14 janvier 2026 - 18h44

28 ans plus tard : le Temple des Morts

VO
28 Years Later : the Bone Temple
année
2026
Réalisateur
InterprètesRalph Fiennes, Jack O'Connell, Alfie Williams
éditeur
genre
sortie salle
14/01/2026
notes
critique
8
10
label
A
soutenir

Spike, enrôlé par Jimmy Crystal à la fin de l’épisode précédent, découvre peu à peu son culte sataniste, et le cauchemar commence pour lui. Parallèlement, le docteur Ian Kelson poursuit ses expériences afin de découvrir un remède au mal qui ronge l’humanité. Peu à peu, il va même réussir à apprivoiser un mâle Alpha…

 

Jimmy, Jimmy, Jimmy, fais‑moi mal

L’an dernier, avec 28 ans plus tard, Danny Boyle signait le retour aussi radical qu’inattendu de la franchise zombiesque britannique culte. Mais ce retour laissait un goût d’inachevé, puisque l’histoire de Spike se clôturait sur un cliffhanger assez démoniaque : sa rencontre avec la bande de blondinets effrayants menés par le tout aussi inquiétant Jimmy Crystal.

 

L’histoire de ce nouvel opus démarre à peine quelques instants (28 minutes ?) après ce final et se clôt, à son tour, sur un autre cliffhanger tout aussi démoniaque, si bien qu’on ne sait plus vraiment si l’on est en présence d’un film ou d’une série. Qu’importe : ce 28 ans plus tard : le Temple des Morts, signé par la réalisatrice Nia DaCosta, est une belle surprise qui prolonge une nouvelle fois la mythologie des 28, et surtout celle inaugurée par 28 ans plus tard. Il est désormais clair que, dans ce monde ravagé par un virus, la menace est tout aussi humaine que zombie, voire même plus humaine que zombie. C’est d’ailleurs l’un des messages centraux du film, qui questionne sans cesse notre humanité : qu’est‑ce, après tout, qu’être humain ? Qu’est‑ce qui nous différencie des animaux ? La pensée ? La parole ?

 

Jimmy Crystal (Jack O’Connell), mâle Alpha de son clan, est clairement le mal incarné. Totalement dévoué à Satan, il constitue le point fort du film, celui qui le fait basculer dans l’horreur pure. Peut‑être même plus que l’Alpha Samson (Chi Lewis‑Parry), découvert dans l’épisode précédent. Alors que ce dernier n’a pourtant pas son pareil pour démembrer les survivants et leur bouloter la cervelle…

 


Ce 28 ans plus tard : le Temple des Morts est totalement gore et l’assume pleinement, radical grâce à l’inventivité perverse de Crystal. Sa chemise restera dans les mémoires… Désormais, le maniérisme de Boyle et les plans « filmés à l’iPhone » sont réduits au minimum. Le film choisit l’efficacité, et il est bien difficile de ne pas s’agripper à son fauteuil. Spike (Alfie Williams) est clairement le héros de ce triptyque (un troisième 28 ans plus tard est normalement prévu) : il est l’œil du spectateur, et ses rétines ne seront pas épargnées. Vous voilà prévenus. 

 

Memento Mori

Reste que ce nouvel opus, tout gore et effrayant qu’il soit, n’est pas dénué de fond. C’est ici qu’intervient le personnage incarné par Ralph Fiennes, le Dr Ian Kelson, lui aussi découvert lors de l’épisode précédent. Son ossuaire et ses recherches sont centraux dans cette nouvelle histoire, tout comme son humanisme. Scientifique, étanche aux dogmes et aux préjugés, il incarne la seule note d’espoir dans ce monde dystopique.

 

Alex Garland, qui a créé cet univers avec Boyle, signe à nouveau le scénario de ce 28 ans plus tard : le Temple des Morts, et son discours est tout aussi politique que dans les autres films. Notre humanité se délite avec les dogmes que nous suivons aveuglément, par choix ou par contrainte. La science et la raison seules peuvent nous sauver. Mais il y a aussi The Number of the Beast d’Iron Maiden (une scène mémorable pour Ralph Fiennes)… mais c’est une autre histoire. Le film se montre également philosophique, au détour d’un magnifique dialogue sur l’existence du Diable. L’autre est‑il toujours l’ennemi ?

 

Bien moins punk que le premier 28 ans plus tard, ce nouvel épisode est sans doute plus profond. Un équilibre assez fragile entre fond et gore formel que la réalisatrice réussit haut la main, avec en prime une petite surprise pour les fans en fin de film, surprise qui sera sans doute révélée avant la sortie officielle, dommage.


En tout cas, on a hâte de voir la suite…

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