Destins croisés
Toy Story, Wall‑E ou encore Nemo ont tous un point commun en dehors d'être des films cultes de chez Pixar : ils ont été réalisés et/ou scénarisés (parfois avec d'autres mains) par Andrew Stanton. L'Américain, également producteur sur bien d'autres projets de la firme, n'est donc pas la moitié d'un amateur quand il est question d'animation. Puis, en 2012, il tentera l'aventure en live action avec John Carter, et le flop qu'on lui connaît.
Nous voici 14 ans plus tard, et, après une production longue et compliquée, Stanton tente à nouveau l'aventure de la réalisation avec de véritables acteurs et le film de science‑fiction Destins croisés (In the Blink of an Eye en VO). Disons‑le franchement : espérons que l'homme retrouvera son mojo pour le futur Toy Story 5.
Bland Mirror
Dans Destins croisés, scénarisé par Colby Day (Spaceman), il est question de suivre trois intrigues plus ou moins connectées qui se déroulent à travers le temps et l'espace. Loin dans le passé, une famille néandertalienne doit survivre et trouver sa place dans une période complexe. Dans le présent, une anthropologue doit gérer un drame familial et une relation amoureuse naissante. Dans le futur, une astronaute seule dans un vaisseau avec une IA doit préparer la colonisation d'une planète lointaine. Un concept sympathique, qui retombe malheureusement bien vite.
D'une durée de seulement 1 h34, Destins croisés respire l'ambition bridée malgré sa volonté de raconter une grande fresque sur l'humanité et ce qui unit les êtres humains de tous temps. Mais à cause notamment de ce temps de pellicule minimal et d'un montage trop découpé, on peine à ressentir quoi que ce soit. Seule Rashida Jones parvient parfois à offrir un peu d'émotion…

Se faire les croisés
Malgré quelques thématiques communes et un objet qui lie les trois histoires, lorsque le générique défile, impossible de ne pas être déçu du résultat après la promesse de connexion entre les intrigues. En l'absence d'un plot twist ou d'une vraie bonne idée de scénario pour rendre l'ensemble véritablement interconnecté et malin, cette fade proposition directement proposée en SVoD manque tout simplement d'intérêt et ne manquera probablement pas aux cinémas.
Chaque histoire dans Destins croisés aurait sans doute mérité son propre film, mais il aurait également fallu faire un réel effort côté écriture ou réalisation pour se démarquer. Les amateurs d'œuvres contemplatives qui se terminent par un message d'espoir y trouveront peut‑être de quoi occuper une soirée, mais les autres auront sans doute plus intéressant à faire.