Cinécult’
Altman… : Amérique, je te hais !
Avec M.A.S.H. (Mobile Army Surgery Hospital), Altman fait un geste violent envers le public qu’il tient pour responsable des atrocités qui se déroulent sous ses yeux, et contre lesquelles il ne fait rien. Pour lui, les meurtriers ne sont pas plus responsables que ceux qui permettent que des crimes se produisent. Un antimilitarisme qui valut au film d’être interdit de diffusion au sein de l’armée à l’époque !
Même s’il tourne déjà depuis une vingtaine d’années des documentaires pour la télévision et des épisodes de la série Alfred Hitchcock Presents, Robert Altman (1925-2006) débarque sur la scène cinématographique au début des années 1970. Période de renouvellement intense et de tentative de rupture avec le cinéma classique, instant de doute et de désillusion (c’est le contrecoup des assassinats de JFK, de Luther King, de l’abandon du code de censure Hays et de la guerre du Viêtnam), les Seventies font souffler sur le cinéma américain un vent de liberté et de rébellion.


Mr Dynamite
C’est dans ce contexte électrique et créatif que Robert Altman est à l’origine, avec quelques autres (Friedkin, De Palma, Scorsese, Cimino, Coppola...), de nouveaux films contestataires issus de la contre-culture. Leur but : tailler en pièces l’American Way of Life. Quarante ans plus tard, le style Altman n’a rien perdu de son impertinence, mais les temps ont changé. Celui qui ridiculisa joyeusement l’armée dans M.A.S.H., revisita avec bonheur le film noir (Le privé, 1973) et dynamita les codes du western avec le déroutant John McCabe, ne parvient pas ensuite à se détourner de son fonds de commerce. Dans les années 80, à l’heure de l’anesthésie générale, Altman, un peu essoufflé, se contente de nous livrer régulièrement ses visions cyniques et désenchantées de l’Amérique, avant de revenir brillamment pour son dernier tour de piste.


Merci M.A.S.H.
Né en 1925 dans le Missouri, Altman fait ses débuts à Hollywood en 1967. La Warner l’embauche pour tourner Countdown, une histoire d’astronautes américains avec James Caan et Robert Duvall. L’année suivante, il réalise That Cold Day in the Park qui s’inspire de L’obsédé de William Wyler. Mais le coup d’envoi de sa carrière est donné en fanfare en 1970 avec M.A.S.H. Après avoir circulé entre les mains de nombreux réalisateurs (qui l’ont tous refusé…), le script de Ring Lardner Jr échoit finalement à Altman. Ce dernier retravaille l’histoire, lui insuffle un esprit hippie et développe l’aspect satirique. Le film retrace les tribulations délirantes des membres d’un hôpital de campagne en pleine guerre de Corée (Donald Sutherland, en chirurgien farceur, et Elliot Gould sont incroyables). Dans la ligne de mire d’Altman, la guerre du Viêtnam bien évidemment. Dès sa sortie, il obtient un énorme succès et reçoit la Palme d’or au Festival de Cannes. La carrière d’Altman prend alors une toute autre ampleur. L’année suivante, il s’attaque à l’histoire insolite d’un homme se fabriquant une paire d’ailes mécaniques afin de survoler l’Astrodrome
de Houston (Brewster McCLoud). Un bide.


Après la guerre, le western
La Warner propose cependant à Altman de réaliser un western. Le cinéaste accepte et tourne l’archétype de l’anti-western : John McCabe avec Warren Beatty et Julie Christie, dans la lignée du western écologique de cette époque (Little Big Man). Les producteurs désapprouvent le traitement d’Altman, mais ce dernier obtient les faveurs du public. Il est désormais devenu l’un des réalisateur-producteurs les plus en vogue d’Hollywood.


Le polar
En 1973, il décide de porter à l’écran un roman de Raymond Chandler (Le privé) et retrouve Elliot Gould à qui il confie le rôle de Philip Marlowe. À nouveau, Altman signe un film noir décalé, flanqué d’un privé parlant tout seul et se posant des questions existentielles sur les boîtes de son chat. C’est un triomphe. En 1975, il réalise alors l’un de ses chefs-d’œuvre, Nashville. Le film obtient un énorme succès, contrairement à Buffalo Bill et les Indiens qu’il signe un an plus tard (autre western décalé avec Paul Newman).


Carrière à deux vitesses
Alternant films à petits budgets lui garantissant une totale liberté et longs métrages de commande, la carrière d’Altman trouve alors sa vitesse de croisière. En 1976, il réunit Shelley Duvall (future femme de Nicholson dans Shining) et Sissy Spacek (future Carrie) dans un film intimiste (Trois femmes), puis s’attaque à la SF avec Quintet. Les années 1980 seront pour Altman une période basse. Popeye (1980), Streamers (1983) ou encore Secret Honor (1985) déçoivent. Il faut alors attendre 1993 et le succès obtenu par Short Cuts (satire vitriolée du microcosme hollywoodien) pour que sa carrière trouve un second souffle. Suivront Prêt-à-porter, Kansas City, Cookie’s Fortune et l'excellent The Gosford Park, jeu de massacre à la Agatha Christie dans un petit monde bourgeois. Il décède en 2006 après avoir tourné The Last Show avec Meryl Streep.

Jean-Baptiste thoret - Publié le 12/02/10






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