Comme le souligne l'expert Serge Surpin (cliquez pour écouter sa chronique podcast), la Télévision numérique terrestre est loin d'avoir dit son dernier mot. Elle reste le socle de la gratuité pour 43% des foyers français et entame une mutation technologique majeure avec l'arrivée de l' (cf. le formidable spectacle à saluer sur France 2 UHD, canal 52 de la , de la dernière cérémonie Victoires de la musique en stéréo et des J.O de Milan-Cortina 2026 en ).
2018-2026 : TNT, 8 ans de « mort annoncée »
Il est instructif de relire aujourd'hui les propos de Sébastien Soriano, alors président de l'Arcep, qui déclarait en juin 2018 dans Les Échos que le modèle de la TNT était « à bout de souffle ». À l'époque, le régulateur des télécoms jugeait « inéluctable » le basculement des fréquences vers les opérateurs mobiles, considérant la plateforme comme une relique industrielle. Pourtant, huit ans plus tard, la TNT n'a pas été débranchée. Mieux, elle s'est imposée comme une infrastructure stratégique « bas carbone » et une garantie de souveraineté face aux réseaux (internet) qui restent sujets à la saturation lors des grands événements. De plus, le récent renouvellement des licences pour dix ans vient clore, pour un temps, le débat sur la réattribution des fréquences.
Le paradoxe Canal+ : TNT, je t'aime moi non plus
C'est dans ce contexte que la stratégie du groupe Canal+ interroge. En annonçant son intention de sortir sa chaîne cryptée historique de la TNT pour devenir un pur acteur du digital et du satellite, le groupe semble donner raison aux Cassandre de 2018. Pour Canal+, le modèle payant sur le hertzien ne ferait plus sens. Dans le même temps, le groupe de Vivendi a bataillé pour conserver ses positions sur les chaînes gratuites. En « ressignant » pour 10 ans pour CNews et CStar, Canal+ reconnaît que pour peser dans l'opinion et endosser le rôle de référent tous azimuts, rien ne remplace encore la puissance de frappe de la TNT.
TNT, l’œil d’AVcesar
La TNT ne meurt pas, elle se spécialise. Si elle perd son attractivité pour les offres premium (qui migrent vers l'), elle renforce son rôle de service public universel. Avec le passage à l'Ultra HD 4K et au (France 2 UHD et France 3 UHD), elle offre une qualité d'image supérieure sans abonnement, un argument de poids en période de tension sur le pouvoir d'achat. En 2026, la TNT n'est plus l'ambulance de 2018 calée dans la ligne de mire de certains mais bien le filet de sécurité d'un paysage audiovisuel qui a toujours besoin d'une diffusion hertzienne robuste et indépendante.