All You Need Is Kill
Vous avez probablement déjà vu All You Need Is Kill. Ou êtes au moins au fait de son concept central. En effet, ce film d'animation est une adaptation du light novel japonais éponyme de 2004 dont est tirée l'adaptation du film de Doug Liman Edge of Tomorrow (Vivre, mourir, recommencer). Ce gros succès du box‑office américain de 2014 nous vient donc initialement du Japon (où il a évidemment été adapté en manga). Il était plus que temps qu'une adaptation animée venue du Pays du Soleil Levant en découle.
Vieux jidéo
Réalisé par le nouveau venu Kenichirō Akimoto, All You Need Is Kill s'intéresse à Rita, jeune membre d'une force militaire chargée d'étudier et d'exploiter une étrange fleur extraterrestre géante apparue au Japon. Un jour, des créatures en sortent et déciment tout le monde, y compris Rita. Mais celle-ci se réveille alors le matin du même jour et comprend qu'elle est bloquée dans une boucle temporelle, forcée de revivre l'événement jusqu'à ce qu'elle trouve une solution.

© Hiroshi Sakurazaka/Shueisha
Ce concept peut donc sembler un peu éculé, et il ne faudra pas s'attendre à un changement scénaristique majeur pour faire dévier l'œuvre des rails déjà connus sur lesquels elle se trouve. L'intrigue a au moins le mérite d'être extrêmement simple et d'aller à l'essentiel en évitant les longueurs, quand Edge of Tomorrow se perdait dans son final. Si vous n'êtes pas très au fait du concept très vidéoludique de die and retry (mourir et réessayer) au cœur de All You Need Is Kill, cette adaptation peut valoir le coup d'œil pour le découvrir.
Car pour les autres, il n'y a malheureusement pas grand‑chose de neuf à en tirer au‑delà de voir un personnage essayer plein de choses façon Un jour sans fin pour retrouver la liberté. Certes, l'animation est majoritairement réussie et spécialement claire et fluide durant les combats. Quelques belles couleurs viennent donner un peu de personnalité à un ensemble qui manque cependant d'un brin de folie. On pense régulièrement à un Promare en trop sage. L'ensemble ne démérite pas mais ne restera probablement pas dans les annales, d'autant que le dessin des personnages est un brin sommaire.
Le changement, c'est pas maintenant
Dommage également qu'avec seulement deux personnages dans son intrigue, celle-ci ne s'y intéresse vraiment que trop tard. Il faut attendre le dernier acte pour en apprendre un peu plus sur le passé et la personnalité de nos deux héros, empêchant ainsi de créer l'empathie nécessaire à l'émotion. Une fois n'est pas coutume, plutôt que All You Need Is Kill, nous aurions davantage tendance à vous recommander de plutôt (re)voir Edge of Tomorrow. Imparfait, le film de Doug Liman avait un peu plus de personnalité et d'idées. Et Emily Blunt et Tom Cruise.