01 avril 2026 - 16h29

La tour de glace

année
2026
Réalisateur
InterprètesMarion Cotillard, Gaspar Noé
éditeur
genre
sortie
12/03/2026
notes
critique
5
10
A
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Dans les années 1970, une adolescente orpheline trouve refuge dans des studios de cinéma où se tourne une adaptation du conte La reine des neiges, d’après Hans Christian Andersen. Elle y croise Cristina, l’actrice principale, qui décide de prendre la fugueuse sous son aile.

 

Au bout du conte

Lucile Hadžihalilović n’est pas une réalisatrice prolifique. Avec seulement quatre films en vingt ans, elle poursuit pourtant avec constance un cinéma exigeant, singulier et profondément personnel. Compagne de Gaspar Noé, qui incarne ici le réalisateur du film dans le film, elle partage avec lui un goût certain pour les expériences cinématographiques radicales. Inutile donc d’espérer une relecture du conte qui ferait pâlir la version popularisée par Disney.

 

Ici, le cinéma est envisagé comme un terrain d’expérimentation artistique. La tour de glace se déploie comme un objet presque contemplatif, volontiers esthétisant. Chaque plan semble composé avec une précision quasi picturale, comme un tableau soigneusement agencé.

 

Sans doute réalisé avec des moyens limités, le film n’en demeure pas moins d’une beauté saisissante, froide mais étrangement hypnotique. À l’image de Marion Cotillard, évanescente en diva du cinéma, à la fois protectrice et vampirique. Magnétique, l’actrice choisit une interprétation étonnamment retenue, évitant les excès d’un rôle qui aurait facilement pu sombrer dans la caricature. Peu présente à l’écran, elle impose pourtant une fascination immédiate à chacune de ses apparitions.

 

 

Froid comme la glace

Le monde du cinéma dépeint par le film apparaît troublant, presque toxique, même si ce n’est pas là son véritable sujet. Très contemplatif, La tour de glace entraîne surtout le spectateur dans un univers onirique, presque irréel, mais parfaitement assumé. Libre à chacun d’adhérer ou non à cette proposition, car il s’agit bien d’une expérience.

 

À travers le parcours (ou peut‑être l’enfermement) de son héroïne, le film évoque avant tout le passage à l’âge adulte. Un thème classique, raconté ici sous le prisme du rêve et du symbolisme.

 

C’est souvent très beau, parfois un peu long. Film de silences plus que de mots, il séduit par sa mise en scène. Mais malgré sa grâce plastique, La tour de glace laisse au final une impression persistante de froideur qui laisse de glace.

Pas tout le monde puisque le film a décroché l'Ours d'argent de la Meilleure contribution artistique à la dernière Berlinade.

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4k
cover
Prix : 29,99 €
disponibilité
18/12/2025
image
1 UHD-99 + 1 BD-50, 117', couleurs
2.35
HD 2 160p (HEVC)
SDR
bande-son
Français DTS-HD Master Audio 5.1
Français audiodescription
sous-titres
Français pour sourds et malentendants, anglais
7.5
10
image

Avant tout visuel, ce conte pourra rebuter par son aspect froid et éteint, complètement hors du temps (jamais vous ne verrez les années 70 représentées comme cela). Mais la force du film, ce sont justement ses partis pris graphiques tenus du début à la fin, son ambiance dans laquelle on glisse presque à contrecœur, sa lumière si particulière, son rendu mat, ses bleus glacés… Une esthétique digne d'un tableau néerlandais du XVIIᵉ siècle, qui ne brille pas forcément davantage en 4K (ce n'était absolument pas le but), mais qui rend justice au travail de la réalisatrice et son équipe. Le grain, les cadrages, les textures, les flocons, ce 4K agit comme un super‑révélateur de l'extrême finesse de ce conte si mystérieux. On est bien sûr très loin des standards 4K des blockbusters actuels.

6
10
son

Un peu d'ambiance à l'arrière mais avant tout un espace sonore dépouillé, générant un certain vide d'où naît l'étrangeté. On remarquera la symbolique du corbeau, l'absence de certains sons devenus presque inutiles et beaucoup d'autres détails qui font de ce film une œuvre réellement à part, hors des sentiers battus.

5
10
bonus
- Commentaires audio de Lucile Hadzihalilovic (réalisatrice), Julia Irribarria (cheffe décoratrice), Jonathan Ricquebourg (directeur de la photographie), Ken Yasumoto (chef monteur son)
- Bande-annonce

Le film est si mystérieux que son visionnage augmenté des commentaires audio est plus que conseillé. L'équipe revient notamment sur son travail à l'ancienne, presque artisanal, délaissant les effets spéciaux au profit de méthodes plus mécaniques et/ou optiques. La réalisatrice explique par exemple son renoncement concernant une première ouverture du film, remplacée finalement par ce kaléidoscope réalisé avec une simple caméra, un prisme et une maquette de la tour. On en apprendra beaucoup sur certains cameos (l'affichiste Laurent Lufroy), la composition du cadre, les décors, la lumière toujours diégétique (les sources lumineuses sont celles visibles dans le film, pas d'éclairage artificiel) ou encore la raison de la seule focale utilisée. Un seul bonus mais assez passionnant à suivre.

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