14 octobre 2026 - 09h55

Les Misérables

année
2026
Réalisateur
InterprètesMarie Colomb, Megan Northam, Camille Cottin, Vincent Lindon, Tahar Rahim
éditeur
genre
sortie salle
14/10/2026
notes
critique
6.5
10
A
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© Christophe Brachet//Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Christophe Brachet//Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Julien Panie/Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Julien Panie/Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Julien Panie/Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Julien Panie/Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
© Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production
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Au XIXe siècle, Jean Valjean est envoyé au bagne pour avoir volé du pain. Au bout de 19 ans, il s’évade. Désormais, l’ancien forçat vit sous une nouvelle identité et tente de faire le bien autour de lui.

 

Hugo décrypté

On n’attendait pas grand‑chose de la vision du réalisateur des Chèvres ou de Radin ! sur l’œuvre de Victor Hugo. À ce titre, la nouvelle version des Misérables, académique à souhait, scolaire et extrêmement balisée, ne nous a pas déçus. Bien sûr, l’œuvre en elle‑même, si iconique, impose un peu cela. D'autant qu'elle résonne particulièrement en ces temps où la violence économique et sociale est de plus en plus forte. La version des Misérables de Fred Cavayé n’est pas vraiment personnelle, mais elle n’en est pas moins plate pour autant. La puissance du matériau original lui permet de réussir son film. Le texte d’Hugo, son histoire et ses personnages, emblématiques au point d'être devenus des adjectifs, sont si puissants que cette adaptation fait parfaitement le job.

 

Étrangement, le réalisateur a tout de même décidé de se passer de deux moments iconiques du roman, histoire sans doute de montrer qu’il pouvait s’en libérer. Exit donc la chanson de Gavroche et exit le moment où Jean Valjean propose à Cosette de porter son seau d’eau. Pour le reste, il est assez fidèle aux 2 000 pages du roman et à ses principales péripéties, même s’il ne fait pas l’impasse sur de nombreuses simplifications. Surtout dans la cinquième partie du pavé de Hugo, sans doute la moins connue.

 

Plus anecdotique, il se permet même quelques références politiques anachroniques, drôles mais déplacées.

Heureusement, Les Misérables est indépassable. Même simplifié en 2h50, il demeure indémodable, tout comme son message politique. Surtout que les moyens sont là et que le numérique permet désormais beaucoup de choses.

 

Une belle intro 

Fred Cavayé n’a pas lésiné sur les moyens mis en œuvre. Il sait tenir une caméra, sait s’entourer d’excellents chefs‑décorateurs, de maquilleurs, de coiffeurs, etc., de tous ces artisans du cinéma qui permettent une belle reconstitution historique. Son film est beau et possède l’épaisseur suffisante pour rendre hommage au texte qu’il sert.

 

Bien que faiseur appliqué, il évite les plans tape‑à‑l’œil ou la surutilisation des drones, on lui en saura gré. Il reste dans l’adaptation patrimoniale, se contente de raconter l’histoire que l’on connaît tous, mais il le fait assez bien. Un film en deux parties aurait tout de même permis d’éviter une rythmique assez rapide. La densité du roman, son poids, au propre comme au figuré, font sa puissance. Le film en manque donc un peu. Il n’en demeure pas moins une belle introduction à l’œuvre de Hugo, qu’il ne trahit jamais.

 

© Christophe Brachet//Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production

© Christophe Brachet//Eskwa/Curiosa Films/Studiocanal/TF1 Films production

 

À la page

Reste que, comme dans la quarantaine d’adaptations cinématographiques et autant d’adaptations télévisuelles précédentes, ce que l’on regarde en premier lieu est évidemment le casting. Est‑il à la hauteur ? Quid de la prestation de Vincent Lindon en Valjean face à celles de Gérard Depardieu, Jean‑Paul Belmondo, Lino Ventura ou encore Jean Gabin ? Tahar Rahim est‑il un Javert aussi fort que John Malkovich, Anthony Perkins, Michel Bouquet, Bernard Blier, Charles Laughton ou encore Charles Vanel ?

 

La réponse est évidemment non, mais leurs prestations ne sont pas ridicules pour autant. On regrettera tout de même que Vincent Lindon ne soit pas un acteur aussi physique que ses prédécesseurs. Si ses qualités de jeu sont indéniables, il lui manque tout de même, pour le rôle, un physique massif qu’il n’a pas vraiment. Or, c’est la clé de voûte du personnage.

 

Tahar Rahim, quant à lui, semble écrasé non seulement par le rôle, mais aussi par son partenaire de jeu qui lui vole toutes les scènes communes. Incapable de la moindre subtilité, il livre une prestation assez fade qui nuit à l’ensemble du film.

 

Heureusement, le salut du casting, un peu trop « on ne choisit que des acteurs à la mode », provient de ses interprètes féminines, toutes excellentes dans leur partition. Camille Cottin livre une prestation qui ferait presque oublier celle d’Annie Girardot dans l’adaptation de Lelouch. Castratrice, perfide et avide, elle est détestable à souhait. Sa méchanceté suinte de tous les pores de sa peau, ses regards sont encore plus méchants que ses paroles et on adore la détester, car bien sûr, Camille Cottin arrive à insuffler de l’humour au personnage.

 

Une vision au féminin

Bravo également à Marie Colomb. L’actrice offre à un personnage plus que secondaire, Éponine, une présence, un charme et une subtilité qui illuminent la seconde partie du film. C’est bien simple, elle vole la vedette à Megan Northam, déjà parfaite en Cosette, au point que l’on ne comprend guère le choix de Marius, incarné par Vassili Schneider, donc celui du directeur de casting.

 

Indéniablement, cette version des Misérables est très féminine et c’est assurément une bonne surprise, puisqu’elle met en lumière des personnages souvent relégués au second plan dans les autres adaptations.

 

Si le film ne restera certainement pas comme étant la meilleure ou la plus personnelle des adaptations, il demeure une bonne introduction à l’œuvre iconique d’Hugo et une démarche nécessaire. Car adapter Les Misérables aujourd’hui, c'est forcément une riche idée…

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