Christopher Nolan : les films qui réussissent prennent des risques
Après avoir fait des influenceurs des persona non grata autour de The Odyssey, Christopher Nolan remet les pendules à l’heure sur la prise de risques dans le cinéma. Et forcément, on l’adore un peu plus.
Il adapte peut‑être l’un des plus anciens récits jamais consignés pour son prochain film, mais Christopher Nolan affirme au New York Times que ce sont les idées nouvelles qui sauveront l’industrie du cinéma. Interrogé sur l’état général du secteur, le cinéaste estime que les studios devraient prendre davantage de risques avec leurs blockbusters, car le public est intelligent et repère très vite ceux qui choisissent la prudence.
Faire confiance au public
« Si vous vous intéressez vraiment au cinéma et à son histoire, une chose saute aux yeux : il faut prendre des risques pour réussir. Le plus grand risque de tous, c’est de jouer la sécurité. C’est précisément ce qui, de façon constante, ne fonctionne pas dans le cinéma grand public. Le public cherche quelque chose de nouveau. Le risque vient des intermédiaires, les financiers, les studios. Si vous parvenez à atteindre le public, je ne fais aucune prédiction pour The Odyssey, mais par le passé, nous avons été largement récompensés d’avoir fait confiance au public ».
Vent de panique au sein des studios
Nolan explique que, lorsqu’il présentait Memento, son classique de 2000, sa femme et productrice Emma Thomas s’inquiétait de la structure en chronologie inversée du film, qu’elle considérait comme un risque énorme.
Lui défendait au contraire l’idée que les risques formels rendent les films singuliers et leur permettent d’apporter quelque chose de neuf. Nolan est d’ailleurs célèbre pour son goût du jeu avec les structures narratives et les temporalités. Et il a mille fois raison.
Les exemples récents sont légion, sans parler des franchises essorées, malmenées jusqu’à plus soif, qui font aujourd’hui souffler des vents de panique au sein des studios. Ces derniers cherchent encore et encore la bonne formule, entre remake, reprise et reboot, en oubliant parfois ce qui consacre vraiment le cinéma : l’audace et la création. À bon entendeur, Christopher Nolan vous salue bien bas.