Dune, le « spicy opera » grand luxe de Denis Villeneuve

09.09.2021 / 10:24
/ Par Cédric Melon

Après Blade Runner 2049, Denis Villeneuve s’attaque à un autre versant de l’Annapurna du cinéma de SF, l’adaptation du roman éponyme de Frank Herbert : Dune.


Tout commence en l’an 10191 de notre ère. Des dynasties convoitent l’Épice, une source d’énergie d’une puissance inégalée que l’on ne trouve que sur une planète totalement désertique et particulièrement hostile. Parmi les protagonistes, le jeune Paul Atréides, incarné par Timothée Chalamet, va se rend compte qu’il aura un rôle crucial à jouer.

 

 





Une plongée effrayante et intense

Avant le cinéaste québécois, beaucoup ont essayé d’adapter Dune au cinéma comme Arthur P. Jacobs, Alejandro Jodorowsky ou encore Ridley Scott. En 1984, David Lynch réussit à faire financer son projet mais son long métrage sera une catastrophe tant artistique que financière. Un échec cuisant dont le metteur en scène de Twin Peaks ne veut plus en étendre parler.

 

 

Il est vrai que le roman traîne depuis des années une réputation de récit inadaptable au cinéma. Pourtant, quatre années de travail et 165 millions de dollars de budget plus tard, il ne faut que quelles secondes du film de Villeneuve pour être déjà convaincu qu’il se passe quelque chose de l’ordre du miracle cinématographique. À la fois poétique et effrayante, intense et majestueuse, la plongée dans l’univers de Dune, rythmé par la partition puissante d’un Hans Zimmer des grands jours, est saisissante.


Une sorte de version pour adulte de La guerre des étoiles pimentée par un soupçon de Game of Thrones (les ponts entre le film et la série sont nombreux). Un pouvoir mystérieux, un élu, des personnages truculents et énervants, un empereur invisible, des familles qui se déchirent, des vaisseaux interminables qui explosent, des enjeux politiques et une mythologie qui prend forme… Sans oublier les monstres, dont les fameux vers géants qui, dans lors d’une première scène d’anthologie, apparaissent titanesques.

 


Fond et grand spectacle ne font plus qu'un

Un mot sur les acteurs, tous extraordinaires, de Timothée Chalamet à Jason Momoa en passant par Oscar Isaac, Rebecca Ferguson, Stellan Skarsgard, Zendaya, Josh Brolin et l’incroyable Charlotte Rampling. La séquence de confrontation entre la comédienne et Chalamey est d’une simplicité saisissante dans sa forme et pourtant d’une puissance rare. Rampling est impériale, Chalamet étourdissant. Un extrait à montrer dans toutes les écoles d’acting.

 

 

Si le metteur en scène se fait visiblement plaisir en prenant le temps (parfois trop) de filmer cet univers qu'il maîtrise à la perfection avec un sens du cadre inouï et des plans d’une beauté stupéfiante, il n’oublie jamais de partager ce plaisir en filmant des séquences d’action d’anthologie où les effets spéciaux numériques et mécaniques sont tout simplement parfaits. Évidemment, Villeneuve imprime ses propres thèmes à la vision de Frank Herbert : écologie, filiation, guerre des territoires… ou quand fond et grand spectacle ne font plus qu'un.

 


La machine à faire du grand cinéma de SF tourne à plein régime sans qu’aucun grain de sable ne vienne jamais l’arrêter, ou presque. On note ici et là quelques longueurs, des personnages parfois un peu trop figés et un final en deçà du reste. Mais en comparaison de l’offre cinématographique spectaculaire à laquelle nous invite le réalisateur, on peut dire qu’avec Dune, Villeneuve réussit son pari et remplit sa mission impossible en adaptant l’œuvre culte d’Herbert.

 

Rendons enfin à César ce qui est à César, notre titre d'article « Spicy Opera » est emprunté au titre de l'album éponyme de Stéphane Picq et Philippe Ulrich, composé à l'occasion de la sortie du jeu vidéo Dune en 1992 édité par Cryo.

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