20 octobre 2026 - 10h01

Englouti

VO
Whalefall
année
2026
Réalisateur
InterprètesAustin Abrams, Josh Brolin, Elisabeth Shue
éditeur
genre
sortie salle
14/10/2026
notes
critique
4
10
A
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Suite au suicide de son père, qui s’est jeté dans les profondeurs de l’océan, un jeune homme part à la recherche de son corps englouti. Malheureusement pour lui, il va être avalé par une baleine avec moins d’une heure d’oxygène…

 

Cétacé distrayant

Petite surprise que ce film au pitch what the fuck adapté du roman Whalefall de Daniel Kraus, également coscénariste. Brian Duffield l’a en effet transformé en honnête série B assez efficace, quoiqu’un peu trop noyée dans le pathos, incarné par le personnage de Josh Brolin. Mais comme ce dernier en connaît un rayon sur les personnages bourrus/sympathiques, cela passe crème. Pourvu, bien évidemment, qu’on ne soit pas trop regardant. Ce qui serait assez difficile vu le point de départ du film que l’on est venu voir.

 

Bien sûr, au final, on est plus proche de Pinocchio que des Dents de la mer, mais Austin Abrams, l’acteur principal, arrive assez bien à faire passer toute l’invraisemblance de ce survival marin en estomac clos. Il panique, il souffre, il repense à sa vie… Tous les poncifs de ce genre de film sont passés à la moulinette et pourtant, on se laisse embarquer.

 

On ne comprend pas vraiment ce qui se passe à l’intérieur des entrailles d’un cachalot, les ficelles freudiennes (il faut tuer le père !) sont aussi grosses qu’une aussière de porte‑conteneurs, les références à Herman Melville aussi subtiles que les publicités de Frank Lebœuf, mais étonnamment, ça passe.

 

Du moins un certain temps, puisque le film est étrangement assez lent. Il prend même le temps de nous offrir de sublimes images marines d’orques attaquant la baleine anthropophage. Un simili monochrome du plus bel effet.

 

 

Le petit bleu

Ce seront les seules. Englouti ne cherche pas à magnifier les océans. Au mieux, le film tente de réhabiliter les baleines. Pas certain d’ailleurs que le film fasse un carton au Japon… La majeure partie du film se déroule dans le cétacé. Une prison assez peu cinégénique et très étroite, ce qui ne joue pas en faveur du film.

 

Il faut dire que le réalisateur, avant de passer derrière la caméra, était un scénariste et producteur loin d’être manchot avec Jane Got a Gun, The Babysitter ou encore Divergente 2 à son actif. Cet habitué des blockbusters calibrés rend donc une copie efficace, à défaut d’être personnelle.

 

Les péripéties s’enchaînent jusqu’à un final attendu, assorti d’un épilogue convenu. Ce qui fonctionne, en fait, c’est la relation père‑fils (ultra classique) qui rythme en flashbacks les tentatives du héros pour s’échapper de l’estomac de la baleine.

 

Cela fonctionne, car le jeu des acteurs sonne juste et, par un effet de ricochet dont seul le cinéma est capable, on en vient à ressentir de l’empathie pour le personnage principal, coincé dans son invraisemblable prison. Reste que le film de Brian Duffield manque tout de même cruellement d’ambition. Une étrange sortie cinéma alors qu’il aurait certainement pu avoir une belle carrière sur une plateforme, marine ou non.

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