Pourquoi et comment Damon Lindelof s’est fait virer d’un film Star Wars !

le 21 mai 2026 - 14h28

Le co-créateur des séries Lost et Watchmen, Damon Lindelof, est revenu en détail sur les raisons pour lesquelles il a été écarté d’un film Star Wars, tout en détaillant ce que le long métrage aurait dû raconter… Souvenez-vous, il avait été annoncé comme scénariste d’un nouveau film Star Wars en 2022 et devait travailler avec les auteurs Justin Britt-Gibson (Lanterns) et Rayna McClendon (Briarpatch, Willow) au développement du scénario. Le projet devait se situer après les événements de Star Wars : l’ascension de Skywalker. Environ un an plus tard, on apprenait qu’il quittait le projet.

Cette semaine, Lindelof était invité dans un épisode du podcast House of R de The Ringer, où il a confirmé avoir été viré d’un film Star Wars. Il a expliqué la situation ainsi que l’objectif du projet, qui abordait un vrai problème auquel la franchise est confrontée au sein de sa base de fans : la tension entre nostalgie et renouvellement : « J’ai été viré d’un film Star Wars. Ils m’ont demandé ce que devrait être un film Star Wars pour moi. J’ai répondu. Ils m'ont dit que j'étais engagé. Puis, deux ans plus tard, j’ai été viré. Donc j’avais tort, du moins vu sous cet angle ».

 

Deux forces opposées

Il poursuit : « Ce que nous essayions de faire à l'époque, mon partenaire Justin Britt-Gibson, Rayna McClendon et moi, c’était d’avoir cette conversation à l’intérieur du film. Autrement dit, il existe une Force de la nostalgie et une Force de la révision, elles s’opposent l’une à l’autre, et nous voulions faire la Réforme protestante à l’intérieur de Star Wars. Et ça n’a pas fonctionné. On voulait avoir le beurre et l’argent du beurre. Intégrer dans le film la conversation que les fans ont déjà entre eux, sans clin d’œil appuyé au public. Ça ne semblait pas forcément si risqué… ».

 

Un Star Wars, c'est comme manœuvrer un pétrolier

Il ajoute que trouver la manière de relier son histoire à l’univers existant s’est révélé incroyablement difficile :

« Je n’ai peut-être pas seulement été viré pour ça. L’écriture était vraiment difficile. C’était lent. Le ton, trouver le bon équilibre, savoir où l’histoire se situait dans le canon, quelle était sa relation avec l’Épisode IX… Est-ce que cela lançait une nouvelle trilogie ? Toutes ces questions étaient énormes. C’est tellement massif. C’est un peu comme manœuvrer un pétrolier : on tourne la barre, et il faut 5 minutes avant que le navire commence à bouger un tout petit peu. Quand l’Épisode VII est sorti, on savait tous qu’il y avait Rey, Finn et Poe, puis que l’on revenait progressivement vers Luke, Leia, Han, Chewie et tous les autres. Mais on avait le sentiment qu’une fois cette nouvelle trilogie terminée, ces nouveaux personnages allaient devenir le centre de Star Wars. Aujourd’hui, la nouvelle question est : est-ce que Mando et Grogu sont devenus le centre de Star Wars ? ».

 

Une franchise toujours debout

Après le départ de Lindelof, Steven Knight a ensuite été engagé pour écrire une nouvelle version destinée à la réalisatrice Sharmeen Obaid-Chinoy. Cette version a été officiellement annoncée lors de la Star Wars Celebration Europe 2023, avec le retour de Daisy Ridley dans le rôle de Rey.

 

Knight a lui aussi quitté le projet par la suite et, à l’heure actuelle, on ignore si le film verra finalement le jour. Autant dire que, quel que soit leur talent, se casser les dents sur un script Star Wars est devenu une sorte de passage obligé. Bientôt, les réalisateurs et scénaristes de talent écartés d’un projet Star Wars pourront presque former leur propre label.

 

Il est triste de constater que Disney ne semble pas laisser aux auteurs qu’il engage suffisamment de liberté de manœuvre pour insuffler de la nouveauté et de l’ambition à un univers pourtant assez solide pour survivre à quelques prises de risques. La preuve : Star Wars est toujours debout après Solo, Grogu et les épisodes VII, VIII et IX.

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