29 juin 2026 - 16h14

Eddington

année
2026
Réalisateur
InterprètesJoaquin Phoenix, Pedro Pascal, Luke Grimes, Deirdre O'Connell
éditeur
genre
disponibilité
05/12/2025
notes
critique
9
10
label
A
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Mai 2020 à Eddington, une petite ville du Nouveau‑Mexique. La confrontation entre le shérif et le maire met le feu aux poudres et retourne peu à peu les habitants les uns contre les autres.

 

Le film démarre comme une satire sous tension, quelque part entre le western contemporain et la chronique d’une Amérique malade, avant de basculer, dans sa dernière partie, vers un registre de plus en plus halluciné qui n’aurait pas déplu à un certain Darren Aronofsky, époque Requiem for a Dream. Au sommet de ce chaos, le duel entre un Joaquin Phoenix très engagé et un Pedro Pascal habité tient toutes ses promesses.

 

Ville de clowns, pays de clowns ?

Avec Eddington, Ari Aster pose un regard à la fois satirique, froid et profondément cynique sur une Amérique au bord de l’implosion, terriblement ancrée dans son époque. Réseaux sociaux, omniprésence de l’iPhone, emballement médiatique, logique virale, TikTok et consorts : tout est exploité avec une redoutable intelligence par le cinéaste. Le constat est aussi édifiant qu’effrayant, et le regard porté sur l’Amérique trumpiste frappe par son acuité. Un cirque dangereux qui rappelle furieusement ce proverbe turc : « Quand un clown entre au palais, il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque ».

 


À l’image du film et de ses protagonistes, hystériques, énervés, complotistes, à bout de nerfs, c’est toute une société qui se trouve représentée frontalement et croquée sur un ton grinçant. Le verdict est sans appel : le chaos est culturel, idéologique et social, et plus rien ne paraît tenir.

 

Ari Aster, une narration sous haute tension

Mais la vraie force du film, au‑delà de son propos et de sa portée, déjà considérables, réside dans la mise en scène de son auteur. Ari Aster cadre avec une virtuosité saisissante, exploite les décors et les mouvements avec une élégance et un savoir‑faire qui ne relèvent jamais de la démonstration gratuite. Tout, dans sa réalisation, qu’il s’agisse des regards, des déplacements ou de la manière d’orchestrer l’espace, reste constamment au service d’une narration sous haute tension.

 

À 39 ans, Ari Aster s’impose déjà comme un grand cinéaste. Après Hérédité et Midsommar, Eddington confirme qu’il est capable d’élargir son registre avec une maîtrise peu commune aujourd’hui.

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test
4k
cover
-12 ans
Prix : 34,99 €
disponibilité
05/12/2025
image
1 UHD-99 + 1 DVD-9, 148', couleurs
1.85
HD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
bande-son
Français DTS-HD Master Audio 5.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
sous-titres
Français
9
10
image

Tourné en numérique avec caméras Arri Alexa 35, Eddington bénéficie d’un transfert particulièrement impressionnant. Ari Aster et son directeur de la photographie Darius Khondji ont opté pour une image volontairement texturée et cramée, cherchant moins la perfection du numérique que la matière et la nervosité d’un western contemporain. Le résultat crépusculaire est superbe. 

Le cadre 1.85 met remarquablement en valeur les grands espaces du Nouveau‑Mexique, les rues désertes de la petite ville d’Eddington, les intérieurs étouffants et les visages constamment mis à rude épreuve. Les gros plans révèlent une foule de détails sur les peaux, les costumes, les barbes, la poussière, les blessures ou les décors, tandis que les plans larges affichent une profondeur et une lisibilité de premier ordre.

 

Le léger grain ajouté à la palette colorimétrique tirant sur le jaune participe pleinement à la personnalité visuelle du film. Il reste très fin, stable et naturel, donnant de la densité aux séquences sans jamais nuire au piqué. Le HDR Dolby Vision apporte pour sa part de beaux écarts de luminosité, avec des blancs lumineux mais maîtrisés, des noirs profonds sans être bouchés. Les scènes solaires le sont à 1 000%. Idem pour les scènes sombres.

 

Un master 4K de très haut niveau, idéal pour restituer le travail de Darius Khondji et l’atmosphère aussi sèche, anxiogène que crépusculaire imaginée par Ari Aster.

8.5
10
son

Côté son, Eddington propose une VO en Dolby Atmos particulièrement immersive, privilégiant les ambiances et surclassant en tout la VF : le vent qui parcourt les rues, les silences gênants, les bruits de circulation, les voix distantes ou les sons électroniques qui envahissent progressivement le quotidien des personnages.

 

Cette approche progressive, souvent dissonante, convient parfaitement à la montée en tension du récit. Les canaux surround sont utilisés avec finesse pour élargir l’espace sonore, tandis que les canaux de hauteur interviennent avec pertinence dans les scènes plus mouvementées. Puis le dernier tiers du film libère toute la puissance du mixage : fusillades, explosions, chaos urbain et musique profitent alors d’une dynamique spectaculaire, d’effets parfaitement répartis et d’un caisson de basses généreux, sans jamais sombrer dans la surenchère.

0
10
bonus
- Making of (24')
- Clip de campagne (1')
- Matériel promo
- Livret de 16 pages

Le réalisateur revient sur son film, le commente et l'explique, depuis le Nouveau‑Mexique. La touche western, son sujet, ses choix de mise en scène : on ne loupe rien.

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