20 janvier 2026 - 07h05

Gourou

année
2026
Réalisateur
InterprètesPierre Niney, Holt McCallany, Marion Barbeau, Anthony Bajon
éditeur
genre
sortie salle
28/01/2026
notes
critique
6
10
A
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© Jérôme Prébois/WY Productions/Ninety Films/Studiocanal/M6 Films
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Matt, charismatique coach en développement personnel, propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules. Très doué dans sa discipline, il est le coach de vie le plus suivi de France. Mais cette success story va peu à peu s’écrouler, tandis que les autorités sont sur le point de légiférer sur l’activité de coach et ses dérives sectaires…

 

Niney dit...

Difficile de parler du nouveau film de Yann Gozlan sans en dévoiler l’intrigue, ce qui serait dommage tant le scénario est largement construit sur ses rebondissements. Gourou reprend en effet une partie de la recette de Boîte noire (son quatrième et meilleur film) : l’exploration d’un monde peu connu du grand public, agrémenté d’une trame à la mécanique plutôt implacable. Ici, la rapide descente aux enfers de Matthieu Vasseur, alias Pierre Niney (à l’origine du film).

 

L’acteur démontre une nouvelle fois son savoir‑faire dans un rôle qui évoque le Tom Cruise de Magnolia : nerveux, cynique, paranoïaque, charmeur et extrêmement volubile. Tout le film tourne autour de lui, peut‑être un peu trop. Non seulement il n’atteint jamais vraiment la hauteur de son modèle, mais sa composition frise parfois la caricature. On lui pardonnera : le film est un Niney Show (et un Niney chaud !), on le savait dès la bande‑annonce et l’affiche, et de ce point de vue, on est servi.


C’est toutefois dommage pour les autres personnages de Gourou, relégués au second plan. À l’instar d’Adèle, sa femme (interprétée par Marion Barbeau), réduite à un simple biais scénaristique, capable d’avoir des épiphanies ou des élans amoureux au gré des besoins de l’histoire.

 

Le talent indéniable de Pierre Niney montre aussi quelques limites et sa confrontation avec Holt McCallany dans une scène clé ne tourne pas en sa faveur. L’acteur de Mindhunter lui vole littéralement la scène. Une leçon de jeu. Mais paradoxalement, elle sert agréablement le film.

 

Pierre Niney est donc à la fois la meilleure idée du film et son pire ennemi. Son personnage phagocyte rapidement l’ensemble qui s’éparpille en mille sous‑intrigues pas vraiment exploitées, pour finalement offrir un portrait pas totalement abouti d’une belle déchéance : celle d’un Narcisse dévoré par sa quête d’absolu à l’ère des réseaux sociaux rois et des vidéos Instagram reines.

 

Des gourous et des couleurs

Reste que Gozlan, malgré les failles béantes de son scénario (et grâce à un acteur hors pair), demeure un excellent conteur. Les sessions de coaching collectif, véritable ossature du film, sont remarquablement mises en scène. On se retrouve à la fois avec Matthieu Vasseur dans l’envers du décor peu reluisant et au cœur d’une foule galvanisée. Impossible de ne pas penser au Brian De Palma de Snake Eyes, et ce n’est sans doute pas un hasard.

 

La caméra est d'ailleurs un personnage à part entière du film. Le réalisateur multiplie les angles étranges et les contre‑plongées pour mieux capturer la toute‑puissance de son personnage principal, puis inverse le processus afin de nous faire ressentir sa chute. Le film nous entraîne dans une histoire bancale, mais avec une telle conviction qu’on lui pardonne ses approximations, presque hypnotisé par un récit qui file à toute allure malgré quelques longueurs. Un peu comme son gourou avec ses adeptes. Ironique mise en abyme filmique…

 

Un message parfois trouble

En revanche, on ne peut que rester perplexe face au message politique du film, qui ne va jamais vraiment en profondeur et survole le dossier des dérives sectaires des coachs de vie, pourtant au cœur de l’intrigue. Plus problématiques encore, les deux scènes chez France Inter et Touche pas à mon poste. Non seulement elles datent déjà énormément le film ‑Nicolas Demorand ayant déserté le micro depuis longtemps et Hanouna ayant changé d’émission‑ mais elles véhiculent surtout une opposition caricaturale entre élites intellectuelles et bon sens populaire. Elles rendent, au passage, Hanouna étonnamment journalistique et Demorand inversement caricatural.

 

Certes, ces séquences restent anecdotiques, mais elles brouillent énormément le propos du film sur les gourous modernes. Au point que, dans son final, on peut même s’interroger sur sa moralité et sur sa véritable position vis‑à‑vis de ces coachs de vie de plus en plus présents dans nos sociétés.

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