wallpaper) de chaque film, série ou album de musique identifiés par Zappiti.
On découvre alors plusieurs icônes désignant les répertoires Films, Séries, Musiques avec possibilité de filtrer les titres par catégories, albums, artistes, genres, Playlists, vus ou écoutés récemment, etc. S'affiche ensuite, selon les catégories, un panneau de pochettes que l'on aura soigneusement sélectionnées lors de la configuration (en effet, plusieurs choix sont souvent possibles). Et en cliquant sur un film, on arrive sur un « fanart » regroupant toutes les informations sur les codecs, synopsis, encodage, noms des acteurs, réalisateur… Bref, un superbe petit jukebox (cf. photos ci‑dessous), très abouti, animé et performant. Croyez‑nous, une fois que tout est réglé, une chose reste à faire, profiter pleinement de l'expérience Zappiti Player.

À savoir, le Zappiti Player permet de lire pratiquement tous les formats multimédias audio, vidéo et photo disponibles, à de rares exceptions près. Bien sûr, nous allons passer tout ça en détail dans la partie suivante (cf. Verdict Technique) et vous serez bientôt incollable sur ses capacités. Mais sachez d'ores et déjà que l'un de ses points forts réside dans la gestion des vidéos 3D avec une compatibilité MKV 3D, AVI 3D, MP4 3D ou même BDMV 3D et Iso Blu‑Ray 3D. De plus, ce lecteur permet de lire vos contenus multimédias stockés indifféremment sur un HDD externe, un HDD 3,5'' interne, ou via la fonction passerelle multimédia UPnP (DLNA), NFS ou Samba.

Après cette présentation en bon et due forme, nous allons donc voir si les promesses affichées par le Zappiti Player sont bien au rendez‑vous et quelles sont les réelles facultés, mais aussi défauts, absences et limites de cette prise en charge multimédia.
Concurrence
Comme indiqué en introduction de ce banc d'essai, le Zappiti Player compte peu de concurrents compatibles 3D. On peut tout de même citer le Mede8er Med1000X3D au design spécifique en forme de soucoupe, également très stable, doté d'un rack HDD 3,5'' et 2,5'', avec gestion des Iso Blu‑Ray 3D et MKV 3D MVC. Par contre, son système de jaquettes automatique n'est pas aussi intéressant et convivial que Zappiti, même si d'autres solutions sont possibles. On trouve également le Xteamer Sidewinder 3, lui aussi doté d'une compatibilité Iso Blu‑Ray 3D et MKV 3D MVC, et doté d'un rack HDD 2,5 pouces. Mais sa stabilité et son système de jaquettes automatique étaient juste catastrophiques au moment de notre essai avorté il y a quelques mois. Enfin, l'un de ses plus gros concurrents, le Popcorn Hour A‑400, dispose peu ou prou des compatibilités multimédias revendiquées par le Zappiti Player et embarque un processeur vidéo VXP. Mais, là encore, son interface et son Firmware se sont avérés moins stables lors de nos essais il y a, toujours, quelques mois. Cependant, les mises à jour récentes ont peut‑être amélioré sa stabilité et ses performances (nous n'avons pas pu le vérifier)…
Fiche technique
Type : passerelle multimédia
Connectique : sortie HDMI (v 1.4), sortie YUV, sortie Composite, sortie audio stéréo, sortie audio numérique (optique et coaxiale), sortie XLR, port USB Host, port Ethernet, Wi‑Fi (b/g/n)
Compatibilité : cartes SD, MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, Alac, DSD, DivX (SD et HD), WMV (SD et HD), Mpeg2 (SD et HD), Mpeg4 (SD et HD), Jpeg, gestion DRM
Réseau : UPnP (DLNA), Bluetooth , NFC, Podcast, Webradios, Web TV, accès aux contenus de sites web (Oui)
Gestion vidéo : automatique, Pal (50 Hz), NTSC (60 Hz), Cinéma (24 Hz)
Fonctions : CEC, xvYCC, Deep Color, High BitRate Audio, OSD Français, désentrelacement (vidéo/film) automatique, upscaling vidéo 1 080p, gestion du zoom à partir du 4/3 intelligente, gamme HDMI réglable
Consommation : 7 W (0,7 W en veille)
Finition : noir
Dim. (L x H x P) : 430 x 252 x 55 mm
Poids : 2,45 kg
ph image
Verdict technique
S'il y a bien une chose dont on peut se féliciter avec le Zappiti Player, c'est sa stabilité à toute épreuve. Rarement avons‑nous entre les mains un lecteur aussi stable, c'est‑à‑dire exempt de bugs et tout à la fois puissant en termes de compatibilité. Évidemment, quelques rares formats ne sont pas reconnus, mais son fonctionnement est exemplaire : pratiquement aucun « plantage », aucune saccade en lecture réseau (Samba, UPnP ou NFS), même en présence d'Iso Blu‑Ray 3D nécessitant de très gros débits. Les seuls soucis rencontrés (légères saccades observées) concernent les rares Iso Blu‑Ray ou BDMV 2D et 3D proposant le film découpé en plusieurs fichiers M2TS (appelés Seamless Branching). Pour le reste, MKV à très gros débit ou Iso Blu‑Ray et BDMV dans leur immense majorité, c'est un sans faute !

Nous pouvons également l'affirmer haut et fort, tous les formats les plus populaires, et même certains plus rares, sont lus sans encombre : MP3, WMA, AAC, Ogg et Flac pour l'audio ; VC‑1, AVC/H.264, DivX, XviD, WMV, Mpeg2 et Mpeg4 pour la vidéo, en SD comme en HD, et avec les conteneurs MKV, M2TS, Iso (DVD et Blu‑Ray), TS, Mov, AVI, MP4, WMV, AVC‑HD... Les photos ne sont pas oubliées avec les compatibilités Jpeg, PNG, BMP, et Gif et la possibilité d'organiser des diaporamas musicaux.
La gestion des MKV (le conteneur le plus utilisé de nos jours) est exemplaire avec prise en charge du 24p, des chapitres, des multipistes audio et sous‑titres, la possibilité de customiser ou repositionner les sous‑titres SSA, SRT, ASS, Sub, IDX + VobSub (externes et internes), à part les PGS qui sont bien lus, mais non personnalisables. Les MKV 3D au format Côte à côte ou Dessus‑dessous sont également parfaitement gérés, et bonne nouvelle, jusqu’avec deux images 1 920 x 1 080 pixels pour la 3D Full HD. Les Iso Blu‑Ray 3D et BDMV 3D ne posent aucun souci de lecture. Le seul défaut majeur à propos du relief concerne l'absence de lecture des fichiers MKV MVC 3D.
À savoir, lors de la lecture des fichiers Iso Blu‑Ray, les menus et la couche logicielle BD Java ne sont pas gérés, mais le son HD et les sous‑titres sont parfaitement pris en charge. Sur les Iso contenant une version courte et une version longue d'un programme, il est possible d'accéder directement à celle de son choix. Les bonus sont également accessibles, mais par contre les fonctions BD Live et BonusView ne sont pas supportées.
En revanche, chose rare pour une passerelle multimédia, tous les formats sonores HD sont compatibles : Dolby TrueHD, Dolby Digital Plus, DTS‑HD et ce, en Bitstream ou décodés en PCM ou encore via Downmix stéréo.

Parmi les rares fichiers non supportés, nous pouvons citer ceux FLV, Y4M, MK3D, MKV 3D MVC et RMVB pour la vidéo, et le DSD, MLP (et donc les Iso DVD Audio) et le Muse Pack pour l'audio. En revanche, la lecture du Flac, Ape, Alac, Ogg, WMA lossless pour ne citer que les plus performants, est exemplaire jusqu'en 192 kHz/24 bits avec possibilité de créer des Playlists. Autre petit regret, l'absence de fonction Auto Lipsync, compensée par la possibilité de synchroniser l'audio et la vidéo manuellement par palier de 5 ms ou 25 millisecondes.

Enfin, la machine est pilotable via IP et de nombreuses applications iOS et Android permettent de contrôler le Zappiti Player à distance, voire d'explorer aisément une filmothèque grâce au système de jaquettes, ou par moteur de recherche avec l'application Zappiti Media Control. Cette dernière disponible sur Android et récemment sur iOS (cf. photo iPad plus haut), est également compatible Windows. Dernière précision, de nombreuses Webradios, y compris françaises, sont proposées et triées automatiquement par genre. On regrette néanmoins les faibles performances du navigateur Web et le peu d'applications connectées.

Le Zappiti Player réalise donc un quasi sans faute et s'annonce comme une référence au sein de sa catégorie de lecteur multimédia. Il dispose d'un superbe design type platine Blu‑Ray pour une intégration parfaite dans un système audio‑vidéo, sa stabilité est exemplaire, sa prise en charge multimédia colossale et pratiquement sans faille. De plus, la gestion musicale a rarement été aussi aboutie sur ce type d'appareil, l'utilisation est simple avec une excellente ergonomie et, cerise sur le gâteau, le système de jaquettes Zappiti, absolument superbe, apporte une dimension jubilatoire et conviviale totalement inédite. Exceptés une correction des fichiers Seamless Branching, une interface un poil plus moderne, l'ajout de la lecture des fichiers MKV 3D MVC, du gapless et une compatibilité OS X (Apple), il n'y a rien à redire. Et, sans doute certains de ces reproches seront‑ils gommés dans une prochaine mise à jour Firmware. Bref, après de longues semaines d'utilisation, une constatation s'impose, le Zappiti Player mérite sans hésitation, aucune, sa récompense Must AVcesar !
+ Les points forts
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Qualité de construction et design
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Stabilité exemplaire du Firmware
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Système de jaquettes Zappiti ultra‑abouti
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Performances multimédias de très haut niveau
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Gestion musicale très performante
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Modes passerelle multimédias NFS, Samba, et UPnP (DLNA)
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Compatibilité Iso Blu‑Ray 3D et vidéos 3D Full HD
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La compatibilité TNT HD avec enregistrement (en option)
- Les points faibles
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Absence de port USB 3.0
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Pas de lecture des MKV 3D MVC
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Rares saccades sur les Iso Blu‑Ray de type Seamless Branching
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Lecture musicale non gapless
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Absence de sous‑titres en 3D
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Absence de gestion des menus Java
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