Une récidive qui tient moins de la surprise que de la stratégie algorithmique bien rodée : un concept simple, un danger immédiat, quelques visages identifiables, et un requin en synthèse.
La plateforme a officialisé le titre de ce thriller porté par Phoebe Dynevor, qui sortira le 10 avril, Thrash. Un intitulé qui sent à la fois le carnage, le direct-to-platform et, qui sait, peut-être une sorte d'aveu involontaire sur le résultat final…
Une dent contre le film de requin ?
Le film avait pourtant connu un parcours suffisamment chaotique pour éveiller les soupçons. D’abord annoncé sous le titre Beneath the Storm avec une sortie prévue en août 2025, il avait ensuite été renommé Shiver avant d’être repoussé à juillet de cette année. Puis, en janvier, Sony l’a discrètement rayé de son calendrier, quelques jours à peine après l’annonce de la prolongation de son accord mondial de diffusion en première fenêtre avec Netflix, un deal à 7 milliards de dollars. En général, quand un film change deux fois de nom, disparaît des radars, puis ressurgit sur une plateforme, ce n’est pas exactement le signe d’une confiance artistique débordante.
À la mise en scène, on retrouve Tommy Wirkola, artisan décomplexé à qui l’on doit Dead Snow et Violent Night. Un choix qui laisse espérer, au minimum, un certain sens du mauvais goût spectaculaire. Netflix a d’ailleurs dévoilé les premières images du film, histoire de rappeler qu’en matière de requins numériques et de météo hystérique, l’industrie n’a toujours peur de rien.
Thrash sera-t-il un honnête plaisir coupable ou un énième produit de catalogue ?
Le pitch coche toutes les cases du délire catastrophe opportuniste. En pleine tempête dévastatrice, une ville côtière doit affronter à la fois un ouragan et une invasion de requins. Sous des trombes d’eau, au milieu des débris et dans une obscurité de fin du monde, les survivants tentent d’échapper aux prédateurs pour traverser la nuit.
Phoebe Dynevor incarne une femme enceinte, entourée de Djimon Hounsou en chercheur marin et de Whitney Peak dans le rôle de sa nièce agoraphobe. Alyla Browne, Stacy Clausen et Dante Ubaldi complètent le noyau principal en jouant une fratrie placée en famille d’accueil. Le reste de la distribution réunit Costa D’Angelo, Amy Mathews, Elijah Ungvary, Jon Prasida, Gemma Dart, Akosia Sabet, Sian Luxford et Sami Afuni.
Reste à voir si Thrash sera un honnête plaisir coupable ou un énième produit de catalogue aussitôt vu, aussitôt englouti. Mais à ce stade, une chose est sûre : après Sous la Seine, Netflix semble bien décidé à faire du grand requin blanc une ligne éditoriale à part entière.