Alley Cats
Ricky Gervais est ce que l'on peut appeler sans trop exagérer un artiste qui divise. Rarement versé dans le politiquement correct et plus vraiment à une controverse près, l'humoriste, acteur et créateur a en tout cas un style bien à lui qui fait souvent mouche. Outre la cultissime série The Office UK, il est plus récemment connu pour After Life sur Netflix. C'est d'ailleurs sur cette plateforme que Gervais est de retour à la réalisation et à l'écriture d'une courte série animée.
Gang de gredins
Dans la bien nommée Alley Cats, il est question de suivre une bande de chats de gouttière menée par Gus (doublé par Gervais, évidemment). Ce gros chat roux sans filtre est très vulgaire, régulièrement odieux et n'en a pas grand‑chose à faire de quoi que ce soit. Mais comme souvent avec Gervais, sous ces couches de crasse et de gros mots se cache un être qui en a parfois gros sur la croquette. C'est notamment le cas quand une chatonne perdue lui demande de l'aide pour retrouver sa maison.
Durant les 6 courts épisodes d'environ 15 minutes d'Alley Cats (c'est rapide, trop rapide), il s'agit d'ailleurs du seul véritable fil rouge. Si l'on omet évidemment la volonté du chat Puke de se sauter sur tout ce qui bouge et d'en informer ses camarades à la moindre occasion. Une petite digression pas si gratuite que cela pour signaler que malgré l'animation et les chats, il s'agit d'une série pour un public adulte.
Le format modeste de la série empêche d'ailleurs certains personnages et comédiens de doublage (dont Diane Morgan, toujours reconnaissable) de prendre un peu plus de place. Comme Tony dans After Life, Gus/Gervais monopolise une grande partie de la parole. Ce qui n'empêche absolument pas de profiter du show, mais mieux vaut être prévenu.
Chats de goût tiède
D'autant qu'au‑delà de s'amuser avec ses personnages à poils qui multiplient les débats sans queue ni tête souvent hilarants de bêtise dans leur canapé façon Bloqués, Ricky Gervais n'hésite pas à placer quelques pics à l'encontre du genre humain. Sans surprise, avec un format aussi ramassé, il ne faut pas s'attendre à un niveau de réflexion très approfondi. Il s'agit malgré tout d'une petite extension naturelle et bienvenue de l'univers d'After Life, notamment sur la question de la solitude, mais toujours sous couvert d'humour.
Sans grande prétention mais pas totalement gratuite ou futile non plus, Alley Cats pourra vous occuper une soirée et probablement vous arracher quelques rires gras et peut‑être même une ou deux larmes. Et chat suffit en l'état (pardon), bien qu'un peu plus d'épisodes n'aurait pas été de trop pour laisser une véritable empreinte. Il va falloir se renouveler un peu, Ricky.